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Ogier peine à percer sa bulle

Un détail de l’affiche de la pièce de théâtre présentée à Vidy.

L'actrice joue dans une pièce de l'Autrichien Thomas Bernhard. Au Théâtre de Vidy-Lausanne, elle incarne le rôle d'une mère acariâtre et a du mal à aller «Au but».

Une mère (Bulle Ogier) et sa fille (Hélène Alexandridis) invitent dans une villa au bord de la mer, où elles passent leurs vacances d'été, un auteur dramatique. A partir de ce mince argument, Thomas Bernhard va écrire «Au but», une pièce qu'il gonfle jusqu'à l'absurde soumettant ses répliques à un mouvement de flux et de reflux qui porte la rage de la mère.

Celle-ci s'en prend à l'humanité et surtout aux écrivains, au rang desquels se place Bernhard lui-même, dressant la figure de l'auteur comme son double et la couvrant de sarcasmes.

Du nihilisme prôné par l'Autrichien, Marie-Louise Bischofberger, qui met en scène «Au but» au Théâtre de Vidy, cultive une nuance particulière. Elle tire la pièce vers ce qu'on pourrait appeler un théâtre d'ombres où se multiplient les clins d'œil aux spectres.

A commencer par celui du père dont un buste évoque l'absence et bouge comme la statue du Commandeur quand la mère l'interpelle pour l'injurier. Celle-ci s'évertue à pulvériser les morts autant que les vivants qu'elle convoque. Y compris l'auteur (Jérôme Nicolin) qu'on aurait souhaité plus viril dans son indifférence au sexe féminin, ne serait-ce que pour donner à la frustration des deux femmes sa puissance d'anéantissement.

Si Hélène Alexandridis est parfaite dans son rôle de fille opprimée par sa mère, Ogier, elle, reste cantonnée dans sa bulle, avec pour pitance un mélange d'humour et de férocité. Son viatique, elle le consomme avec un appétit de gloutonne qui engloutit les mots, sans trop se soucier d'en faire partager le goût au public.

Du balancement entre le monde des vivants et celui des spectres, le spectacle rend également compte dans son décor. Des costumes descendent du ciel, éclairés comme des épouvantails. Les deux femmes les portent contre elles comme pour essayer de s'y glisser et d'échapper à leur «épouvantable camisole». Celle-là même que la mère reproche à l'auteur de mettre à ses personnages.

Ghania Adamo

«Au but». Lausanne, Théâtre de Vidy; jusqu'au 21 décembre. Tel. 021/619 45 45

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