Tedros, un diplomate africain à la tête de l’OMS

L'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus a été élu mardi à la tête de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Keystone


L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a élu mardi son nouveau directeur général pour un mandat de 5 ans. L'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus est le premier Africain à prendre la tête de cette importante agence de l'ONU basée à Genève. Ce mercredi, il a rappelé sa grande priorité dès sa prise de fonction le 1er juillet prochain: la mise en place d’une couverture santé pour tous.

Ce contenu a été publié le 24 mai 2017 - 15:00
Frédéric Burnand avec les agences et la RTS

«Appelez-moi Tedros», lance, magnanime, le nouveau patron de la santé mondiale qui dit vouloir «servir les Etats-membres de l'OMS», une agence qui emploie quelque 8000 personnes dans le monde pour coordonner les réponses aux pandémies et fixer des normes pour les systèmes de santé de tous les pays.

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Alors que l’OMS avait été fortement critiquée pour sa gestion en 2009 de la grippe aviaire et dès décembre 2013 de la pandémie Ebola, le nouveau directeur général estime que l’agence onusienne a déjà amélioré sa réactivité face aux récentes urgences sanitaires. La réforme opérationnelle menée par la sortante Margaret Chan «est un très bon début», a estimé M. Tedros, un effort qu’il veut poursuivre: «Les prochaines épidémies devront être gérées dès que possible.» Et Tedros Adhanom Ghebreyesus de citer en exemple la réponse rapide de l’OMS à la résurgence du virus Ebola récemment en République démocratique du Congo (RDC).

Plus largement, M. Tedros assure vouloir poursuivre la réforme de l’agence avec comme objectif principal l’instauration d’une couverture santé universelle.

Coupes budgétaires

Encore faut-il en avoir les moyens. Dévoilé mardi, le projet de budget de l’administration Trump prévoit notamment des coupes de 17% dans le financement des Etats-Unis au Fonds mondial contre plusieurs maladies non transmissibles, sans compter d'autres réductions dans le domaine de la santé.

En guise de réponse, l’ancien ministre des Affaires étrangères d’Ethiopie plaide pour «une sortie graduelle si elle est décidée. Mettre un terme comme cela à l'assistance américaine doit être planifié pour éviter des conséquences brutales», tout en espérant que le Congrès des Etats-Unis infléchira ce projet de budget, le parlement ayant le dernier mot en la matière.


De fait, les Etats-Unis sont avec la Grande-Bretagne les principaux Etats contributeurs au budget de près de 4,4 milliards de dollars de l'OMS. M. Tedros a répété qu'il souhaite élargir le nombre de donateurs et dialoguer avec les bailleurs de fonds.

Car selon le nouveau patron de l’OMS, le coût des médicaments et l'accès aux diagnostics et aux soins de qualité devront être améliorés. Pour ce faire, M. Tedros en appelle à l'industrie pharmaceutique, «mais pas seulement. La collaboration devra être plus large.»

De son côté, le ministre suisse en charge de la santé publique a salué l’engagement du nouveau directeur général à «servir la santé globale». Selon Alain Berset, la Suisse attend de M. Tedros qu'il rende l'OMS encore plus efficace «face aux urgences humanitaires et sanitaires».

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