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Pour travailler en Suisse, mieux vaut être Suisse

Rechercher un emploi: tâche ardue pour les étrangers en Suisse.

(Keystone)

Même s’ils sont de la deuxième génération, qu’ils vivent dans le pays depuis l’enfance et y ont suivi leurs classes, les étrangers subissent encore des discriminations sur le marché du travail.

Deux études viennent d’en apporter la preuve.

En Suisse, celui qui cherche un emploi a intérêt à s’appeler Pierre plutôt que Mehmet. A qualifications égales, un jeune étranger a moins de chance de décrocher un emploi qu’un jeune Suisse. Et peu importe que Mehmet s’exprime avec un pur accent vaudois… ou zurichois.

C’est ce que démontre l’étude «Le passeport ou le diplôme?», intégrée au Programme «Formation et emploi» du Fonds national de la recherche scientifique.

Ce travail est centré sur ceux que l’on nomme les «secondos», ces immigrants de la seconde génération qui sont nés en Suisse ou qui y sont arrivés très jeunes et y ont suivi pratiquement toute leur scolarité.

Parfaitement intégrés, ces jeunes gens sont souvent plus suisses que les Suisses. Il ne leur manque que le passeport à croix blanche.

La discrimination est une réalité

Pour Rosita Fibbi, du Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population (FSM), cette étude – dont elle est l’un des auteurs – apporte un élément nouveau dans le débat sur les migrations.

«Nous sommes arrivés à la conclusion que la discrimination est une réalité sur le marché du travail, ce qui n’avait jamais été démontré auparavant», note la politologue.

«Il s’agit maintenant de savoir comment la société entend traiter les immigrants qui jouent le jeu et qui montrent leur volonté de s’intégrer dans le pays», poursuit Rosita Fibbi.

Une méthode inédite

Pour son étude, le FSM a utilisé - pour la première fois en Suisse - la méthode du «test pratique», recommandée par l’Organisation internationale du travail.

Pour chaque offre d’emploi, les chercheurs ont envoyé deux candidatures fictives, l’une d’un Suisse et l’autre d’un étranger. A chaque fois, l’âge, le parcours et les qualifications des candidats étaient rigoureusement équivalents.

Ces candidats fictifs étaient originaires du Portugal, de Turquie ou d’un pays de l’ex-Yougoslavie. Les postes offerts allaient du boulanger au réceptionniste, en passant par l’horloger, le mécanicien ou le vendeur.

Résultat: les ex-Yougoslaves sont nettement les moins désirables dans les entreprises. En Suisse alémanique, leur offre est rejetée d’office dans 59% des cas.

Toutefois, cette proportion de refus tombe à 24% en Suisse romande. Et au niveau national, le candidat fictif d’origine portugaise n’est refusé d’office que dans 10% des cas.

Cela commence à l’école

Il semblerait donc qu’en Suisse, les discriminations soient fortement enracinées. Selon Thomas Meyer, du projet Tree (Transitions de l’école à l’emploi), elles commencent même dès l’école.

Pour le compte de l’Office fédéral de l’immigration, de l’intégration et de l’émigration, Tree a réalisé une étude sur le passage du monde scolaire au monde du travail, qui accrédite cette thèse.

«L’égalité des chances est absente du système éducatif dès le premier jour, explique Thomas Meyer. A compétences égales, un jeune immigré a nettement moins de chances de commencer un apprentissage à la fin de l’école obligatoire qu’un jeune Suisse.»

Des lois à créer

En l’état actuel de sa législation, la Suisse ne dispose d’aucun texte pour protéger les travailleurs étrangers des discriminations dont ils sont victimes.

Pour Rosita Fibbi, il est nécessaire de combler ce manque. «Notre premier défi sera d’attirer l’attention sur cette situation. Et ce n’est que lorsque le problème aura été reconnu que l’on pourra y remédier, mais nous en sommes encore loin», conclut la politologue.

swissinfo, Faryal Mirza
(adaptation, Marc-André Miserez)

En bref

- Les étrangers de la seconde génération souffrent de discrimination sur le marché du travail, même s'ils vivent en Suisse depuis de nombreuses années et qu'ils y ont fait leurs classes.

- Une étude a montré que le pays d'origine était un facteur décisif pour l'employeur dans son choix de convoquer ou non le candidat à un entretien.

- Selon les résultats de cette étude, ce sont les ex-Yougoslaves qui sont les victimes des plus fortes discriminations.

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