Passe d'armes autour de l'école de recrues

Seuls 15% des recrues devraient pouvoir accomplir leur service d'une traite, soit au maximum 3000 personnes par année. Keystone Archive

Dès 2004, l'école de recrues devrait durer 18 semaines. Les sénateurs sont favorables à ce modèle d'Armée XXI. Et désavouent le gouvernement.

Ce contenu a été publié le 13 mars 2002 - 18:54

Par 20 voix contre 17 et contre l'avis du Conseil fédéral, la Chambre des cantons a estimé, mercredi, que 18 semaines suffisaient pour assurer l'instruction de la troupe.

Cette option répond aux exigences de l'économie. Elle aura de meilleures chances d'être acceptée par la population, souligne Hans Hess (PRD/OW) au nom de la commission.

Il sera difficile d'expliquer que la menace militaire a diminué mais qu'il faut rallonger l'école de recrues de 15 semaines actuellement à 21, comme le souhaitait le gouvernement, précise, de son côté, Hans-Rudolf Merz (PRD/AR). Le Conseil fédéral peut d'ailleurs fixer des exceptions.

Un cadeau de 19 jours

Quant aux étudiants et aux apprentis, ils auront la possibilité de scinder en deux leur école de recrues. Le modèle choisi par le Conseil des Etats fait en outre cadeau aux soldats de 19 jours de service. Les semaines «perdues» ne seraient en effet pas compensées, le nombre de cours de répétition restant limité à six.

Pour le ministre de la Défense Samuel Schmid - ouvert au compromis à 20 - la voie choisie par la Chambre des cantons porte un coup à la capacité de défense de l'armée. Les soldats seront amenés à accomplir des tâches plus nombreuses et plus complexes. Le conseiller fédéral précise en guise d'avertissement que le déficit de formation ne pourra pas être rattrapé en cours de répétition.

Samuel Schmid s'est en revanche déclaré satisfait de la limite posée par le Conseil des Etats au nombre des soldats en service long. Seuls 15% des recrues devraient pouvoir accomplir leur service d'une traite, soit au maximum 3000 personnes par année. Elles devraient en outre passer par une école de recrues ordinaire.

Ancrage territorial

Si la réduction des effectifs de 360 000 personnes à 120 000 plus 20 000 recrues et 80 000 militaires en réserve n'a pas été combattue, le Conseil des Etats a tenu à conserver un ancrage territorial à l'armée. Par 28 voix contre 10, il a adopté le modèle mis sur pied par sa commission et inspiré par celui en vigueur.

Il oppose au projet de brigades «flottantes» du gouvernement un concept reposant sur quatre états-majors de division. Neuf brigades, plus une brigade de logistique, leur sont directement subordonnées. Le nombre des brigades d'infanterie de montagne est porté de deux à trois et les colonnes de soldats du train explicitement mentionnées.

Le Conseil des Etats souhaite en outre impliquer davantage le Parlement dans les affaires militaires. Par 30 voix contre 12, il a décidé de lui transférer définitivement la compétence, actuellement entre les mains du Conseil fédéral, de fixer la durée de l'école de recrues, la cadence des cours de répétition ainsi que les limites d'âge pour accomplir le service.

Le Parlement devrait aussi se prononcer sur la subordination d'éléments de l'armée à d'autres départements que celui de la défense.

Enfin, le gouvernement est appelé à examiner régulièrement si les objectifs de l'armée sont atteints, à en informer les Chambres et à les consulter avant d'introduire de nouvelles réformes.

swissinfo avec les agences

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