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La Suisse s'engage pour une aide supplémentaire au Yémen

Des Yéménites remplissent des jerrycans avec de l'eau potable provenant d'une conduite d'eau mise en place par des humanitaires dans la capitale Sana'a. Des millions d'autres Yéménites n'ont pas accès à l'eau potable. Keystone

Organisée par l’ONU, la Suisse et la Suède, une conférence des donateurs pour le Yémen s’est tenue mardi à Genève. La Suisse a promis un montant supplémentaire de 4 millions de francs (4,2 millions de dollars) pour l'aide humanitaire. Les États ont promis plus de 2 milliards de dollars pour secourir un pays frappé par «la pire crise humanitaire au monde», selon le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Ce contenu a été publié le 05 avril 2018 - 08:00

«Il est temps de renouveler notre solidarité avec le peuple yéménite et de mettre fin à cette catastrophe humaine», a déclaréLien externe le vice-président suisse Ueli Maurer aux diplomates et aux responsables de l'aide humanitaire réunis à Genève.

La contributionLien externe globale de la Suisse au Yémen pour 2017-2020, annoncée lors de la conférence des donateurs de l'année dernière, s'élèvera à 45 millions de francs, dont 13 millions iront au Plan d'action humanitaire 2018 de l'ONU pour le Yémen.

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Pour son appel de fonds, l'ONU dit avoir besoinLien externe de 2,96 milliards de dollars pour faire face à la «pire crise humanitaire au monde», afin de soulager les souffrances du peuple yéménite, dont 22 millions – les trois quarts de la population – ont besoin d'aide humanitaire et de protection.

Mardi après-midi, plus des deux tiers du budget du plan d'intervention de l'ONU avaient été couverts par des promesses d'État, dont celles de 930 millions de dollars de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. L'Union européenne a déclaré qu'elle donnerait 100 millions d'euros supplémentaires et les États-Unis ont promis 87 millions de dollars. Une quarantaine de pays prévoient de contribuer à l'appel de l'ONU – un doublement des engagements financiers internationaux en faveur du Yémen de 2017 à 2018.

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Un pays écrasé par la guerre

La guerre au YémenLien externe oppose principalement une coalition militaire menée par Ryad et des rebelles Houthi qui ont les faveurs de l’Iran. Entré dans sa quatrième annéeLien externe, le conflit armé a déjà fait plus de 10’000 morts, déplacé plus de 2 millions de personnes et poussé le pays le plus pauvre de la péninsule arabique au bord de la famine.

La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, qui comprend également d'autres États musulmans sunnites, a mené des milliers de frappes aériennes visant principalement des combattants chiites Houthi. Ces frappes ont souvent touché des zones civiles, bien que la coalition nie les cibler délibérément. Les Houthis ont à leur tour lancé des roquettes sur le territoire saoudien. Lorsque les Houthis ont tiré des missiles à Riyad en novembre dernier, la coalition a réagi en fermant les aéroports et les ports du Yémen. L'ONU a déclaré que le blocus augmentait le risque de famine massive et depuis lors, il a été partiellement levé.

Alexandre Faite, chef sortant de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICRLien externe) pour le Yémen, a déclaré que les effets directs de la guerre étaient déjà «assez mauvais», avant de souligner que les effets indirects du conflit sur la vie quotidienne étaient peut-être pires: «Moins de 10% de la population a accès à l'électricité, ce qui en dit long. Il en va de même pour l'eau. En raison des effets indirects, le pays s'effondre de plus en plus, et lorsque les effets touchent les fondations et la structure du pays, c'est vraiment inquiétant», a-t-il déclaré à swissinfo.ch.

Pour une résolution politique du conflit

Ueli Maurer, qui est vice-président et ministre des Finances de la Suisse, a déclaré que l'argent était «crucial, mais pas suffisant» pour résoudre la situation alarmante au Yémen.

«Nous devons profiter de l'événement d'aujourd'hui pour lancer un nouvel appel à la résolution politique du conflit, a déclaré le Suisse aux diplomates. Nous appelons à la cessation des hostilités. Mon pays reste prêt à appuyer le processus politique et invite toutes les parties à s'asseoir à la table des négociations sans conditions préalables pour rechercher une solution commune au conflit qui touche le Yémen.»

Des pourparlers de paix entre les parties belligérantes se sont déroulés en Suisse en 2015, suivis d'un cycle de négociations au Koweït en 2016.

Mardi, le Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a exhorté toutes les parties à s'engager avec son nouvel envoyé spécial pour le Yémen. Martin GriffithsLien externe se rendra aux Émirats arabes unis, à Oman et dans la ville d'Aden, tenue par le gouvernement yéménite. Selon António Guterres, il y a des «perspectives positives» sur un plan d'action pour un «dialogue inter-yéménite efficace capable de parvenir à une solution politique» qui impliquerait toutes les parties «pertinentes dans ce conflit».

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