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Plan stratégique de Sabena: Swissair sollicité

Impossible de mettre en oeuvre le plan stratégique sans argent frais.

(Keystone Archive)

La survie de Sabena passe par une injection de fonds de la part de ses actionnaires que sont l'Etat belge (50,5%) et le groupe Swissair (49,5%). C'est la conviction du conseil d'administration de la compagnie belge, qui a siégé mardi soir à Bruxelles.

Le Conseil d'administration devait examiner le fameux plan stratégique préparé par le patron de Sabena, l'Allemand Christoph Müller. Il l'a fait dans le plus grand secret, lors de sa réunion tenue au siège social de la société dans la proche périphérie bruxelloise.

A l'issue de la rencontre, les dirigeants de Sabena n'ont rien dévoilé du contenu du plan, ni à la presse, ni aux représentants des syndicats. Le président du Conseil d'administration, Fred Chaffart, s'est contenté de donner deux informations. Primo, le plan stratégique «est impossible à mettre en oeuvre sans injection de fonds». Secundo, il faudra également réduire les coûts.

Du côté du personnel, les sentiments sont partagés entre «une certaine nervosité, l'impatience et l'espoir que l'Etat belge et Swissair ne vont pas lâcher Sabena», indique à swissinfo Denis Demeulemester, du syndicat majoritaire FGTB (socialiste). Il faut dire que les conclusions du plan Müller se font attendre. Leur présentation était initialement prévue pour la fin du mois d'avril. Il est question désormais d'une conclusion d'ici deux semaines.

Tout se passe comme si l'Etat belge, Swissair et Sabena cherchaient à retarder l'échéance, le temps de faire admettre comme une évidence, par des fuites plus ou moins maîtrisées, que la survie de Sabena passera une fois de plus par des mesures très douloureuses.

La dernière recapitalisation, en février dernier, pouvait donner l'impression que l'avenir était assuré pour quelques années. Swissair avait alors déboursé 150 millions d'euros, l'Etat belge 100 millions. Mais la trésorerie menace de s'assécher d'ici la fin de l'été. Sans parler de la menace d'un veto de la Commission européenne en cas d'un apport supplémentaire de la part de l'Etat.

Sabena a confirmé qu'elle négocie avec Airbus l'annulation de la commande de quinze A319 et quatre A340. Cela prouve que la réduction des activités de la compagnie fait partie du scénario privilégié par Christoph Müller. Sabena pourrait se concentrer sur les vols européens et ne conserver que de rares liaisons long-courrier, notamment vers l'Afrique.

Thierry Zweifel, Bruxelles

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