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Pistes belgo-suisses pour le sauvetage de Sabena

(Keystone)

Une nouvelle recapitalisation pourrait permettre à Sabena de redécoller. Plusieurs journaux belges indiquent qu'une injection d'argent frais par SAirGroup et par l'Etat belge est à l'étude, parmi d'autres mesures stratégiques.

Une des faiblesses récurrentes de Sabena tient à sa sous-capitalisation. L'injection réalisée fin février (230 millions de francs suisses à charge de SAirGroup, 150 de l'Etat belge) n'a permis que de parer au plus pressé. La dette de la compagnie reste proche de 4 milliards de francs suisses. Les résultats 2000 annoncés mardi, avec un demi-milliard de pertes, n'ont rien arrangé.

Plusieurs quotidiens belges évoquent une nouvelle recapitalisation. Le Soir avance même un montant - ou plutôt une fourchette - allant de 800 millions à 1,2 milliard de francs suisses, répartis également entre SAirGroup et l'Etat belge.

Cette solution se heurterait cependant à plusieurs obstacles. Les deux actionnaires ont laissé entendre que la recapitalisation de février était la dernière. Au gouvernement belge, elle n'avait pas fait l'unanimité. Et puis, la Commission européenne veille au grain.

Elle étudie scrupuleusement la situation pour s'assurer que la Belgique ne s'est pas rendu coupable d'aide d'Etat, comme le soupçonnent plusieurs compagnies concurrentes.

Christoph Müller, le patron de Sabena chargé d'élaborer un plan stratégique d'ici à la fin du mois, planche certainement sur d'autres mesures. La piste la plus souvent citée est celle d'une diminution de la surcapacité. Cela passerait par des fréquences moins élevées, des appareils plus petits, voire des lignes supprimées.

Deux journaux flamands parlent pour leur part d'une inscription à l'étranger des pilotes et du personnel de cabine, pour économiser sur les charges sociales et fiscales. «On en parle régulièrement depuis quinze ans», déclare à swissinfo Pierre Ghyoot, secrétaire général de l'association belge des pilotes. L'association voit cette idée d'un mauvais oeil «pour des raisons morales, cela revient à institutionnaliser la fraude fiscale». Mais elle ne s'y opposera pas «si c'est la seule solution».

A la direction de Sabena, chez SAirGroup comme au gouvernement belge, on apporte le même «no comment». Les discussions entourant la préparation du plan stratégique sont confidentielles. La version officielle reste celle de Mario Corti. Lundi, le patron de SAirGroup avouait au sujet de Sabena qu'il ne savait pas «quelle serait la solution optimale».

Thierry Zweifel, Bruxelles


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