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L’espace aérien revit malgré un nouveau nuage



Slim Kallas, le commissaire européen en charge des Transports, au front depuis jeudi dernier.

Slim Kallas, le commissaire européen en charge des Transports, au front depuis jeudi dernier.

(Keystone)

Désireux de sortir de la paralysie, les Européens ont assoupli les restrictions de vol. Mais le retour à la normale n’est pas assuré tant que le volcan continuera de cracher des cendres.

« Nous avons peut-être été un peu trop conservateurs… » Aveu d’un expert européen, entendu à la fin de la cinquième journée de quasi-paralysie du ciel européen. Aveu qui explique aussi le brusque changement de méthodologie adopté par les Vingt-Sept, et par la Suisse, pour amorcer un retour progressif à la normale du trafic aérien. Mais c’était compter sans un nouveau nuage qui est venu assombrir ces perspectives optimistes.

Car la pression devenait énorme. Entre les compagnies aériennes qui chiffraient les pertes pour le secteur à quelques 260 millions de CHF par jour, les millions de voyageurs coincés dans les aéroports de Los Angeles à Hong-Kong en passant par Marrakech, et les entreprises qui voyaient leurs activités mises en péril, il devenait urgent de changer de méthode. Sans pour autant perdre de vue l’objectif de sécurité.

Moritz Leuenberger en train

Après une période où les gouvernements semblaient tétanisés par le nuage de cendres venu d’Islande, la journée de lundi a été marquée par deux événements. D’abord, une réunion sous l’égide d’Eurocontrol des représentants de ses 38 Etats-membres, Suisse incluse, au niveau des autorités aériennes nationales, des représentants des compagnies aérienne, etc.

Hasard du calendrier, Moritz Leuenberger était à Bruxelles lundi. Cette visite, programmée de longue date pour rencontrer plusieurs commissaires ainsi que divers ministres belges –la Belgique assurera la prochaine présidence tournante de l’UE, au deuxième semestre 2010- était importante : le conseiller fédéral avait donc pris le train.

Il aura été l’un des premiers à informer la presse sur les mesures que les Vingt-Sept s’apprêtaient à prendre. Le conseiller fédéral a indiqué que la proposition américaine de laisser la responsabilité de vols aux seules compagnies aérienne a été rejetée à l’unanimité par les Européens. Il a également rejeté toute aide à Swiss. « Swiss appartient à Lufthansa. Si elle veux payer pour Swiss, elle est la bienvenue. »

Une nouvelle méthode

En quelques heures, les experts ont dégagé une nouvelle méthode pour aborder le problème. Les ministres des transports de l’Union Européenne, réunis par vidéoconférence en fin de journée, ont entériné le plan.

Jusqu’à lors, les aéroports fermaient au gré du déplacement de l’entièreté du nuage de cendres venus d’Islande. Un nuage qui couvre la moitié environ du continent Désormais, au lieu d’aborder le nuage dans son ensemble, le ciel européen est divisé en trois zones : l’une, à forte densité de particules, est zone interdite car dangereuse. Elle devrait s’étendre sur un sixième du ciel européen. L’autre, sans particules, est totalement ouverte.

Entre les deux, Eurocontrol délimite une zone où les particules sont présentes, mais moins denses. A l’aide d’observation satellites et d’envois d’avions test, chaque Etat membre sera souverain pour autoriser ou non les vols, mais, c’est promis, en concertation avec ses voisins.

« C’est comme ça qu’on fait en Asie, où l’on a l’habitude des volcans. Nous avons peut-être été un peu trop conservateurs, par manque d’expérience, reconnaît notre expert communautaire.

Ciel fragmenté tel un patchwork

Cette méthode devait favoriser un retour progressif à un trafic habituel. Si lundi, celui-ci se limitait à 30% d’un jour normal de semaine, l’augmentation devait être de 15% mardi, un peu plus mercredi, pour arriver à la normal jeudi. En tous cas, « si le volcan islandais, Eyjafjöll ne rejette pas de nouvelles cendres dans l’atmosphère et si la météo reste ce qu’elle est », explique Luc Tytgat, spécialiste à la Commission Euroépenne.

Dès lundi soir, plusieurs aéroports du nord de l’Europe ont rouvert. Mais le vent d’ordre et d’optimisme n’aura soufflé qu’une nuit. Mardi matin, le ciel restait fragmenté tel un patchwork.

En Suisse, l’Office Fédérale de l’Aviation Civile avait décidé lundi soir de rouvrir l’espace aérien après avoir envoyé quatre vols tests. Le trafic a progressivement repris mardi matin, sous la conduite de Skyguide. « Il faudra compter plusieurs jours avant que la situation soit normalisée » déclare Marc Rauch, porte-parole de l'aéroport de Zurich.

Les aéroports autour de Paris ont suivi le même chemin. En revanche, plusieurs pays comme l’Irlande, le Royaume-Uni, et la Pologne ont repoussé la réouverture en raison de nouvelles inquiétudes sur l’intensité du nuage de cendres. La Norvège a fermé de nouveau une partie de son espace aérien dans le sud-ouest du pays. La volonté de coordination affichée lundi soir par les Européen a fait long feu mardi matin.

Alain Franco à Bruxelles, swissinfo.ch

Pourquoi les avions ne peuvent voler

Les poussières volcaniques peuvent causer des dommages aux moteurs et au fuselage des avions. Les réacteurs risquent d’être bloqués par des dépôts solides qui se forment en fondant sous la chaleur intense.

Elles ont un effet abrasif sur les métaux.

Les hautes températures font fondre les particules qui finissent par se solidifier en cristaux, lesquels bouchent la sortie de l’air, ce qui fait caler le moteur.

Plusieurs avions de chasse F-16 de l'OTAN auraient été endommagés en volant à travers le nuage, a-t-on appris lundi de source diplomatique occidentale.

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