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Peut-être des militaires suisses à Bagdad

De nombreux acteurs sur le terrain irakien recourent à des sociétés de sécurité privées.

(Keystone)

Le ministère suisse de la Défense étudie l’envoi de militaires professionnels à Bagdad. Ils seraient affectés à la sécurité de la mission helvétique.

La société privée sud-africaine que la Suisse emploie suscite la polémique. Le contrat passé avec elle est remis en question.

Depuis l’attentat contre le QG de l’ONU (Organisation des Nations-Unies) à Bagdad en août 2003, la Suisse travaille avec la société privée sud-africaine Meteoric Tactical Solutions (MTS). Un choix dicté par l’exigence de réagir vite et efficacement.

La société de sécurité a été mandatée pour un an sur la base d’un crédit spécial de 1,6 millions de francs débloqué par le gouvernement.

Mais depuis plusieurs semaines, la polémique enfle en Suisse autour de cette collaboration. Il s’avère en effet que MTS traîne plusieurs casseroles.

Non seulement deux de ses ex-responsables croupissent en prison pour un prétendu coup d’état manqué en Guinée équatoriale (selon l’émission de la Télévision romande «Temps Présent»), mais MTS serait aussi en délicatesse avec la loi anti-mercenaires sud-africaine.

Qui plus est, la société attend toujours de la part des autorités sud-africaines sa licence d’exploitation pour travailler en Irak.

Ce qui devait être une simple formalité au moment de l’engagement de la société contraint aujourd’hui le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à réexaminer son contrat.

Le parlement pas oublié

Mais sans attendre, le DFAE s’est approché du Département militaire fédéral. L’idée: envoyer à la place des soldats suisses à Bagdad.

Le porte-parole du département militaire fédéral (DMF) confirme à swissinfo: «Le DFAE nous a approché de manière informelle. Nous travaillons maintenant à un projet de planification».

«Nous cherchons à évaluer combien d’hommes seraient nécessaires, quelle serait la durée de l’engagement et les coûts à envisager, poursuit Martin Bühler. Il est clair qu’un éventuel engagement devrait recevoir l’aval du Parlement».

Le cadre légal helvétique, en effet, est limpide: des soldats peuvent être envoyés à l’étranger pour des missions de sûreté. Mais si l’engagement dépasse trois semaines, un feu vert du Parlement est incontournable.

Martin Bühler précise aussi qu’il n’est pas question d’envoyer des soldats de milice. Mais plutôt des professionnels de la Sécurité militaire (ex-gardes-fortifications), dépêchés sur une base volontaire.

Porte-parole des Forces terrestres, Felix Endrich ne donne aucun détail sur l’ampleur d’un éventuel engagement. «Nous sommes actuellement en phase d’étude préliminaire. Nous ne communiquons ni sur le nombre d’hommes ni sur les moyens qu’il faudrait envisager».

Des précédents à Moscou et Alger

Reste qu’un recours à la Sécurité militaire n’aurait rien d’une première. Les ambassades de Suisse à Moscou et Alger ont déjà profité des services des gardes-fortifications.

«Les cinq ans et demi en Algérie ont coûté 40 millions de francs», précise Martin Bühler.

Le DMF n’en dit pas plus. Mais il est permis de penser qu’un engagement de l’armée – presque 8 millions par an à Alger – coûterait davantage que la solution sud-africaine (1,6 millions pour un an – soit 134'000 francs par mois).

Cela dit, le recours au privé pour les missions de sécurité est souvent très mal perçu par le monde politique.

Pour Barbara Haering, vice-présidente de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national (Chambre du peuple), «il importe que la Suisse reste présente à Bagdad et que nos gens soient bien protégés».

Mais la politicienne a fait son choix. Et souhaite confier cette tâche à des soldats suisses, soumis à un contrôle démocratique et formés au droit international humanitaire.

swissinfo

En bref

- Le contrat passé avec une société sud-africaine pour protéger la mission suisse à Bagdad est en cours de réexamen à Berne.

- Une polémique s’est enclenchée en Suisse autour de l’engagement de cette société qui traîne plusieurs casseroles.

- Pendant ce temps, le ministère suisse de la Défense étudie l’envoi de militaires professionnels pour la remplacer.

- Cette solution a la préférence de la vice-présidente de la Commission de la politique de sécurité à la Chambre du peuple.

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