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PAS TOUCHE!! Chaude, la glace! UNSEARCHABLE

De la glace friponne au Temple de la consommation

(swissinfo.ch)

Sucer un esquimau glacé envoie-t-il au 7e Ciel? Les étudiants en ethnographie de Neuchâtel tentent de répondre à la question.

Cela à travers une petite exposition intitulée «Entre désirs et remords», à voir au Musée d’ethnographie de Neuchâtel.

Depuis juin dernier, le Musée d’ethnographie de Neuchâtel vit des heures chaudes grâce à l’exposition intitulée «X – spéculations sur l’imaginaire et l’interdit» (lire l’article «Oh my God(e)!»).

En marge de cette expo peu conventionnelle, due au très provocateur maître des lieux, Jacques Hainard, les étudiants de la faculté d’ethnographie de l’Université de Neuchâtel apportent leur contribution à l’édifice à travers une installation qui vous accueille dès votre entrée dans le musée.

C’est dans le cadre du cours d’ethno-muséographie que sept étudiants se sont lancés sur cette «mise en pratique», qu’ils envisageaient, à l’origine, axée thématiquement sur la publicité. Puis l’angle s’est précisé…

«On a beaucoup tourné en rond pour finalement se fixer sur le thème de la glace, et notamment la façon dont elle est illustrée dans certaines publicités, avec une forte connotation érotique. Le lien s’est fait alors tout naturellement avec ‘X’», explique Vincent de Techtermann, l’un des étudiants engagés dans le projet.

Il est vrai qu’aux côtés du yaourt bien coulant, le bâton glacé est clairement l’un des produits qui stimule le plus la libido des publicitaires, dans la mesure où la métaphore employée ne demande pas des trésors d’imagination.

Mais que fument-ils?

En contrebas du hall d’accueil du musée, une «fosse». Au centre, un drôle de totem, constitué d’un frigo, d’un téléviseur, d’un ordinateur, le tout coiffé d’un bonzaï histoire de lancer un clin d’œil à l’Arbre de la connaissance de la Genèse.

A gauche, un jardin d’Eden où des arbres aux couleurs éclatantes servent de supports à des affiches vantant les mérites gastronomico-jouissifs de telle ou telle glace.

Au fond, une montagne de déchets, surmontée d’un drôle d’autel et d’une parodie hollywoodienne de la Cène de Léonard de Vinci. Un double panneau vous propose de manger et de mourir (eat-die).

A droite, une plage, contaminée par les déchets, une plage où traînent quelques magazines féminins obsédés de régimes et de santé corporelle.

Car après la consommation érigée en nouvelle religion, le discours moralisateur est désormais médico-social. La plage en question est alors baptisée «plage de la modération».

On l’aura compris, les étudiants ont opté pour une approche très «hainardienne»: c’est-à-dire une installation ironique et éventuellement troublante (le cocktail sexe/religion/consommation) plutôt qu’une exposition traditionnelle.

Le pouvoir du Maître

«Pour tous les étudiants qui ont participé à cette présentation, les seuls enseignements muséographiques qui ont été suivis sont ceux de Jacques Hainard. Avec le point de vue qu’une exposition, c’est plutôt raconter une histoire qu’aligner des objets» relève Vincent de Techtermann.

Qui ajoute: «L’encadrement qu’on avait allait aussi dans ce sens-là, on nous a demandé de délirer! Le début, c’était du n’importe quoi. Chacun essayait d’aligner des idées tant bien que mal, il y a eu un long moment de confusion avant que l’on se fixe sur quelque chose», ajoute le jeune homme.

Le principe du chaos créatif est toujours rigolo à mettre en pratique. Seul problème: le visiteur, pour peu qu’il soit habitué aux frasques du tonitruant professeur, n’est guère surpris en découvrant le travail de ses élèves, totalement phagocytés par la philosophie du Maître.

Il faut dire que le problème est complexe: lorsqu’on a un maître rebelle, comment afficher sa propre personnalité? En donnant dans le conservatisme? Ce serait dommage. Alors peut-être en poussant la provocation encore un peu plus loin… Et cela, les étudiants, n’ont pas osé, ou pas su, le faire.

«Entre désirs et remords» ne manque pas d’intérêt. Mais pour qu’un nouvel Hainard éclate vraiment à Neuchâtel, il faudra qu’il sache ne pas faire du Hainard.

swissinfo, Bernard Léchot

En bref

- Sept étudiants de la faculté d’ethnographie de l’Université de Neuchâtel proposent une exposition intitulée «Entre désirs et remords».

- Basée sur l’image érotique de la glace alimentaire dans la publicité, elle évoque également la question de la sacralisation de la consommation et de la perte des repères moraux.

- En cela, elle apparaît comme une sorte d’extension de l’exposition «X – spéculations sur l’imaginaire et l’interdit», à voir au Musée d’ethnographie de Neuchâtel jusqu’au 25 janvier 2004.

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