Pas de reprise du pôle aérien de Swissair sans licenciements

Les employés d'AOM Air Liberté ont déjà manifesté leur mécontentement à plusieurs reprises. Keystone Archive

Les syndicats français sont mécontents. Tous les projets de reprise d'AOM-Air Liberté, l'ancien pôle aérien de Swissair, prévoient d'importantes suppressions d'emplois. Les représentants du personnel ont pu consulter, mercredi à Paris, les quinze dossiers des candidats.

Ce contenu a été publié le 04 juillet 2001 - 17:16

Les syndicats se sont surtout penchés sur les cinq candidatures à une reprise globale, au cours d'un comité d'entreprise. Il s'agit de la société financière française FIDEI, d'ATLANTI, société de l'ancien directeur d'Air Outre Mer, de BOETIE, alliance entre Philippe Noureau, pilote d'AOM, et un homme d'affaires, HOLCO du pilote d'Air France Jean-Claude Corbet, et TAOM.

Toutes ces candidatures prévoient de couper dans les effectifs : de 2500 à 3000 postes supprimés sur les 5200 que compte le second pôle aérien français.

Quant aux propositions de reprise partielle, visant des dessertes régionales, certaines escales où l'activité charter d'AOM-Air Liberté, elles n'intéressent pas les syndicats qui ont fait savoir à plusieurs reprises qu'ils ne voulaient prendre en compte que les reprises globales.

Surtout, les représentants syndicaux d'AOM-Air Liberté soulignent que la loi française donne les moyens à la justice de demander aux deux principaux actionnaires, Swissair et Ernest-Antoine Seillière, le patron des patrons français, d'assurer le bon fonctionnement du second pôle aérien français jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée.

Il y a quelques jours, Swissair campait sur la position suivante: la prise en charge de deux tiers des coûts de restructuration si l'actionnaire majoritaire, Ernest-Antoine Seillière, assumait le reste et si un repreneur était choisi.

Pour l'instant, le patron des patrons français se fait tirer l'oreille et Swissair pourrait s'engager à hauteur de quelque 500 millions de francs suisses, mais à condition d'échapper à tout risque de procès.

Au Ministère français des transports, dirigé par le communiste Jean-Claude Gayssot, on souligne qu'il appartient au Tribunal de commerce de mobiliser tout l'arsenal juridique dont il dispose.

Et l'on prête à Jean-Claude Gayssot l'intention de forcer la main, via Bruxelles, au premier actionnaire d'AOM-Air Liberté, Ernest-Antoine Seillière, afin que le patron des patrons français participe au sauvetage d'AOM-Air Liberté.

Le 30 juin, Swissair avait annoncé qu'elle avait cédé la totalité du capital d'Air Littoral, sa troisième et dernière compagnie aérienne française, au repreneur Marc Dufour, ancien PDG d'Air Littoral.

Selon les syndicats français, Swissair aurait financé la restructuration à hauteur de 200 millions de francs suisses, ce qui devrait permettre de payer les dettes et de financer le plan social proposé par Marc Dufour.

Jacques Allaman, Paris

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