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Alexis Tsipras triomphe La Grèce a dit «maintenant, ça suffit»



Après son succès historique, Alexis Tsipras devrait devenir le premier dirigeant à rejeter la cure d'austérité depuis le début de la crise grecque.

Après son succès historique, Alexis Tsipras devrait devenir le premier dirigeant à rejeter la cure d'austérité depuis le début de la crise grecque.

(Keystone)

La victoire de la gauche radicale aux législatives grecques est un signal clair invitant Bruxelles à «redéfinir les priorités» en changeant de rythme dans les politiques d'austérité. La presse suisse, surtout germanophone, pointe le doigt sur les racines du mal, qui plongent avant tout dans le surdimensionnement du secteur public hellénique.

Avec le vote le dimanche, les Grecs ont présenté «la facture» à la Troika (UE, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) qui a tenté d'appliquer ses recettes «sans dialogue, sans autocritique, de manière autoritaire et en usant du droit du plus fort», commente l'«Aargauer Zeitung». Et elle s’est vu répondre: «Maintenant, ça suffit!» En votant en masse pour Syriza (qui a finalement gagné 149 sièges sur 300 au Parlement), les citoyens grecs ont dit «à Bruxelles, Francfort, Washington et surtout Berlin» que les temps où Athènes se bornait à recevoir des ordres appartiennent au passé, continue le quotidien argovien.

Un nouveau gouvernement annoncé pour mardi

Vainqueur des élections législatives dimanche en Grèce, le parti Syriza a obtenu 36,3% des voix et 149 députés, manquant la majorité absolue de deux sièges seulement.

Après avoir prêté serment lundi, son chef de file Alexis Tsipras devrait dévoiler la liste de son gouvernement mardi.

Syriza gouvernera dans le cadre d'une coalition avec la formation de droite des Grecs indépendants, qui ont fait élire 13 députés.

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«Le besoin d’être entendu»

«Jusqu’à la dernière minute, Alexis Tsirpas a cultivé son image de rebelle. Mais beaucoup de ses compatriotes savaient, bien avant de se rendre aux urnes, qu’il ferait une pirouette», c’est-à-dire qu’il reviendrait sur les anciennes promesses de quitter la zone euro. «Le Tages-Anzeiger/Der Bund» relève que si «le sauvetage à 240 milliards de la Grèce ne s’est pas transformé en histoire à succès, c’est parce que les bons conseils de l’extérieur sont inutiles si les réformes exigées en retour sont aux mains des responsables du marasme. Si les nouveaux visages de la gauche inexpérimentée veulent répondre aux attentes de leurs électeurs, ce ne sera qu’en rompant avec l’ancien Etat clientéliste. C’est la seule solution pour donner le jour à une Grèce nouvelle.»

«Le Temps» estime que la campagne de Syriza a joué avec succès sur «le besoin d’être entendu, sur la volonté de rupture et sur la nécessité, pour Bruxelles et Berlin, d’être davantage à l’écoute des peuples». «Cet historique tournant grec témoigne de la volonté d’une population broyée par la crise de se réapproprier son destin. Il intervient ensuite à un moment où le besoin d’oxygène économico-social se fait sentir partout sur le continent, y compris en Allemagne. Il est, enfin, le résultat d’élections démocratiques qui, tout en portant l’alternance au pouvoir, ne peuvent pas défaire par un scrutin les obligations communautaires existantes. Les Grecs ont voté. La Grèce dissidente de Syriza doit maintenant dire ce qu’elle veut.»

Le revers de l’espoir

«Si les espoirs d’un vrai changement sont grands en Grèce, c’est là aussi que Tsipras a le plus à perdre», avertit «La Liberté». «La gauche radicale a une occasion, historique, d’imposer des lois permettant à la démocratie grecque de renouer avec les standards du nord de l’UE, notamment en matière de justice fiscale ou de solidarité entre les classes sociales. Mais, pour le quotidien fribourgeois, la question reste ouverte: ce scrutin a-t-il rapproché tous les Grecs, ou renforcé les craintes des nantis, de cette fameuse ‘oligarchie’ prête à voguer vers d’autres horizons pour préserver ses privilèges?»

grèce

Au bord de l’abîme, la Grèce doit encore se serrer la ceinture. Balade dans les rues d’Athènes. De nombreux magasins ont fermé, les gens sont ...

«Allô Athènes, Bruxelles est à l’écoute», avec ce titre, la «Tribune de Genève/24 Heures» est dans la même ligne. «Dans un ensemble en déficit de démocratie, l’Union européenne, Banque centrale incluse, entend le grondement des urnes, qui plus est d’un pays qui fut l’un des dix premiers membres. D’Athènes qui étouffe, Bruxelles reçoit peut-être de l’oxygène!»

Le quotidien romand revient sur le «quadra grec» qui, il y a encore deux ans, était prêt à «claquer la porte si fort en partant qu’il pouvait fissurer tout l’édifice» européen. «C’est un autre homme qui a pris les rênes de la politique grecque: il a réussi à faire avancer, pas à pas, la mouvance rouge-vert tout en donnant aux idéaux les caractéristiques d’un programme de gouvernement. Les Grecs l’ont entendu. Il n’est plus question de mettre fin à la politique d’austérité, mais de l’assouplir comme on le fait d’un cordon qui vous étrangle.»

La Grèce «à l'agonie»

La «Neue Zürcher Zeitung» pointe le doigt avec sévérité sur «l’échec de la campagne de peur du gouvernement» sortant ainsi que «le résultat de décennies de mauvaise gestion». Et d’émettre ce doute: «Le pays ne peut être assaini sans une cure d’amaigrissement de son secteur public. Or la gauche est enracinée dans la foi en l’Etat.»

Abordant la dimensions européenne de ce triomphe électoral, le quotidien de la droite alémanique relève que «Tsirpas ne veut pas seulement sauver la Grèce, mais tout le continent. Le vainqueur a beaucoup promis à sa population envers et contre la montagne de dettes.» Face aux grandes attentes, «il est douteux que les recettes du nouveau parti apportent un soulagement». Et la NZZ de craindre que la Grèce «ne tombe dans une misère encore plus grande.»

La «Basler Zeitung» accuse pour sa part Alexis Tripras d’avoir fait miroiter la «fata morgana», le mirage du retour à l’opulence et à la fierté perdue depuis l'Antiquité alors que la Grèce est «à l'agonie». Tsipras ne serait «qu’un écran charismatique de la nostalgie qui a su souffler sur la braise du potentiel de naïveté hellénique»: «La Grèce a voté pour la nostalgie ce week-end, pour que tout redevienne comme avant la crise…» Et de comparer le pays à un bateau s’enfonçant lentement dans les flots, pendant que les Grecs continuent aveuglément de ramer, et ramer encore, sans avoir encore réalisé qu’ils doivent laisser couler une partie d’eux-mêmes pour voir la magie devenir réalité.»

swissinfo.ch

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