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Deux initiatives populaires balayées Pas le bon moment, pas les bonnes idées, juge la presse suisse



L’argument du porte-monnaie – et notamment le spectre d’une augmentation massive du prix de l’essence – a pesé lourd sur le proposition de taxe énergétique des Verts libéraux.

L’argument du porte-monnaie – et notamment le spectre d’une augmentation massive du prix de l’essence – a pesé lourd sur le proposition de taxe énergétique des Verts libéraux.

(Keystone)

La presse suisse commente la double débâcle dans les urnes de la taxe sur l’énergie des Verts libéraux et de la fiscalité familiale des Démocrates-chrétiens. Les deux propositions - fortement teintées d’électoralisme – n’avaient aucune chance en ces temps de crise, de franc fort et d’austérité.

«Il était clair qu’avec leur initiative visant à remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie, les Verts libéraux allaient au-devant d’une défaite grandiose et historique», écrit le ‘Bund’. Avec «les perspectives sombres du ménage fédéral et l’abolition du taux plancher face à l’euro, on comprend que de nombreux votants n’ont pas voulu prendre le risque d’éliminer la principale source de revenus de la Confédération», note encore le quotidien bernois.

Plus radicale, la ‘Neue Luzerner Zeitung’ qualifie la proposition de remplacer des recettes fiscales vitales par une taxe d’incitation d’«idée de comptoir». Les nombreux adversaires politiques et économiques des Verts libéraux ont ainsi pu «la démolir avec délectation. Et le parti en a reçu la quittance dans les urnes».

«Quand planent les incertitudes économiques et que tombent les coupes dans les budgets publics, quand la force du franc affaiblit les entreprises exportatrices, le peuple n’est guère enclin aux paris sur l’inconnu», confirme ‘La Liberté’.

Mauvais timing

S’agissant de l’initiative démocrate-chrétienne sur la défiscalisation des allocations familiales, le quotidien fribourgeois relève que «le vif débat autour de ses vrais bénéficiaires – les riches ou les pauvres? – et les craintes liées au trou creusé dans les caisses publiques ont refroidi les ardeurs».

Sur le même ton, le ‘Tages-Anzeiger’ note qu’à l’heure où Confédération et cantons annoncent l’austérité, où les conséquences de la force du franc sur l’économie ne sont pas encore totalement mesurables, la proposition du PDC aurait creusé un trou de plus dans la bourse fédérale. Pour le quotidien zurichois, il est clair que «la situation économique difficile a pesé pour beaucoup dans le refus de l’initiative».

«Le timing ne pouvait pas être plus mauvais», renchérit la ‘Neue Luzerner Zeitung’, invoquant les même explications. Pour le quotidien de Suisse centrale, le verdict n’est «rien moins que logique».

Une initiative pour faire parler de soi

«La principale leçon de cette votation est un avertissement adressé par l’électorat à ceux qui lancent des initiatives populaires», estime quant à lui ‘Le Temps’.

Selon le quotidien romand, et «qu’on le veuille ou non, les partis des pôles ou les groupes d’intérêts mal représentés au parlement ont davantage de chances de déclencher une vraie discussion par le biais d’une initiative. L’UDC l’a bien compris».

Seulement voilà, «la multiplication des initiatives ainsi que l’augmentation des succès en votation ont donné des ailes à ceux qui recouraient peu à ce stratagème politique». Pourtant, les partis du centre «ont de la peine à apprivoiser cet instrument», constate ‘Le Temps’.

«Il y avait peu de vraies raisons de lancer ces initiatives», renchérissent l’‘Aargauer Zeitung’ et une demi-douzaine de quotidiens alémaniques avec elle. Emboîtant le pas à l’UDC, chaque parti croit devoir attirer l’attention avec une initiative en année électorale. Et de rappeler cette déclaration «carrément historique» du président du PDC Christophe Darbellay, qui en janvier 2011 annonçait le lancement prochain d’une initiative, sans même savoir sur quoi elle porterait…

«Quatre mois plus tard, le parti récoltait ses premières signatures, et un autre mois plus tard, les Verts libéraux partaient au combat avec leur initiative énergétique, une proposition qui elle aussi n’était qu’un simple véhicule électoral», rappelle l’éditorialiste.

Défaite amère

«Cette défaite en année électorale est amère pour le PDC, relève le ‘Tages-Anzeiger’. Le parti doit prendre conscience que le soutien à la famille ne constitue pas à lui seul un programme mobilisateur». En outre, les initiatives ne conviennent pas aux partis du centre. «D’eux, le peuple attend un travail constructif au gouvernement et au parlement, et non une pêche aux voix avec des propositions populistes».

Quant aux Verts libéraux, «leur déconfiture est d’autant plus cinglante qu’elle provoque l’hilarité d’une majorité politique», relève sans complaisance le quotidien vaudois ‘24 heures’. «Le jeune parti qui a cassé la baraque sur la scène fédérale en 2011 voulait aborder les sujets d’une manière fraîche et décomplexée. Ces ambitions se voient infliger une méchante douche à quelques mois de la prochaine échéance électorale».

Trop d’initiatives

«Si la campagne n’avait pas coûté plusieurs millions de francs à la Chancellerie fédérale, on aurait pu parler d’un gag», note crûment ‘Le Matin’. «La multiplication des initiatives alimente aussi une forme de lassitude. Que dire des initiatives «marketing», ou de celles perdues d’avance, comme le projet des Verts libéraux ce dimanche? Fallait-il vraiment voter?»

Pour le tabloïd romand, «la réponse est oui, sans hésiter. Laisser s’exprimer dans les urnes des idées, fussent-elles ultra minoritaires, est aussi un gage de crédibilité de notre système politique. La facture peut paraître élevée, mais la démocratie directe n’a pas de prix».

Coup de frein pour la politique énergétique

En attendant, c’est la politique énergétique voulue par le gouvernement dans la foulée de Fukushima et de l’abandon du nucléaire qui va payer le prix de ce dimanche de votation.

Si «l’amélioration de la politique familiale survivra sans doute à l’échec de l’initiative du PDC, il est à craindre que la raclée infligée au texte maladroit des Verts libéraux complique la nouvelle stratégie énergétique, pourtant rendue nécessaire par la constatation que l’on devra forcément tourner le dos au nucléaire un jour» avertit ‘Le Temps’.

Inquiétude partagée par ‘24 heures’, pour qui «une hausse des taxes sur les énergies, forcément impopulaire, n’avait pas besoin d’un tel signal».

On sait que le Conseil fédéral a fait de la fiscalité écologique un des volets de sa Stratégie énergétique 2050. Et s’il veut arriver à la mettre en pratique, il devra, comme l’écrit le ‘Bund’, «mener un gros travail de persuasion, ou alors rendre le système si inoffensif qu’il ne fasse de mal à personne».

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