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Sondage SSR Le Managed Care dans le coma

Outre les coûts, le libre choix du médecin est un autre grand enjeu du Managed Care.

Outre les coûts, le libre choix du médecin est un autre grand enjeu du Managed Care.

(Keystone)

Le projet du Parlement de généraliser les réseaux de soins intégrés semble condamné. Selon le premier sondage du diffuseur national SSR sur les votations du 17 juin, les «non» l’emportent sur les «oui» et l’indécision règne en maître.

Les réseaux de soins (ou Managed Care) sont constitués de médecins qui concluent entre eux un contrat de collaboration pour fournir des traitements coordonnés aux patients tout au long du parcours thérapeutique. Ce système est supposé pouvoir contribuer à enrayer l’explosion des coûts de la santé.

Adoptée par la majorité du Parlement au terme d’années de vifs débats, la révision qui ancre ces réseaux dans la Loi fédérale sur l’assurance maladie (LAMal) risque pourtant bien un refus populaire. Dans le sondage réalisé par l’institut gfs.bern et publié le 11 mai, les partisans du projet représentent 33% des sondés et les opposants 44%.

A la lumière des chiffres, la situation pourrait encore se renverser, car les personnes qui n’ont pas encore d’opinion sur la question représentent 23%. Or c’est justement cette part d’indécis qui constitue l’élément le plus spectaculaire. Et si, parmi les partisans et les opposants, on ne prend en compte que ceux qui sont absolument sûr de la manière dont ils voteront le 17 juin, les indécis forment alors même une majorité de 66%.

Si, théoriquement, une inversion de tendance serait encore possible, en analysant la situation dans le détail, le responsable de l’institut gfs.bern, Claude Longchamp, estime qu’un tel scénario est peu probable. Il relève notamment que le sondage a été effectué avant l’assemblée des délégués de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) du 5 mai, qui s’est prononcée contre le projet de soins intégrés.

Une coalition qui se désintègre

Par conséquent, pour le projet Managed Care, «la situation est devenue encore plus critique», observe Claude Longchamp. En effet, au Parlement, l’UDC, qui est le plus grand parti du pays, avait soutenu la révision. Mais avec le refus de ses délégués, l’alliance qui a conduit à une solution de compromis sur les réseaux de soins intégrés «s’est désintégrée», explique le politologue.

Le sondage montre également qu’au sein de tous les partis, il n’existe pas de majorité se déclarant résolument en faveur du projet. Même pas dans les rangs du Parti démocrate-chrétien (PDC / centre-droit) et du Parti libéral-radical (PLR / droite) qui soutiennent fermement la révision.

Pour l’heure, c’est donc l’indécision qui prime parmi les électeurs de toutes les formations politiques. Et parmi ceux qui se disent déjà certains de la manière dont ils voteront, c’est le «non» qui l’emporte. En tenant compte de ceux dont le choix n’est pas encore ferme, c’est seulement parmi l’électorat du PLR que le «oui» l’emporte. Et encore d’une très courte tête avec 43% de «oui», 42% de «non» et 15% de «sans opinion».

A signaler encore que plusieurs députés ont rejoint des comités de campagne sur le vote du 17 juin avec des positions contraires à celles de leur parti.

Au final, toute cette confusion devrait amener de l’eau au moulin des opposants à la révision de la LAMal. Se basant sur des années d’expérience dans les sondages et les analyses de vote, Claude Longchamp affirme que «d’habitude, ceux qui sont encore indécis au moment de voter ont tendance à glisser un ‘non’ dans l’urne». Le politologue ne donne donc pas beaucoup de chances au Managed Care. D’autant qu’aucun des arguments présentés par les opposants et les partisans du projet n’est jugé «vraiment convainquant» par les sondés.

Aucun suspense pour les deux autres

Les chercheurs de l’institut gfs.bern sont en revanche certains que le destin des deux initiatives populaires soumises au peuple le 17 juin est d’ores et déjà scellé. Ils prévoient un rejet dans les deux cas.

Les résultats sont pour le moment équilibrés par rapport à l’initiative qui demande que tous les traités internationaux soient obligatoirement soumis au peuple: 44% de «oui», 44% de «non» et seulement 12% de sans opinion. Mais la campagne des opposants n’a pas encore véritablement commencé et elle influera certainement de manière décisive contre l’initiative, soulignent les experts de l’institut de sondage.

De fait, seule l’UDC soutient cette initiative lancée par l’Action pour une Suisse indépendant et neutre (ASIN). Ce qui est insuffisant pour peser sur la campagne. Ceci surtout parce qu’il ne s’agit pas d’un vote «sur les étrangers, mais sur la politique étrangère», ce qui est très différent d’un point de vue émotionnel, explique Claude Longchamp. Le sondage montre encore que cette initiative ne profite pas du soutien de certaines franges de l’électoral du PLR et du PDC qui, par le passé et sur d’autres thèmes, avait permis à l’UDC de l’emporter en solitaire.

Le 3e objet, l’initiative «Accéder à la propriété grâce à l’épargne-logement» obtient même une majorité avec 47% de «oui», 38% de «non» et 15% d’indécis. Mais dans ce cas également, les chercheurs de l’institut prévoient un rejet dans les urnes. C’est en effet le schéma classique des initiatives populaires. Elles jouissent généralement d’un large soutien lors du lancement de la campagne, mais celui-ci fond comme neige au soleil à mesure que le vote approche.

Et surtout, rappelle Claude Longchamp, cette initiative ressemble comme deux gouttes d’eau à une autre qui avait été refusée par le peuple le 11 mars dernier. La grande différence est que si cette 2e initiative était acceptée, les cantons auraient l’obligation, et non plus seulement la possibilité, d’appliquer des allègements fiscaux sur les sommes épargnées en vue de l’achat d’un logement. Les cantons sont donc encore plus déterminés à la combatte. Par ailleurs, le PDC, qui avait soutenu la première initiative en mars, fait désormais partie des opposants.

Initiative populaire

L'initiative populaire permet à des citoyens de proposer une modification de la Constitution. Pour être valable, elle doit être signée par 100'000 ...

Le sondage

Pour son sondage, l’institut gfs.bern a interrogé entre le 30 avril et le 5 mai un échantillon représentatif de 1205 personnes réparties dans toutes les régions linguistiques.

Le sondage est effectué pour le compte de la société nationale de radio et de télévision, la SSR.

Pour des raisons liées à la protection des données, les autorités ne mettent plus à disposition des sondeurs les coordonnées des Suisses de l’étranger.

La marge d’erreur du sondage est de plus ou moins 2,9%.

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Faible mobilisation

Les trois thèmes soumis lors des votations du 17 juin ne semblent pas mobiliser les citoyens.

«Aucun de ces thèmes ne fait office de locomotive», souligne le responsable de l’institut gfs.bern, Claude Longchamp.

Seulement 36% des personnes interrogées déclarent être certaines de participer au scrutin. Il s’agit d’un niveau inférieur au taux de participation moyen enregistré ces dernières années lors du premier des deux sondages que l’institut effectue avant chaque scrutin fédéral.

D’habitude, au cours d’une campagne «d’intensité normale», on enregistre une augmentation de 5% par rapport au taux de participation prévu lors du 1er sondage. Mais cette fois, il ne semble pas y avoir un thème en mesure de donner une grande impulsion à la mobilisation de l’électorat, estime Claude Longchamp.

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(Traduction de l'italien: Olivier Pauchard), swissinfo.ch


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