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Pour une administration fédérale plus féminine et plus latine

Le Conseil fédéral veut augmenter la proportion de femmes, de francophones et d'italophones dans les fonctions cadres de l'administration. Il répond ainsi à une interpellation du conseiller national radical tessinois Fulvio Pelli, qui dénonce «l'hégémonie masculine et alémanique» au sein du personnel de la Confédération.

Présentée au mois de mars, cette interpellation est des plus virulentes. Elle fait allusion au «monopole ethnico-phallocrate» qui règne dans certains secteurs de l'administration fédérale, notamment parmi les cadres.

Plus sévère encore est l'attaque contre les directions de La Poste et des CFF, qui sont considérées comme des «dütschschwitzer Männerclub» - des «clubs alémaniques exclusivement masculins».

Tous postes confondus, l'administration fédérale ne compte effectivement que 24,5% de femmes. Et la proportion baisse lorsqu'il s'agit de postes dirigeants.

Quant à la présence majoritaire des Alémaniques au sein du personnel fédéral (71%), elle est logique. En tout cas, elle est proportionnelle à l'importance de cette communauté au plan fédéral. N'empêche, le député tessinois y voit un danger.

Ce binôme hommes et germanophones est très grave, écrit-il en substance dans son interpellation. En fait, cette suprématie est une faiblesse. Elle n'offre qu'un avantage illusoire: l'utilisation d'une seule langue (d'un idiome) qui n'est d'ailleurs pas parlée dans les multinationales.

Le radical Fulvio Pelli a été entendu. A preuve la réponse du Conseil fédéral, qui exprime une nouvelle fois une véritable volonté de changement.

Car de nombreux efforts ont déjà été consentis. Un train de mesure a déjà été pris en octobre 2000. «Des mesures, explique Isabelle Aubry Isetta de l'Office fédéral du personnel, qui concernent notamment l'amélioration du processus de recrutement, les possibilités de progression interne des collaborateurs, et la généralisation du temps partiel qui permettra de lier vie professionnelle et vie familiale.»

Dans les faits, la Confédération compte augmenter d'environ 5% le nombre de femmes dans les sphères dirigeantes de l'administration. Et cela avant 2003.

Un objectif qui risque d'être très difficile à atteindre, surtout aux CFF et à La Poste. Pour autant, Isabelle Aubry veut y croire. Les anciennes régies devront impérativement respecter ces objectifs politiques.

Des objectifs inscrits dans la nouvelle loi sur le personnel (LPers). Et que la Confédération contrôlera plus activement dès leur entrée en vigueur en janvier 2002.


Jean-Louis Thomas


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