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OMC: la Suisse défend son agriculture

Luzius Wasescha (gauche):"La libéralisation de ce secteur est nécessaire, mais prendra du temps."

(Keystone)

La politique agricole suisse a subi les critiques de plusieurs pays exportateurs devant l´Organisation mondiale du commerce, qui termine mercredi l´examen de la politique économique helvétique. Mais Berne n´entend pas abandonner son soutien aux paysans.

A l'instar de l'Union européenne, la Suisse estime en effet que l'agriculture n'est pas une industrie comme les autres. Elle doit également répondre à des considérations d'ordre écologique et sanitaire.

«La libéralisation progressive de ce secteur est toujours nécessaire. Mais elle prendra beaucoup de temps», précise Luzius Wasescha, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux.

Le gouvernement suisse n'entend donc pas céder face aux critiques des autres pays exportateurs de produits agricoles. Réunis au sein du groupe de Cairns (Australie, Canada, Brésil et autres), ces pays ont donc profité de l'examen cette semaine de la politique commerciale helvétique par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour relever en particulier des droits de douane record de 678 pour cent sur les importations de viande hors contingent et une moyenne de 34 pour cent sur les droits de douane en matière agricole.

«En comparaison internationale, il est vrai que notre protection est élevée, que ce soit sous forme de paiement direct ou de protection à la frontière», reconnaît Luzius Wasescha qui justifie de telles mesures par le prix élevé des conditions de production en Suisse.

Luzius Wasescha avance une autre raison à cette situation: «Le fait même que la Suisse figure en tête de liste pour son soutien à l'agriculture montre au moins que notre régime est transparent». Ce qui n'est pas le cas de plusieurs pays riches qui réussissent à masquer un certain nombre de subventions à l'agriculture face à l'OMC.

Reste que le gouvernement suisse n'est pas fermé à toute discussion. «Nous pourrons aller plus loin lors de prochaines négociations commerciales. Mais cela suppose que nos partenaires au sein de l'OMC acceptent d'entrer en matière sur des thèmes qui nous intéressent comme la protection des indications géographiques», explique ce vieux routier des négociations commerciales internationales.

Luzius Wasescha tient également à souligner les efforts consentis par la Suisse depuis une dizaine d'années pour libéraliser son économie. Un effort également relevé par un rapport de l'OMC sur la Suisse et qui sert de base de travail à son examen devant le gendarme du commerce mondial.

«Nos partenaires ont été vivement intéressés par les accords de libre-échange que nous négocions dans le cadre de l'AELE», relève Luzius Wasescha. Après un récent accord avec le Mexique, l'AELE a d'ailleurs entamé lundi des discussions avec le Chili et devrait bientôt en faire de même avec Singapour.

Ce processus de négociations bilatérales permet en tous cas de poursuivre la libéralisation des marchés. Car au sein de l'OMC, les discussions n'avancent guère. Et, en Suisse comme ailleurs, des voix fustigeant la déréglementation et la globalisation des marchés se multiplient.

Mais pour Luzius Wasescha, toute forme de moratoire en la matière n'est pas pensable: «Quant on sait que, dans le secteur privé, un projet qui ne produit aucun effet après 9 mois est un projet mort, que la plupart des produits écoulés sur nos marchés ont une durée de vie de 18 mois, on comprend que la globalisation a pour conséquence une accélération énorme des phénomènes économiques».

Selon Luzius Wasescha, les gouvernements ont pour obligation de créer les conditions favorables à la poursuite de ce processus d'intégration économique. Il leur revient également de développer des mesures d'accompagnement et des règles pour que la globalisation profite à l'ensemble des Etats membres de l'OMC.

Et Luzius Wasescha d'avertir: «Un blocage à l'OMC aurait pour conséquence d'exclure les gouvernements de ce processus de globalisation qui, lui, se développe de manière quasi automatique».

Frédéric Burnand


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