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Novartis met un pied chez Roche

(swissinfo.ch)

Ca bouge dans l'industrie pharmaceutique bâloise. Novartis, l'un des géants mondiaux, vient d'acheter 20% des actions au porteur de son concurrent Roche. Mais aucun des deux groupes ne veut y voir le prélude à une nouvelle méga-fusion à l'helvétique.

«C'est un investissement financier à long terme, de nature également stratégique.» Voilà comment le PDG de Novartis, Daniel Vasella, a qualifié lundi cette opération: l'acquisition pour près de 5 milliards de francs suisses d'un cinquième des actions au porteur de Roche.

Un paquet racheté au groupe BZ de Martin Ebner. Le financier avait, ces dernières années, vainement tenté d'influencer la gestion du groupe bâlois, jugeant mauvaise, notamment, sa santé financière. Il avait échoué, l'année passée, dans sa tentative d'entrer au conseil d'administration.

Cette vente n'est donc pas une surprise. Ce qui l'est plus, comme l'admet un porte-parole de Roche, Daniel Pillard, c'est que le nouveau propriétaire de ces titres soit le concurrent bâlois. Tout semble d'ailleurs s'être fait rapidement. «C'est la semaine dernière que nous avons été contactés par Martin Ebner», raconte Mark Hill, porte-parole chez Novartis.

Après la naissance de Ciba-Geigy, en 1970, et celle de Novartis, en 1996, va-t-on assister à une nouvelle transformation fondamentale, et cette fois définitive, du secteur? Cette perspective fait en tous cas déjà peur à certains. Pour le SIB, le Syndicat industrie et bâtiment, «une fusion serait une catastrophe pour les employés».

On en est de toute façon pas encore là. Roche a tenu à préciser lundi qu'il n'allait pas changer de cap. Le groupe a également insisté sur le fait que les familles fondatrices, Hoffmann et Oeri-Hoffmann, conservaient leur position majoritaire, avec 50,1% des actions au porteur.

Que veut alors Novartis? Faire un bon investissement à long terme, dit le groupe de Daniel Vasella. Une logique que suit Eric Bernhardt, analyste à la banque Clariden: «la valorisation de Roche est très attrayante». Second motif: «Nous n'aurions pas voulu que cette participation soit prise par un concurrent», admet le porte-parole de Novartis, Mark Hill.

Mais ce n'est pas tout. Novartis souhaite explorer la possibilité de collaborer à l'avenir avec Roche. «Notre industrie est en pleine consolidation. C'est sûr que tout le monde pense que pour être dans les quatre premiers, une solution serait une fusion entre Roche et Novartis», déclare Mark Hill. Mais il ajoute immédiatement que pour le moment aucune collaboration n'est envisagée.

Les arguments ne manquent pourtant pas, pour justifier un rapprochement. Des économies, tout d'abord, qu'Eric Bernhardt évalue à environ 2 milliards de francs. Il serait en outre possible de tirer parti d'une certaine complémentarité.

«Elles travaillent sur des domaines thérapeutiques différents, explique Michel Thierrin, analyste de la banque Bordier. Idem sur le plan des activités non-pharmaceutiques, Roche étant active dans le domaine des diagnostics et Novartis dans la nutrition médicale.

Dernier avantage: la proximité des deux compagnies. «Si l'on regarde les fusions récentes, celles qui ont plutôt bien réussi, se sont faites entre voisins: Glaxo-SmithKline, deux anglaises, Sanofi-Synthelabo, deux françaises, rappelle Michel Thierrin. C'est probablement plus facile de se rapprocher d'une société qui a la même mentalité ou la même culture».

Pierre Gobet, Zurich


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