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opinion Grand Genève: deux pays, un système

Léman Express

«On se hausse le col au sujet du Léman Express en oubliant que rien n’est prêt du côté hexagonal», tance Bertrand Buchs.

(© Keystone / Salvatore Di Nolfi)

Il n’existe aucune vision commune entre la France, le canton de Genève et le canton de Vaud, déplore Bertrand BuchsLien externe à l’aune de la récente décision sur la scolarisation d’enfants genevois résidant en France. Il est temps que cela change, plaide le député genevois.

opinion

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La récente décision de la Chambre administrative de la Cour de justice sur la scolarisation dans le canton de Genève des enfants de parents suisses vivant en France démontre avec une certaine ironie que la notion du Grand Genève n’existe que sur le papier.

+Les élèves frontaliers toujours privés de scolarisation à Genève

Le canton et ses dirigeants se moquent comme de l’an 40 de la région. A part développer des projets genevois centrés, en espérant diminuer les trafics de ces sacrés pendulaires et en glanant en passant des subventions fédérales, rien ne se passe. Aucune vision commune entre la France, le canton de Genève et le canton de Vaud sur le développement du territoire, l’implantation des zones industrielles, l’aéroport, la formation, la santé, la culture.

Le refus de financer des parkings-relais sur le territoire français a comme tétanisé les politiques genevois. Depuis, le trouillomètre est à zéro. Le service est minimum. On reçoit les autorités françaises, on fait des photos, on coupe quelques rubans, on se hausse le col au sujet du Léman ExpressLien externe en oubliant que rien n’est prêt du côté hexagonal et, cerise sur le gâteau, on refuse de scolariser des enfants suisses vivant en France voisine en prétextant que ces privilégiés doivent se tenir à carreau. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre ces ingrats. Nous décidons de défendre notre territoire contre les hordes de barbares qui viennent manger notre chocolat.

zones franches

Carte relief de la région des zones franches en 1920. 

(Bibliothèque de Genève)

Que faire des zones franches?

Il faut savoir ce que nous voulons. Une région supranationale ou non. Alors pourquoi ne pas oser, enfin, proposer des projets communs un peu audacieux? Nous savons que le canton de Genève ne peut plus se développer sur son propre territoire. Nous devons nous ouvrir sur la France voisine en proposant un vrai partenariat. Pour cela, il nous faut des outils législatifs qui nous manquent cruellement. Par chance, la France et l’Allemagne ont signé dernièrement un traité à Aix-la-ChapelleLien externe qui, entre autres, règle la question des projets transfrontaliers en donnant une très grande autonomie aux communes et aux départements pour décider de leur avenir commun. Plus besoin de passer par Paris ou Berlin. Il faut donc demander à Berne de négocier un tel accord avec la France. Je vais prochainement déposer une initiative cantonale allant dans ce sens.

«La France et l’Allemagne ont signé dernièrement un traité qui règle la question des projets transfrontaliers.»

Fin de la citation

Le canton de Genève doit également remettre sur le tapis la question des zones franches en demandant à Berne des éclaircissements. Que peut-on faire dans ces zones? Sont-elles utilisables uniquement pour les produits agricoles? Peut-on créer des zones industrielles spéciales sous droit du travail suisse (comme dans le cadre de l’aéroport international de Bâle)? Je pense que les zones franchesLien externe ont un vrai potentiel de création d’emplois, permettant aux frontaliers de ne pas devoir traverser le canton pour venir travailler à Genève.

dossiers

Mobilité des travailleurs Les frontaliers, migrants du quotidien

swissinfo.ch part à la rencontre des personnes qui traversent chaque jour la frontière pour aller travailler dans différentes régions de Suisse. 

La politique de logement et d’aménagement doit être pensée à l’aune de la région. Nous devons permettre à nos caisses de retraite publiques d’investir en dehors du canton. Les communes limitrophes pourraient acheter des terrains pour les mettre à disposition de leurs habitants. Nous pourrions imaginer construire des EMS, des structures médicales pour les habitants sous régime LAMal.

Assemblée du Grand Genève

Vous allez me rétorquer que ma vision est très totalitaire, Genève envahissant les territoires français pour faire des économies. Vous avez raison si le dialogue n’existe pas et si la région n’est pas dotée d’instruments de contrôle et de décision. Une assemblée du Grand Genève doit être créée dotée de vrais pouvoirs.

Et puisque mon propos initial était de parler des élèves venant de France voisine, je pense que dans le cadre d’une réelle politique régionale, les enfants pourraient être scolarisés à l’endroit décidé par leurs parents. Plus de frontière, un seul système pour deux pays. La Chine a inventé deux systèmes pour un pays, nous, nous inversons le concept. Osons.

Cette tribune est parue originellementLien externe dans le quotidien Le Temps.


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