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Prison ferme pour Jürg Stäubli

Le «golden boy» des années 80 va faire appel.

(Keystone)

La justice vaudoise a condamné l'homme d'affaires bernois à deux ans et quatre mois de prison ferme pour gestion déloyale et faux dans les titres.

Principale victime de ce préjudice de 250 millions de francs, la banque cantonale genevoise est pourtant déclarée corresponsable.

Après trois mois de délibération et au terme d'une enquête de sept ans, le Tribunal correctionnel de La Côte a finalement reconnu Jürg Stäubli, 47 ans, coupable de gestion déloyale et de faux dans les titres, mais l'a blanchi des accusations de banqueroute frauduleuse et d'escroquerie.

Pour avoir laissé une ardoise de quelque 250 millions de francs, l’homme d’affaire bernois, l'ancien «golden boy» des années 80 écope de 28 mois de prison ferme, soit moins de la moitié de la peine requise à son encontre par le Ministère Public vaudois.

Les faits sont graves

Même si la plupart des chefs d'accusation sont tombés, les faits à charge de Jürg Stäubli sont «graves», a souligné le président du tribunal Jean-Pierre Lador. Les montants en jeu se chiffrent en effet à plusieurs centaines de millions de francs.

Autre circonstance aggravante, Jürg Stäubli n'a manifesté «aucun regret, ni remords» durant les deux mois de procès et n'a jamais pris conscience de la gravité de ses délits, a ajouté Jean-Pierre Lador.

Il a donné l'image d'un homme «peu scrupuleux» et «égoïste», plus soucieux de son intérêt personnel que de celui de ses créanciers.

«Prêt à tout»

Jürg Stäubli a en outre prouvé «qu'il était prêt à tout pour paralyser la procédure», a encore souligné Jean-Pierre Lador.

L’affaire du CD-Rom volé en 1999 dans l'étude de Me Charles Poncet, avocat de la partie adverse, a pesé lourd dans la balance.

Un tribunal genevois l'a condamné à 45 jours de prison pour cette affaire. Les deux ans et quatre mois avec sursis infligés lundi incluent cette sanction genevoise. A la décharge de l'accusé, le tribunal retient sa bonne collaboration aux débats.

Les avocats de celui-ci sont déterminés à épuiser toutes les voies de recours pour éviter une peine de prison ferme à leur client.

Le tribunal n'avait pas à blâmer l'attitude de Jürg Stäubli, ont-ils déploré après la lecture du jugement. A leurs yeux, l'homme d'affaires n'a pourtant fait que «se défendre courageusement», refusant de «se coucher» et de «pleurnicher».

La Banque cantonale genevoise (BCGe), principale victime des malversations du Bernois, affichait en revanche une relative satisfaction. Le tribunal a certes écarté l'escroquerie mais a accordé à la banque des dépens de 80’000 francs, a souligné l'un des avocats.

La BCGE va désormais intenter une procédure civile pour récupérer son argent.

Revers pour la banque

La BCGe a pourtant essuyé un revers de taille, le tribunal la déclarant coresponsable des préjudices subis.

Avec deux de ses membres au conseil d'administration de JS Holding, la banque était en mesure de se faire une idée précise de la situation financière du groupe, a justifié Jean-Pierre Lador. On ne peut parler d'escroquerie ni d'un échafaudage de mensonges.

Alors à la tête de JS Holding, Jürg Stäubli avait été arrêté le 3 décembre 1996. Il avait été libéré le 21 février 1997, sur paiement d'une caution d'un demi-million de francs. Les 81 jours déjà passés en détention préventive seront décomptés de sa peine.

swissinfo et les agences

Faits

Le tribunal correctionnel de La Côte (Vaud) a condamné Jürg Stäubli à deux ans et quatre mois de prison ferme pour gestion déloyale et faux dans les titres.
L'enquête portant sur des découverts de 250 millions de francs a duré sept ans.
Le procès a duré plus de deux mois avec l'audition d'une centaine de témoins.

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