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L'heure est aux derniers préparatifs avant le coup d'envoi du premier tour de la présidentielle en France (ici à Lyon).

KEYSTONE/AP/LAURENT CIPRIANI

(sda-ats)

Le coup d'envoi du premier tour de l'élection présidentielle française a été donné samedi à midi par certains électeurs d'outre-mer. L'issue s'annonce très indécise pour ce scrutin organisé sous haute surveillance quelques jours après un nouvel attentat à Paris.

Le coup d'envoi a été donné à 12h00 (08h00 locales) à Saint-Pierre-et-Miquelon. Une heure plus tard a suivi la Guyane, où un accord a mis fin vendredi soir au mouvement social en cours depuis plus d'un mois. Puis les Antilles.

En métropole, les bureaux de vote ouvriront à 08h00 et fermeront à 19h00, une heure plus tard qu'il y a cinq ans. Ils resteront ouverts jusqu'à 20h00 dans certaines grandes villes. Un quart des électeurs s'avouait encore indécis avant ce scrutin qui s'annonce comme un "match à quatre" serré entre Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

Menace djihadiste "constante"

Des risques sécuritaires entourent ce premier tour, parmi lesquels la "menace djihadiste", jugée "constante et prégnante", selon une note des services de renseignements et de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) révélée samedi par Le Parisien.

Plus de 50'000 policiers et gendarmes, appuyés par 7000 militaires de l'opération Sentinelle sont mobilisés pour assurer la sécurité des 69'000 bureaux dans tout le pays, Outre-Mer compris.

"La présence policière durant l'ouverture des bureaux de vote est indispensable", peut-on lire dans la note où l'on précise que pour disposer d'effectifs suffisants, "des restrictions de congés et des rappels sont imposés" aux agents.

Patrouilles

"Des patrouilles seront dédiées à la protection des bureaux de vote", déclare un haut fonctionnaire au quotidien. Le Parisien ne précise pas quand cette note confidentielle a été rédigée ni si elle l'a été avant ou après la fusillade de jeudi soir sur les Champs-Elysées, à Paris, qui a coûté la vie à un policier.

Cette attaque a été rapidement revendiquée par le groupe Etat islamique (EI). Elle risque de peser sur la mobilisation et sur le choix des Français, centré sur deux grandes questions, la sécurité et le chômage.

Signe de la nervosité ambiante, un jeune homme "porteur d'un couteau" a été arrêté samedi gare du Nord à Paris, sans opposer de résistance, après avoir suscité un bref mouvement de panique, selon des sources policières.

Selon des sources policières, ce Malien de 20 ans a déclaré avoir été agressé devant la gare par plusieurs individus qui ont ensuite pris la fuite. Il s'est alors emparé du couteau laissé par ses agresseurs avant d'entrer dans la gare, a-t-il dit à la police.

Renforcer la lutte anti-terroriste

Au dernier jour de la campagne, les représentants de la droite et de l'extrême droite ont durci leur discours sécuritaire. "Depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a été fait pour que nous perdions" la "guerre qui nous est menée", a dénoncé la présidente du Front national (FN), qui espère capitaliser sur la peur des attentats.

François Fillon s'est pour sa part dit déterminé à combattre le terrorisme "d'une main de fer". "Certains n'ont semble-t-il pas encore totalement pris la mesure du mal qui nous agresse", a-t-il lancé, visant le gouvernement socialiste.

Le centriste Emmanuel Macron a en retour reproché à M. Fillon, ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012), d'avoir lui-même conduit à "l'affaiblissement du renseignement territorial" du fait des suppressions de postes.

Tensions sociales

Outre le terrorisme, "toute" la DCSP, "sans exception", redoute des débordements en cas de qualification pour le second tour de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, ajoutent les auteurs de la note citée par Le Parisien.

"Dans ce cas, des manifestations sont à envisager avec une quasi-certitude", écrivent-ils, pointant des "mouvements d'extrême gauche" qui pourraient "entraîner des troubles sérieux".

A Paris, 2000 personnes, selon les organisateurs, ont défilé samedi à l'appel de syndicats et d'associations pour un "premier tour social" et pour avertir "qu'il faudra faire avec la rue" après l'élection.

La manifestation a été émaillée peu après son départ de heurts entre la police et quelques dizaines de militants autonomes pour la plupart cagoulés, qui avaient pris place en tête de cortège, a constaté une journaliste de l'AFP.

ATS