Pétard mouillé sur la Piazza

Panique à bord, la Piazza fait eau de toute part! swissinfo.ch

L'ouverture du 55e Festival internationale du film de Locarno, fixée au 1er août, aurait dû être doublement spectaculaire... Pas de chance.

Ce contenu a été publié le 02 août 2002 - 09:34

Etonnant début de festival. La seule et unique projection de ce jeudi, sorte d'apéritif à la manifestation, a été fixée à minuit sur la Piazza Grande, LE lieu magique de Locarno.

Pour le festivalier, il s'agit donc de meubler ce premier jour, par ailleurs férié pour cause de fête nationale suisse. Mais voilà. L'après-midi est morose. Ciel plombé, pluie, magasins fermés. La ville tessinoise ne trahit guère le bouillonnement coutumier de son événement annuel.

C'est quoi le 1er août?

Pas de projections? Pas de shopping possible? Les autorités locales ont dû nous concocter un 1er août d'enfer, se dit-on alors. A tort.

Pas plus de drapeaux suisses en ville de Locarno que sur un arteplage de la Région des Trois-Lacs. Les Tessinois partagent donc au moins un point commun avec Expo.02.

Mais à Bienne, Morat, Yverdon et Neuchâtel, moult spectacles et autres animations ont été prévus... Rien de tel à Locarno. Le feu d'artifice le plus proche, c'est du côté d'Ascona qu'il faut aller le chercher.

Alors, le soir, sur le quai, chacun y va de sa petite explosion égocentrique. Un pétard de-ci, un vésuve de-là, une fusée pour couronner le tout. L'union faisant la force, l'odeur de poudre et la fumée envahissent tout de même les rives du lac.

Mais pour une ville qui ouvre la 55e édition du 4e festival cinématographique européen, on s'étonne tout de même: c'est un peu léger.

Quand Zeus s'en mêle

Les dieux du ciel avaient accordé une trêve aux amateurs de pétarade. Ils seront moins généreux à l'égard des cinéphiles. Alors que la foule s'est rassemblée sur la Piazza Grande, il se met à pleuvoir des cordes.

Et dix minutes avant la projection en première internationale de «The importance of being Earnest», d'Oliver Parker, d'après Oscar Wilde, la triste annonce est claironnée par les hauts-parleurs: repli général sur les salles.

L'occasion idéale pour les organisateurs de tester leur nouvelle solution de dépannage en cas de pluie: le Fevi bien sûr, vaste espace polyvalent où sont également projetés de jour les films en compétition (3200 places), auquel s'ajoutent pour la première fois deux nouvelles salles, baptisées avec humour «La Sala» (960 places) et «L'altra Sala» (500 places).

Mais il n'est pas sûr que ce jeudi, à une heure aussi avancée, les capacités des trois salles sont nécessaires...

Demandez le programme!

Il ne nous reste donc plus qu'à prier, ou éventuellement à offrir quelques sacrifices aux dieux irascibles de la région, afin qu'ils nous accordent un ciel dégagé pour les soirées à venir. Car le programme de la Piazza est alléchant, et aucune salle ne remplace la Piazza.

Au programme? «My Little Eye» de Marc Evans (2). «Un nouveau Russe» de Pavel Lounguine, suivi du classique et fort «On achève bien les chevaux» de Sydney Pollack (3), qui recevra à cette occasion un «Léopard d'Honneur».

Ou encore, en première mondiale, «Corto Maltese - La cour secrète des arcanes», de Pascal Morelli, première version animée du personnage d'Hugo Pratt (6).

Ou la coproduction américano-suisse «Birdseye», de Stephen Beckner et Mike Huber (7). «Insomnia», de Christopher Nolan avec Al Pacino et Robin Williams (8).

Sans oublier le vraisemblablement très frissonnant «Signs», de M. Night Shyamalan, avec Mel Gibson (9). Et les autres...

Allez, là-haut, un petit effort.

swissinfo/Bernard Léchot à Locarno

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