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Peter Hess toujours dans l'œil du cyclone

Peter Hess s'est une nouvelle fois expliqué mardi. Cette fois-ci devant la presse.

(Keystone)

Peter Hess est soumis à une pression toujours plus vive, en raison de ses mandats dans des sociétés basées à Panama et dans les Iles Vierges britanniques. Après s'être justifié lundi devant le Conseil national, il s'est à nouveau expliqué mardi devant la presse. La gauche n'est toujours pas convaincue.

Il faut dire que l'«affaire Hess» a rebondi, une nouvelle fois, lundi soir. Lorsque l'Administration fédérale des finances (AFF) a affirmé que les trois sociétés au cœur de la polémique actuelle n'étaient enregistrées auprès d'aucun organisme d'autorégulation (OAR).

Or, comme l'a expliqué le porte-parole de l'AFF, Dieter Leutwyler, les sociétés financières qui mènent des activités en Suisse sont dans l'obligation de se faire enregistrer auprès d'un tel organe.

La réplique du démocrate-chrétien zougois ne s'est pas faite attendre. Mardi après-midi, il a critiqué le Département fédéral des Finances (DFF). Et a fourni des explications aussi détaillées que techniques.

Peter Hess, donc, estime qu'il n'avait pas à déclarer ces trois firmes à l'OAR. Du fait qu'elles ne fournissent aucun service financier à des tiers. Et qu'il est lui-même membre d'un OAR, pour ses activités d'avocat d'affaires.

Pour prouver sa bonne foi, le président du Conseil national a demandé à une société de contrôle de confirmer ses dires, ainsi que la légalité de sa gestion. Il n'entend en revanche pas se séparer de ses mandats d'administrateur.

«Il y a eu un malentendu reposant sur des faits et des interprétations inexactes», a déclaré Jean-Philippe Maitre à l'ATS. Tout en assurant son soutien à Peter Hess, le chef du groupe parlementaire PDC a en outre critiqué les socialistes.

Depuis le début de cette affaire, dimanche, la gauche a en effet été particulièrement critique à l'égard de Peter Hess. Mardi matin, les jeunes socialistes lui ont même demandé de démissionner. De ce côté de l'échiquier politique, les nouvelles explications du Zougois n'ont pas encore pleinement satisfait.

Les socialistes attendent désormais que ces nouvelles explications soient documentées et vérifiées par une source indépendante, comme Peter Hess a promis de le faire. Mais ils ont aussi demandé de porter ces problèmes à l'ordre du jour de la prochaine séance du Bureau du Conseil national, ce vendredi.

«L'hypothèse la plus vraisemblable, à nos yeux, est qu'une fois les enquêtes bouclées, aucun reproche ne subsistera sur le plan légal, estime Jean-Philippe Jeannerat, porte-parole des socialistes. Mais la faute politique restera.»

Les socialistes l'ont déjà dit: le plus haut citoyen de Suisse doit donner l'exemple. En clair, «il ne devrait pas mener des affaires sur des places financières offshore, qui, au fond, nuisent à la place financière suisse et à l'image de notre pays à l'étranger», réaffirme Jean-Philippe Jeannerat.

Les Verts, eux, ont demandé la suspension de Peter Hess, jusqu'à ce que le statut des 48 sociétés dont il est administrateur ait été vérifié.

Enfin, le Département fédéral des finances a pris acte du fait que Peter Hess mettait ses dossiers à disposition des organes de contrôle. Ces derniers les examineront dans les meilleurs délais.

Caroline Zuercher

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