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«Un monde plus sûr» face à la menace nucléaire



La crainte du terrorisme nucléaire au centre du sommet qui s'est achevé mardi aux Etats-Unis.

La crainte du terrorisme nucléaire au centre du sommet qui s'est achevé mardi aux Etats-Unis.

(Keystone)

Plus de sûreté en matière de stockage de matériau nucléaire, des peines plus sévères contre les trafiquants et moins d’uranium hautement enrichi dans les réacteurs: les participants au sommet sur la sécurité nucléaire, et la Suisse parmi eux, se sont entendus mardi contre le terrorisme nucléaire.

Au terme de 48 heures de sommet, les représentants d’une cinquantaine d’Etats se sont accordés sur un plan de travail, qui inclut des mesures concrètes pour empêcher que du matériel nucléaire sensible, pouvant être utilisé pour la fabrication de bombes, ne tombe aux mains de terroristes.

Un matériel provenant par exemple de réacteurs atomiques, mais aussi de laboratoires de recherche et d’hôpitaux...

Premier résultat concret à Washington: l’annonce de plusieurs d’Etats qu’ils s’abstiendront purement et simplement de posséder de l’uranium de qualité militaire.

Un succès clair

Selon le Président américain, les participants sont tombés d’accord sur le constat que le terrorisme nucléaire fait partie des plus gros dangers pour la sécurité de la planète. Et au final, Barack Obama a qualifié ce sommet de succès clair.

«Le peuple américain sera plus en sécurité, le monde sera plus sûr grâce aux mesures que nous avons prises», a assuré le locataire de la Maison blanche.

Au terme du sommet, la lutte contre la contrebande de matériau nucléaire doit être renforcée, les flux d’information concernant les stocks nucléaires améliorés. S’y ajoute l’échange d’expertise lors des enquêtes et poursuites pénales pour les délits liés au nucléaire.

Dans un délai de quatre ans, toutes les matières nucléaires vulnérables devront être sécurisées. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) jouera un rôle décisif en matière de contrôle des engagements des Etats et de la formation.

Fins pacifiques

Dans la déclaration finale, les participants appuient un mécanisme «fort» pour protéger les matériaux fissiles des terroristes, sans réduire la possibilité pour les Etats d’utiliser le nucléaire à des fins pacifiques. A l’avenir, il s’agira toutefois d’utiliser dans les centrales thermonucléaires autant que possible du matériel faiblement enrichi.

Toujours selon cette déclaration, les participants s’efforceront de respecter toutes les obligations existantes en matière de sécurité nucléaire. Ils espèrent aussi que d’autres Etats absents du sommet les respectent également. Deux précisions encore: le document final de ce sommet n’est pas contraignant et la prochaine réunion se tiendra en Corée du Sud en 2012.

Présente sur place, la Présidente de la Confédération tire elle aussi un bilan positif. Elle juge cette rencontre prometteuse. Son scepticisme préalable, qui la portait à n’envisager que de vagues projets, s’est dissipé devant des discussions analytiques et précises.

Les chefs d’Etats et de gouvernement présents ont admis qu'avec les besoins croissants en énergie et les nombreuses nouvelles centrales nucléaires, la menace a augmenté, constate Doris Leuthard.

Un premier pas

La sécurité du matériel nucléaire civil doit être améliorée, par exemple dans les centrales nucléaires ou les hôpitaux, afin qu’il ne tombe pas en de mauvaises mains. «Ce sommet est un premier pas, le chemin est encore long», juge la ministre.

«C’est un élément clé: nous ne pouvons pas nous limiter à des déclarations. Si nous voulons accroître la sécurité, nous devons mettre en place des mesures.»

Avant son retour en Suisse, Doris Leuthard a également rappelé la proposition du Président français Sarkozy, qui souhaite un tribunal qui puisse sanctionner les Etats coupables de livrer du matériel nucléaire à des groupements non-étatiques comme Al-Qaïda. Une idée appuyée par les Pays-Bas et l’Allemagne.

La dimension militaire fait encore planer une trop grande menace, juge en outre la ministre suisse. Là aussi, le risque qu’une arme atomique soit employée à des fins terroristes doit être réduit. Cette position est aussi celle de pays comme la Norvège, la Suède et l’Australie.

Selon Doris Leuthard, la signature de l'accord de désarmement START entre les Etats-Unis et la Russie est du reste un bon signe que le désarmement est pris au sérieux. Un autre jalon à cet égard est attendu pour mai à New York avec la conférence d’examen sur le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Un bon élève

Devant la presse, la Présidente de la Confédération a aussi fait observer que de nombreuses réglementations internationales sur le nucléaire existent déjà, mais que beaucoup n'ont pas été ratifiées par de nombreux Etats. «La Suisse se tient bien à cet égard. Nous avons ratifié tous les accord nucléaires pertinents.»

Comme d’autres, les Etats-Unis ne sont pas encore de bons élèves, ce que ne conteste pas Barack Obama. Ils n’ont pas ratifié jusqu’ici la convention onusienne sur la protection contre le terrorisme nucléaire. Mais de source proche du gouvernement, le sénat s’en saisira bientôt.

Rita Emch, Washington, swissinfo.ch
(Traduction de l’allemand: Pierre-François Besson)

Premier pas concret

Uranium. En marge du sommet, Américains et Russes ont signé un accord de réduction de leurs stocks de plutonium. Selon les experts, la planète abrite quelque 1600 tonnes de combustible hautement enrichi et 600 tonnes de plutonium de qualité militaire.

Tonnes. En vertu de leur accord, les deux pays se débarrasseront de 34 tonnes de plutonium chacun d’ici 2018.

Promesse. L'Ukraine, le Chili, le Canada et le Mexique se sont, eux, engagés à Washington à se débarrasser de leur uranium hautement enrichi.

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En marge

La Présidente de la Confédération a décrit comme amicale sa courte rencontre avec le Président américain lundi soir. Doris Leuthard a rappelé les bonnes relations de fonds ainsi que les bonnes bases de la collaboration de la Suisse avec les USA.

De l’avis de la ministre, la Suisse a été invitée par Barack Obama en raison d'une certaine renommée et son apport de crédibilité dans les négociations du genre de celles du sommet de Washington. De plus, Genève est aussi l’hôte des pourparlers sur le désarmement.

Autre raison invoquée par Doris Leuthard: la Suisse représente les intérêts américains en Iran, un pays qui entretient un programme nucléaire contesté.

En marge du sommet, la ministre a évoqué avec ses partenaires les visites en suspens en Allemagne, France et Italie. Elle s’est aussi entretenue avec les Russe Dmitri Medvedev, Ukrainien Victor Ianoukovitch et Géorgien Saakashvili.

Sur la question du nucléaire iranien, thème non-officiel du sommet, Doris Leuthard a indiqué que la Suisse se place en modérateur et souhaite que soient explorées toutes les voies diplomatiques afin d’éviter autant que possible des sanctions et une escalade du conflit.

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