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OGM et tiers-monde: un bien ou un mal?

La maïs est la culture OGM la plus répandue dans le monde.

(umwelt-schweiz.ch)

Savoir si le génie génétique permet de lutter contre la faim ou si ses effets sont dévastateurs est sujet à controverse. La Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non-humain (CENH) tente de faire le point.

Elle estime que les effets de cette nouvelle technologie ne peuvent pas encore être évalués.

L’utilisation de plantes génétiquement modifiée n’a pas fini de susciter la controverse. Pour ses partisans, les OGM sont un moyen de résoudre le problème de la faim dans le monde. Les opposants mettent en revanche en garde contre les effets négatifs de ces techniques.

Dans ces conditions, difficile de faire la part des choses. D’autant que, comme le remarque la CENH, «les uns et les autres se définissent comme les défenseurs des peuples du Sud».

Considérer l’ensemble du problème



La CENH constate que trop souvent, la question des OGM n’est considérée que sous l’angle de la santé publique. C’est certes important, mais insuffisant aux yeux de la commission.

Celle-ci préconise donc d’observer les effets du génie génétique dans les pays en voie de développement sous l’angle de la justice globale. Celle-ci repose sur quatre piliers: le droit à l’alimentation, la souveraineté alimentaire, la protection de la biodiversité et le droit à la paix sociale.

Le droit à l’alimentation est peut-être le plus important de tous. Pour la CENH, il convient de déterminer si l’utilisation d’OGM permet effectivement d’améliorer les ressources alimentaires dans les pays en voie de développement, ou constitue au contraire un danger.

La souveraineté alimentaire s’exerce sur l’individu et la collectivité. Au niveau individuel, il s’agit d’assurer à chacun la liberté du choix de la nourriture. Pas question d’imposer des OGM aux consommateurs. Au niveau collectif, les pays doivent pouvoir décider de la façon de réglementer le commerce des biens agricoles et l’accès aux marchés.

Le concept de biodiversité est clair. Les OGM ne doivent pas mettre en péril les plantes locales. Les générations futures doivent pouvoir bénéficier de conditions de vie comparables à celles qui prévalent actuellement.

Le droit à la paix sociale est en revanche plus complexe. La CENH rappelle que dans de nombreux pays en voie de développement, l’agriculture n’est pas seulement l’économie du sol, mais une véritable culture ancrée dans des représentations du monde - religieuse, mythique et culturelle.

«Les innovations technologiques doivent donc en tenir compte si l’on veut les utiliser de façon concluante et ne pas être à l’origine de tensions culturelles et religieuses susceptibles de mettre en péril la paix sociale», avertit la commission.

Pas la seule piste



Bien qu’attentifs à tous les aspects de la question, les membres de la commission n’arrivent pas à trancher définitivement sur la question de savoir si les OGM constituent un bien ou un mal pour les pays en voie de développement.

«Les données disponibles à l’heure actuelle ne permettent pas d’évaluer avec suffisamment de certitude les effets du génie génétique», lit-on dans son rapport.

La CENH est cependant sûre d'une chose. Le génie génétique ne doit pas être la seule piste explorée pour résoudre le problème de la faim dans le monde. Les résultats obtenus par d'autres méthodes sont souvent «plus probants et plus efficaces», estime-t-elle.

«Les fonds destinés à la recherche ne doivent en tous les cas pas être utilisés pour développer une seule technologie», souligne-t-elle par ailleurs.

Parallèlement, la Commission d'éthique estime qu'il importe d'aider les pays en développement à renforcer leur souveraineté dans ce domaine. A ses yeux, «ils doivent mettre en place leurs propres procédures d'évaluation et d'autorisation».

La CENH préconise également de soutenir toutes les initiatives contribuant à assurer le libre accès aux ressources génétiques pour la culture et la recherche. Ceci dans le but de garantir des conditions de vie équitables à l'échelle mondiale.

Orienter la politique suisse



Avec ce rapport, la CENH entend orienter la politique suisse en matière d’OGM. Le Parlement est d’ailleurs en train de plancher sur une révision de la Loi fédérale sur les brevets.

La commission a été instaurée en 1998 par le gouvernement. Elle est constituée de douze experts de différents domaines (biologie, médecine, philosophie, etc), tous indépendants de l’administration.

Son rôle est de conseiller le gouvernement, l’administration et le monde politique sur les problèmes éthiques liés aux OGM et d’informer le public.

swissinfo et les agences

Faits

En 2003, des OGM ont été cultivés sur plus de 65 millions d’hectares dans 18 pays.
Près de 7 millions de paysans cultivent des OGM.
A peine un tiers des OGM sont produits dans les pays en voie de développement.
Les produits génétiquement modifiés qui font l’objet d’un commerce intensif: le soja, le maïs, le coton et l’huile de colza.

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En bref

- La CENH a été instituée le 28 avril 1998 par le gouvernement suisse.

- Elle est constituée de 12 membres indépendants de l’administration. Ils sont experts dans divers domaines: médecine, philosophie, biologie, etc.

- La CENH a pour but de conseiller le gouvernement sur les problèmes éthiques liés aux OGM et d’informer le public.

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