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Première suisse à Berne: l'odeur du loup pour protéger le chevreuil

En Allemagne, le taux d’accidents avec des chevreuils a baissé en moyenne de 76%.

(Keystone)

Chaque année, 1400 chevreuils se font écraser sur les routes bernoises. Pour stopper l´hécatombe, le canton teste une méthode allemande, qui tient le gibier à l´écart du bitume par un concentré d´effluves de ses prédateurs: le loup, l´ours et l´homme.

Avec sa «barrière odorante», la petite entreprise Hagopur cartonne en Allemagne. 26 000 kilomètres de routes en sont déjà équipées et le taux d'accidents avec des chevreuils a baissé en moyenne de 76 pour cent, voire 100 pour cent sur certains tronçons.

Mais l'odeur seule ne suffit pas. «C'est une combinaison du bruit, du mouvement et de la barrière odorante qui dissuade les animaux de s'aventurer sur la route», explique Markus Walther, technicien chez Sintagro à Härkingen (SO), l'importateur du produit pour la Suisse.

Autrement dit, la barrière n'empêche pas absolument le gibier de traverser la chaussée, mais il le fera en principe seulement s'il n'y a pas de trafic. A noter que ce concentré d'odeurs n'arrête que les gros animaux. Les lièvres et les renards - que l'on retrouve également écrasés par centaines sur les routes bernoises - semblent quant à eux s'en moquer.

Depuis le mois de juin, le canton de Berne teste la barrière odorante sur trois tronçons de route cantonale. Dans l'Underbergtal, le nombre de chevreuils écrasés est tombé de 17 à 2 par rapport à la même période de l'année précédente. Un résultat spectaculaire pour un canton où près de 1400 cervidés meurent chaque année sur les routes, dont quelques dizaines dans la forêt de Bremgarten, aux portes même de la capitale.

Au service de la chasse, le responsable du projet Rolf Schneeberger est enthousiaste: «pour moi, la question n'est pas de savoir si nous allons généraliser l'emploi de ce produit, mais bien comment nous allons le faire. Car vu son prix, il ne serait pas possible d'en asperger tous les arbres qui bordent les routes du canton».

La barrière odorante se compose d'une mousse et d'un concentré de parfum. Le traitement - parfaitement inoffensif pour l'environnement - est un peu plus lourd la première année et revient à quelque 600 francs par kilomètre de route, pour tomber ensuite à 300 francs les années suivantes. «Les associations de chasseurs sont avec nous et nous allons également solliciter les clubs automobiles, comme cela s'est fait en Allemagne», explique Rolf Schneeberger.

En attendant, même ceux qui la trouvent chère s'accordent à reconnaître les vertus de la barrière odorante, nettement plus efficace que les feuilles d'aluminium que l'on colle aux arbres ou que le système d'alarme électronique testé l'an dernier à Berne et que l'ouragan Lothar avait réduit en miettes.

Chez Sintagro en tout cas, on compte bien convaincre d'autres cantons de se lancer dans l'expérience. «Nous ne ferons plus de prospection avant le printemps, parce que ce produit ne doit pas être appliqué à des températures de moins de dix degrés, explique Markus Walther. Mais nous comptons bien que l'exemple bernois fasse école».

Marc-André Miserez

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