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Suspense intact au terme du «Super Tuesday»

Hillary Clinton et Barack Obama font la une de la presse suisse ce jeudi.

(swissinfo.ch)

Si McCain est désormais le favori des républicains, chez les démocrates, tout reste ouvert entre Clinton et Obama. C'est la leçon que la presse suisse tire du dernier round en date des primaires américaines.

Après les années Bush, une majorité d'électeurs aspire au changement, incarné par le jeune sénateur noir de l'Illinois, qui se taille clairement la part du lion dans les colonnes des journaux.

«Les espoirs soulevés par cette joute politique sont sans précédent depuis des décennies, depuis qu'un certain John Kennedy donnait aux Américains la lune pour horizon» écrit Le Temps, pour qui les candidats, chacun à leur manière, «portent une part de l'espérance du changement que réclame le pays».

Un choix que le dessinateur Chapatte décrit comme «historique». En une du quotidien lémanique, il croque un reporter devant la Maison Blanche, qui annonce que l'Amérique élira «une femme, un noir ou un vieux».

Qu'il remporte l'investiture démocrate ou pas, Barack Obama «a déjà eu un impact profond sur la vie politique américaine», juge 24 heures. Le sénateur de l'Illinois a en effet «donné envie de voter à une nouvelle génération d'électeurs», des électeurs qui «partagent la même soif de changement, après sept années de George Bush à la Maison Blanche».

Jeune avant d'être noir

Pour L'Express de Neuchâtel, ce super mardi confirme la «solidité» de l'électorat de Barack Obama. Mais également «l'émergence d'une jeunesse passionnée par la politique» et «le sentiment de lassitude d'une partie croissante des Américains face à un establishment politique qui n'a pas su incarner le changement attendu».

«L'Amérique a déjà gagné son élection», clame La Liberté de Fribourg. Et ceci parce que Barack Obama est toujours dans la course, porté par «la génération X, une tranche de la population qui a dépassé les clivages raciaux du passé» et qui voit en lui, «non pas un leader noir, mais un leader jeune, qui sera le mieux à même de comprendre et de résoudre ses problèmes».

Le Bund salue quant à lui une campagne qui «joue les prolongations» et «montre que les modèles valables jusqu'ici n'ont plus cours». Ici aussi, le journal salue une élection capable de toucher «des catégories de population qui jusqu'ici ne s'intéressaient pas à la politique».

Selon le quotidien bernois, ce combat électoral témoigne de l'existence en Amérique d'une «démocratie vivante», qui devrait faire réfléchir en Europe les sceptiques et les ironiques.

Pas encore gagné

Même ton de louanges dans le Tages Anzeiger: «Après les années sombres de la présidence de Bush, la démocratie américaine est à la fête ces jours». Et le quotidien zurichois voit le combat Clinton – Obama se poursuivre jusqu'à la dernière minute.

«Les démocrates doivent compter avec le facteur McCain, car l'élection de novembre n'est encore de loin pas gagnée», avertit pour sa part le commentateur de la Berner Zeitung et de la Basler Zeitung

Le sénateur de l'Arizona en effet est un «poids lourd» de la politique, qui s'est assez souvent opposé à la politique de Bush pour ne pas être identifié avec ce dernier.

Et McCain «serait un adversaire désagréable pour Hillary Clinton, car il touche les électeurs au-delà du camp républicain», notent les deux quotidiens. Les démocrates devront donc décider s'ils mènent ou non la bataille au centre, «celle que conduit jusqu'ici surtout Obama».

«Time is on my side» ?

«Le temps joue-t-il en faveur d'Obama ?», se demande l'Aargauer Zeitung. Et d'estimer que oui, car «plus longtemps durera le duel chez les démocrates, et plus cet orateur charismatique aura de chances de gagner des électeurs».

Mais le quotidien argovien se garde bien de vendre la peau de l'ours, car les exigences de la «Realpolitik» pourraient reprendre le dessus, et «plus que le charisme, c'est la question des chances de remporter la présidentielle qui pourrait régler le duel Clinton – Obama».

Des chances que la Neue Luzerner Zeitung juge bonnes, puisque «les scores d'Obama dans les bastions républicains traditionnels montrent un énorme potentiel pour l'échéance de novembre», tandis qu'à l'opposé Hillary Clinton n'est pas encore parvenue à élargir sa base électorale.

«Obama n'a pas perdu l'élan conquis grâce à son image, à son message et aux soutiens qu'il a reçus, notamment du clan Kennedy», note le Corriere del Ticino.

Mais le quotidien italophone rappelle également cette critique du clan Clinton, qui répète que «Barack est bon pour faire campagne en poésie, mais c'est en prose que l'on gouverne».

Le sénateur de l'Illinois devra donc convaincre «non seulement les partisans de Clinton et les radicaux de gauche, mais également les républicains et les conservateurs que son slogan de 'guérir les blessures du pays' est plus qu'une ingénuité vouée à la faillite».

swissinfo, Marc-André Miserez

Faits

Nombre de délégués récoltés par les candidats dans les primaires:

Démocrates:
Hillary Clinton: 811
Barack Obama: 720
Nécessaires pour l'investiture: 2025

Républicains:
John McCain: 616
Mitt Romney: 269 (se retire de la course à la Maison Blanche)
Mike Huckabee: 170
Nécessaires pour l'investiture: 1191

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En bref

L'idée du système électoral américain est de permettre aux électeurs de participer dans leur propre Etat aux choix du candidat à la Maison Blanche. La répartition des voix varie d'un Etat à l'autre. Le nombre de délégués dépend de la population – les Etats les plus peuplés sont ceux qui ont droit au plus grand nombre de délégués.

Les démocrates appliquent plutôt le système proportionnel. Chez les républicains, par contre, c'est le candidat qui obtient le plus de voix qui l'emporte le plus souvent. Le nombre de délégués acquis à la cause de chaque candidat et celui qui arrive en tête est connu dès la fin mars. La désignation officielle des candidats a lieu lors des Conventions des deux partis.

L'élection présidentielle a lieu le 4 novembre. Il s'agit à nouveau d'élire des délégués – les grands électeurs. Ce qui signifie que le candidat qui obtient le plus de voix ne devient pas forcément président.

En 2000 par exemple, Al Gore a perdu contre George W. Bush. Le second avait obtenu moins de voix, mais 271 grands électeurs l'avaient choisi, contre 266 pour Gore.

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