Pas de vacances pour les candidats à la succession Couchepin

Keystone

Malgré la torpeur estivale, la course au siège du ministre démissionnaire Pascal Couchepin prend de l'ampleur. Le politologue Daniel Schwarz livre sa vision sur ces grandes manœuvres en vue de l'élection du 16 septembre.

Ce contenu a été publié le 09 août 2009 - 15:23

En ce début août, en raison des vacances d'été, la Suisse tourne au ralenti. Et avec elle, l'actualité. Mais les médias ne chôment pas pour autant. Chaque jour, le sujet principal reste pratiquement le même: qui sera candidat à la succession du ministre de l'Intérieur Pascal Couchepin.

Au fil des jours, les annonces de candidatures – et de non-candidatures – se multiplient. Et avec elles un flot de commentaires et de spéculations tant de la part des médias et des milieux politiques. Aucun doute, la campagne commence à s'accélérer et prendra encore de l'ampleur au fur et à mesure que l'on approchera de la date fatidique du 16 septembre.

Pour prendre un peu de recul, swissinfo.ch a sollicité l'avis de Daniel Schwarz, politologue à l'Université de Berne.

swissinfo.ch: Pourquoi le remplacement d'un membre du gouvernement suscite-il autant d'intérêt?

Daniel Schwarz: C'est le résultat du système politique suisse. Le gouvernement est composé de sept membres qui ont tous les mêmes pouvoirs. Changer un seul ministre équivaut donc à remplacer le septième d'un Premier ministre, si on peut dire.

Par ailleurs, un ministre suisse a des pouvoirs assez étendus. Restant en place durant huit à douze ans en moyenne et ne pouvant pas être destitué par le Parlement, il jouit d'une grande autonomie au sein de son ministère et l'organise à sa guise. Ses collègues n'interviennent finalement que lors des enjeux réellement stratégiques sont en jeu.

swissinfo.ch: Quelles sont, selon vous, les règles d'or qu'un candidat au gouvernement doit respecter?

D. S. : On dit souvent que c'est une erreur de se lancer le premier dans la campagne. Mais je ne suis pas sûr que ce soit vrai.

Par exemple, en 1998, Pascal Couchepin a immédiatement été sur les rangs pour succéder à Jean-Pascal Delamuraz. Et cette candidature a été dès le départ incontestée.

Ce qui est en fait véritablement déterminant pour un candidat, c'est sa capacité à convaincre un nombre suffisant de parlementaires, car ce sont eux qui, au final, font l'élection. Etant donné qu'aucun parti n'a la majorité absolue au Parlement, le candidat doit absolument être capable de réunir au-delà de son propre parti.

swissinfo.ch: Mis à part cela, quels sont les autres facteurs qui entrent en ligne de compte?

D.S.: L'âge du candidat joue probablement un rôle. Certaines personnes aimeraient aussi voir enfin une majorité féminine au gouvernement. Enfin, la langue du candidat est un thème, bien qu'il soit d'ores et déjà presque certain que le francophone Pascal Couchepin ne sera pas remplacé par un germanophone.

Les valeurs politiques représentées par le candidat pourraient en fait être un élément décisif lors de la prochaine élection. Le fait que le candidat véhicule des valeurs libérales ou au contraire conservatrices aura une influence certaine.

swissinfo.ch: Quelle est l'importance des médias dans cette élection?

D.S. : Les médias tendent à traiter les élections au gouvernement comme si elles était décidées par l'ensemble des citoyens. Mais c'est aux parlementaires qu'il revient de faire leur choix et de procéder à l'élection.

Pour un candidat qui n'est pas très connu des parlementaires ou qui n'est connu que dans sa région, la couverture médiatique peut cependant représenter un plus. Tout du moins, bien sûr, tant que ce candidat n'est pas éclaboussé par des scandales.

En revanche, il semble très difficile pour un candidat d'utiliser les médias pour promouvoir de nouvelles idées qui iraient à l'encontre des positions qu'il a précédemment défendues. Ses collègues parlementaires s'en apercevraient facilement et la crédibilité du candidat en souffrirait.

swissinfo.ch: Plusieurs candidats du Parti libéral-radical (PLR – droite) sont entré dans la course pour défendre leur siège. Qu'en pensez-vous?

D. S. : Les libéraux-radicaux ont paru pris par surprise lorsque les démocrates-chrétiens (PDC – centre-droit) ont annoncé vouloir récupérer leur siège perdu en 2003. Mais désormais, ils semblent avoir récupéré de ce choc initial.

On pourra toujours dire que les libéraux-radicaux n'étaient pas prêts à relever le défi. Mais avec la procédure de nomination des candidats qui se poursuit dans les cantons, ils semblent avoir regagné en confiance.

swissinfo.ch: Quel est votre pronostic pour l'élection du 16 septembre?

D. S.: Je pense que les démocrates-chrétiens auront beaucoup de peine à obtenir suffisamment de votes auprès des autres partis pour regagner leur siège perdu.

Quant aux libéraux-radicaux, s'ils présentent un ticket avec deux candidats, je suppose que ce sera le plus modéré des deux qui l'emportera. Enfin, je ne serais pas surpris que ce soit un candidat largement accepté dans la partie francophone du pays qui l'emporte.

Urs Geiser, swissinfo.ch
(Traduction et adaptation de l'anglais: Olivier Pauchard)

Les candidats PLR

Pour l'heure, le Parti libéral-radical compte déjà quatre candidats à la succession de son ministre Pascal Couchepin.

Trois d'entre eux sont des parlementaires fédéraux. Il s'agit de la députée genevoise Martine Brunschwig-Graf, du député genevois Christian Lüscher et du sénateur neuchâtelois Didier Burkhalter.

Le 4e ne provient pas de la Berne fédérale. Il s'agit de Pascal Broulis, ministre des Finances du canton de Vaud.

Les partis cantonaux ont jusqu'au 10 août à minuit pour présenter d'autres candidats. Le parti national désignera par la suite ses candidats officiels pour l'élection du 16 septembre.

En fait, la seule grande inconnue reste la décision de Fulvio Pelli. Jusqu'à présent, le président du Parti libéral-radical a déclaré ne pas vouloir être candidat. Pressenti depuis plusieurs années comme futur ministre, celui-ci pourrait toutefois encore réserver une surprise de dernière minute.

De son côté, le démocrate-chrétien fribourgeois Dominique de Buman est sorti du bois et également annoncé sa candidature.

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