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Pour l'OMC, la Suisse peut faire mieux

Luzius Wasescha veut poursuivre la politique de réformes dans l'agriculture.

(Keystone)

Pendant trois jours, l´Organisation mondiale du commerce a passé en revue la politique économique de la Suisse. Au bout du compte, elle reconnaît les efforts qu´elle a faits pendant quatre ans, mais l´invite à gommer certaines rigidités de son marché.

L'appréciation finale de l'OMC peut se résumer en trois chapitres. La première note se veut très encourageante. Depuis son dernier examen en 1996, la Suisse a procédé à des réformes importantes de ses structures économiques, notamment au travers de la libéralisation de ses services. Il ne fait aucun doute, commente l'un des porte-parole de l'organisation, que sur ce plan elle doit être créditée de points positifs.

De bonnes notes encore pour son active participation au développement du système commercial multilatéral et pour son implication toujours plus manifeste dans des accords régionaux. On pense en particulier à diverses initiatives prises avec ses partenaires de l'Association européenne de libre-échange (AELE) jusqu'en Amérique latine. Ce qui, pour la Suisse, est «un autre moyen de s'intégrer dans l'économie mondiale».

Suit alors le plat de résistance de l'agriculture qui, lui, reste un peu au travers de l'estomac de plusieurs pays qui aimeraient exporter davantage de produits vers le marché intérieur suisse. L'OMC juge que dans ce domaine très particulier les réformes demeurent hésitantes et le soutien de l'État beaucoup trop important (près des trois quarts des recettes agricoles brutes) et bien trop protecteur.

On connaît le point de vue de la Suisse sur cette question controversée. Elle n'a cesse d'expliquer les spécificités et les complexités de son agriculture, mais elle se dit également prête «d'une manière autonome» à adapter ce secteur aux nouvelles conditions du marché international.

«Ce que nous avons entendu à l'OMC, nous dit l'ambassadeur Luzius Wasescha qui conduisait la délégation suisse, renforceront le Département fédéral de l'économie à poursuivre sa politique de réformes dans l'agriculture. Ce sera difficile pour lui, pour les agriculteurs et pour nos partenaires commerciaux. Ces derniers se font un peu des illusions s'ils croient que l'ouverture du marché suisse va résoudre leurs problèmes...! »

Bref, au bilan final, chacun se dit satisfait de l'exercice. La Suisse a joué cartes sur table, relève-t-on du côté de l'OMC. Toutes les questions ont pu être abordées en toute transparence. Et c'est tant mieux pour la suite du dialogue.

Au même moment, c'est un autre son de cloche qui se faisait entendre à Bruxelles au secrétariat de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). La plus importante des organisations syndicales du monde publiait en effet un rapport sur le respect que la Suisse accorde aux normes fondamentales du travail reconnues sur le plan international.

La CISL prend pour ainsi dire le contre-pied de l'OMC et distribue ses mauvais points. Elle montre la Suisse du doigt et ce qu'elle appelle «des restrictions excessives au droit de grève des employés suisses des services publics, une discrimination flagrante sur le lieu de travail et une escalade du trafic des femmes à des fins de prostitution».

Ce rapport ne tombe pas par hasard à la même date que celui de l'examen des pratiques commerciales suisses. L'organisation syndicale ne manque en effet aucune occasion d'attirer l'attention des gouvernements sur les engagements sociaux qu'ils ont pris lors de la première Conférence ministérielle de l'OMC, à Singapour en 1996. Et de leur rappeler que l'on ne peut pas parler de l'économie sans se soucier des hommes qui la font vivre et qui devraient en vivre le mieux possible.

Bernard Weissbrodt

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