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Les Suisses, un peuple uni dans l'optimisme

Davantage de police dans les rues: les Suisses n'auraient rien contre.

(Keystone)

Les Suisses se sentent en sécurité et voient l'avenir avec optimisme. C'est ce qui ressort de la dernière étude annuelle sur la sécurité de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

La population fait particulièrement confiance aux autorités en général et à l'économie, mais la cote de l'armée est à la baisse.

«Il est normal de voir l'optimisme à la hausse dans les années où l'économie tourne bien», explique à swissinfo le professeur Karl Haltiner, de l'Académie militaire et Centre de recherche sur la politique de sécurité de l'EPFZ, qui réalise chaque année ce sondage.

«En général, l'optimisme et le sentiment de sécurité vont de pair, poursuit le chercheur. Et cette année, les deux indices sont à la hausse».

En 2007, les Suisses sont 79% à penser que l'avenir sera meilleur que le présent. C'est 9% de plus qu'en 2006. Et cet optimisme se reflète dans la confiance accrue accordée au Gouvernement, au Parlement et, en particulier, à l'économie.

Une confiance qui ne surprend pas Karl Haltiner, malgré les tiraillements de plus en plus fréquents qui se font jour à la tête de l'Etat.

«C'est toujours la même chose, souligne le professeur. Lorsque les choses vont bien, en particulier dans le domaine économique, les gens font confiance à leur gouvernement, parce qu'ils croient qu'il est responsable du climat général».

Pas peur du terrorisme

De manière générale, seuls 12% des sondés se sentent personnellement menacés depuis les attentats de 2001. Un chiffre nettement en-dessous de la moyenne européenne, et qui marque un recul de 2% par rapport au sondage de l'an dernier.

Dans le même temps, 48% des Tessinois et des Romands et 40% des Alémaniques perçoivent globalement le terrorisme comme un danger.

Les Suisses pensent-ils que leur neutralité les protège d'une attaque ? Karl Haltiner ne le pense pas. Et il attribue plutôt cette sérénité au fait que la Suisse n'a pas subi d'attentat, contrairement à l'Espagne ou à l'Angleterre, pays où la peur est nettement plus présente.

D'accord pour renforcer la sécurité

S'agissant de mesures pour combattre le terrorisme, près de 80% des sondés approuvent des mesures comme les contrôles supplémentaires des bagages dans les aéroports, le contrôle du nombre des étrangers, la présence accrue de la police et la collecte de données concernant des personnes suspectes.

Les Suisses sont un peu plus sceptiques quant à l'assouplissement du secret bancaire à des fins d'investigation (64%) et la surveillance vidéo des lieux publics (62%). Et seule une courte majorité est d'accord avec l'arrestation préventive de personnes suspectes (52%) et la saisie de données biométriques (54%).

En revanche, la majorité ne veut pas de renforcement de la surveillance des communications téléphoniques, ni de contrôles pour entrer dans les bâtiments publics.

L'armée n'a plus la cote

Autre enseignement de ce sondage: la cote de l'armée est en baisse. Les Suisses sont 61% à la juger nécessaire, contre 73% en 2006.

Explications possibles de ce recul: les remous autour de la réforme Armée XXI, la légère baisse de la perception de la menace terroriste et l'optimisme général. Sans oublier le scepticisme croissant envers les engagements militaires à l'étranger (-5 % à 78 %).

Par contre, la participation de l'armée pour soutenir la police lors de l'Euro 2008 de football est plébiscitée par 81% des sondés.

Le nombre des partisans d'une armée de métier (47%) est supérieur à celui des personnes favorables à la milice (44%). Le soutien à la suppression de l'obligation générale de servir a augmenté de 7%, à 48%. Et le choix entre service militaire et service civil continue de réunir un large consensus (86%).

swissinfo et les agences

En bref

Présenté vendredi par le professeur Karl Haltiner, le rapport «Sécurité 2007» est publié par l'Académie militaire et Centre de recherche sur la politique de sécurité de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ)

Entre le 15 janvier et le 10 février, les chercheurs ont interrogé un échantillon représentatif de 1200 personnes de toute la Suisse.

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