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Oerlikon veut reprendre Saurer

Les camions de Saurer ont fait connaître la marque à travers le monde entier. (photo: RDB)

Après avoir acquis la veille 24% des actions du fabriquant thurgovien de machines textiles Saurer, Oerlikon (anciennement Unaxis) a lancé mercredi une offre publique d'achat pour en prendre la majorité.

La somme offerte par le groupe technologique schwyzois – 93,42 francs par action – est toutefois très inférieur aux 114 francs atteints mardi par le titre Saurer.

Le feuilleton Saurer, l'un des fleurons de l'histoire industrielle suisse, connaît un dénouement à même de surprendre plus d'un non initié. Alors que le fonds d'investissement britannique Laxey vient de lancer une nouvelle fronde en exigeant une assemblée générale extraordinaire, Oerlikon sort du bois et rachète les actions des Britanniques.

Tout s'est passé à la veille de l'annonce de l'offre publique d'achat (OPA) mercredi. La société de participations autrichienne Victory, qui contrôle Oerlikon depuis 2005, a acquis le paquet de Laxey. Paquet qui représente environ 25% de Saurer.

Cette acquisition peut être évaluée à plus de 400 millions de francs sur la base du cours de clôture de mardi.

Cette reprise semble d'autant plus sérieuse que les Autrichiens possèdent aussi des options sur près de 21% du capital de Saurer. Ce qui en fait virtuellement les actionnaires majoritaires. Au final, Oerlikon (via Victory) vise le contrôle de 50,01% du capital du Thurgovien.

Reprise pour un prix plutôt bas

Le prix offert par Oerlikon apparaît plutôt dans le bas de la fourchette du cours de l'action Saurer des douze derniers mois (plus haut à 114 francs, plus bas à 78). Le groupe technologique (anciennement Oerlikon-Bührle) propose pour les actions disséminées dans le public 93,42 francs par titre. Montant minimal au regard de la loi.

L'initiative d'Oerlikon a été saluée dès mardi soir par le conseil d'administration de Saurer. Son président, Giorgio Behr, voit dans l'arrivée de ce partenaire industriel la confirmation de sa stratégie de croissance. Du côté de l'acquéreur, on évoque également le potentiel que revêt cette réunion des forces.

L'ex-Unaxis est notamment présent dans le revêtement d'outils et les semi-conducteurs. Son patron Thomas Limberger ne cache toutefois pas l'existence de doublons. Pour l'heure, il parle de coopérations pour les éliminer. Aussi bien dans le secteur des achats et des processus industriels que de la recherche et développement.

4 milliards de chiffre d'affaires

Techniquement, l'OPA d'Oerlikon sera financée à la fois par les liquidités disponibles et par des capitaux extérieurs. Les détails précis de la transaction seront dévoilés dans quelques jours, indique le groupe de Pfäffikon (canton de Schwyz).

Mais les conséquences de cette OPA sont chiffrables. La nouvelle entité industrielle ainsi créée devrait afficher un chiffre d'affaires cumulé de 4 milliards de francs. Et employer plus de 18'000 collaborateurs.

Dans un deuxième temps, restera à voir quelle stratégie sera retenue étant donnée la multiplicité des activités menées par les deux entités actuelles.

Une plus-value de quelque 40%

Pour ce qui est de Laxey en tout cas, il apparaît clair que le fonds d'investissement a réalisé une bonne affaire en sortant du capital de la société basée à Arbon (canton de Thurgovie), un an après y être entré.

Selon des sources proches du marché, les Britanniques pourraient avoir dégagé une plus-value de 40% sur leur paquet d'actions...

Leur désengagement implique l'abandon par Preston Rabl, président du fonds, de son mandat d'administrateur de Saurer, conquis de haute lutte lors de l'assemblée générale de mai.

L'annonce de l'opération, qui doit recevoir l'aval des autorités de la concurrence, faisait reculer l'action Saurer de plus de 4% en matinée mercredi.

swissinfo et les agences

Faits

La valeur en bourse de Saurer se monte à 1,66 milliards de francs.
Le fabricant de machines textile et de composants pour véhicules a enregistré en 2005 un chiffre d'affaires de presque 2,5 milliards de francs. Son bénéfice d'exploitation (EBIT) atteignant 140 millions.
Le groupe emploie environ 11'000 collaborateurs.
En 2005 toujours, le chiffre d'affaires d'Oerlikon s'est monté à 1,6 milliards de francs. L'ex-Unaxis a enregistré une perte de 43 millions.
Le groupe technologique emploie 6400 personnes sur l'ensemble de ses sites.

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Deux des plus vieux groupes industriels suisses

La fondation de Saurer date de 1854. Initialement active comme fonderie, la société reste dans l'histoire pour ses camions avant tout. Elle a fabriqué son premier autocar en 1903.

Les camions Saurer – civils comme militaires – ont été exportés dans le monde entier. Le groupe a définitivement abandonné cette production en 1986.

Oerlikon a été fondé en 1903 sous la raison sociale d'Oerlikon-Bührle. La société est connue surtout pour sa production d'armes.

A partir des années 90, ses activités se sont progressivement concentrées sur le secteur technologique. La filiale d'armement a été cédée en 1999.

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