Ouvriers du bâtiment dans la rue

Les plus de 40 ans se font de plus en plus rares dans la construction. Keystone

6000 travailleurs de la construction ont manifesté lundi dans une vingtaine de villes. Ils veulent de meilleurs salaires et la retraite anticipée dès 60 ans.

Ce contenu a été publié le 19 novembre 2001 - 18:58

«Les travailleurs ont perdu près de 600 francs de salaire réel pendant la crise, ils n'en ont récupéré que la moitié, nous venons chercher l'autre.» A la tête de la manifestation lausannoise, Aldo Ferrari, secrétaire régional du Syndicat industrie et bâtiment (SIB), a pu compter lundi matin plus de 600 ouvriers de la construction dans les rues de la capitale vaudoise.

A Genève, qui a enregistré la plus forte mobilisation de la journée, ils étaient 2000. A Neuchâtel et à Berne, 500. A Bâle et à Zurich 300. Et, dans une quinzaine d'autres villes, quelques centaines.

Bref, selon les syndicats SIB et Syna - qui avaient organisé cette «journée d'information» -, ils étaient en tout plus de 6000 à avoir bravé le froid pour faire connaître une fois de plus leurs revendications.

En clair, les ouvriers du bâtiment exigent une augmentation de salaire de 250 francs pour tous. Les syndicats, qui ont déjà obtenu 100 francs en 1999 et 200 au début de cette année, estiment «largement insuffisante» l'offre du patronat.

Autrement dit, ils veulent beaucoup plus que les 40 francs mensuels pour tous et les 40 francs au mérite avancés la Société suisse des entrepreneurs (SSE).

Question de santé

Mais la revendication la plus essentielle est ailleurs. «Les conditions de travail sont devenues de plus en plus dures, rappelle Aldo Ferrari. Aujourd'hui, 40% des travailleurs de la construction arrivent à la retraite, quand ils y arrivent, en mauvaise santé ou invalides.»

En conséquence, les syndicats demandent la semaine de 37 heures et demi, ainsi qu'une possibilité de retraite anticipée dès 60 ans. Une retraite qui serait financée à raison d'un tiers par les employés et des deux tiers par les patrons.

Autre problème, les heures variables. «On fait travailler les gens jusqu'à onze heures par jour en été et on les laisse à la maison en hiver, s'insurge Aldo Ferrari. Et, en plus, la SSE veut introduire le travail du samedi».

Menaces de plaintes

Du côté patronal, on se déclare «étonné» par ce mouvement. D'autant plus que les négociations pour la nouvelle Convention collective de travail sont en cours. Et que la SSE a prévu d'intégrer un modèle de retraite flexible dans la future CCT.

En outre, dans un communiqué diffusé lundi, les entrepreneurs rappellent que l'actuelle CCT prévoit la paix du travail. Et qu'ils ne manqueront pas, en cas de grève ou d'actions perturbatrices sur les chantiers, de porter plainte contre les syndicats et leurs permanents.

Marc-André Miserez

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