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Pour mieux gérer les nouveaux défis de la sécurité internationale

(swissinfo.ch)

Au moment où les Suisses se demandent s'il faut armer leurs soldats en mission à l'étranger, il paraît opportun d'évoquer certaines réalisations qui se veulent aussi de véritables contributions de la Suisse à la paix. Mais qui sont méconnues. D'où cette série d'articles qui leur est consacrée. Premier volet: le Centre de politique de sécurité à Genève (GCSP).

Au milieu des années 80, les états-majors de l'armée et de la diplomatie suisses s'étaient rendus compte qu'ils manquaient de compétences en matière de politique de sécurité. L'idée germa alors d'organiser un outil spécial de formation autour de cette thématique. Et elle se concrétisa à Genève avec la collaboration de l'Institut des Hautes Etudes Internationales.

Plus tard, le cours ouvrit ses portes à des fonctionnaires, diplomates ou officiers d'autres pays, à commencer par des États neutres et non alignés. Vu le succès croissant de la formule, Berne décida, en 1995, d'en faire un Centre indépendant régi par une Fondation internationale, laquelle regroupe actuellement 17 pays membres, plus le Canton de Genève. Avec un budget qui tourne autour des huit millions de francs par an, dont plus de la moitié assuré par la Suisse.

«C'est l'une des contributions de notre pays à la stabilité et à la paix en Europe, et plus directement encore au Partenariat pour la Paix soutenu par l'OTAN, explique l'ambassadeur Ulrich Lehner, directeur du GCSP. Notre objectif n'est pas seulement de former des spécialistes, mais aussi de créer un climat de confiance et d'échanges internationaux qui va bien au-delà des séjours à Genève et qui permettra, peut-être d'éviter des malentendus».

«Notre principal atout, poursuit-il, c'est que l'on ne peut pas nous soupçonner de vouloir transmettre une idéologie ou un message typiquement suisses. Notre corps professoral est vraiment international (onze enseignants dont un seul de nationalité suisse). C'est lui qui élabore le programme du cours en toute indépendance. Et c'est notre force».

Quelque 450 «étudiants» venant d'une quarantaine de pays de l'espace euro-atlantique ont déjà transité par le Centre depuis sa création. «On les veut en milieu de carrière, ni trop jeunes, ni trop vieux, dit Ulrich Lehner. Ils doivent apporter leurs propres expériences mais avoir ensuite aussi le temps de mettre leurs découvertes en pratique».

Ce ne sont pas les terrains d'application qui manquent. Le cours phare du GCSP, sur une durée de neuf mois, va bien au-delà de la «chose diplomatico-militaire». La politique de sécurité, aujourd'hui, s'intéresse autant aux trafics de toutes sortes (personnes, armes, drogues, etc...) qu'au terrorisme, à la criminalité organisée ou au blanchiment d'argent sale.

En plus de ses divers pôles de formation, le GCSP propose aussi un cadre de recherche sur des thèmes comme les missions de maintien de la paix, les conflits régionaux, la prolifération des armes de destruction massive ou encore la situation des régions périphériques de l'Europe dont l'évolution peut affecter la sécurité du vieux continent.

Les défis immédiats? L'ambassadeur Lehner en voit deux. Celui - toujours d'actualité - de garantir «l'excellence de la formation» offerte par le Centre qui chaque année essaie de faire appel à quelque 200 experts de haut niveau. Et celui de répondre toujours mieux à la demande de ses États partenaires. Ce qui, en d'autres termes, signifie une constante remise en question à une époque où la configuration du monde peut changer rapidement.

Bernard Weissbrodt, Genève


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