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Prisonniers humiliés: c'en est trop pour la Suisse

Pour Micheline Calmy-Rey, de tels comportements sont «inacceptables».

(Keystone Archive)

Micheline Calmy-Rey a fait part de son «dégoût» et de sa «colère» face aux humiliations et aux mauvais traitements infligés aux prisonniers irakiens.

La ministre suisse des Affaires étrangères a convoqué les ambassadeurs de Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

«J'éprouve du dégoût et de la colère que des gens puissent être traités ainsi», déclare la Ministre fédérale des affaires étrangères dans un entretien au Sonntagsblick de dimanche.

Pour la Suisse, de tels comportements sont «inacceptables». «Nous ne pouvons pas nous taire devant de telles actions», a ajouté Micheline Calmy-Rey.

Convocations

Confirmant une information de la télévision alémanique, la porte-parole du DFAE, Carine Carey, a indiqué samedi soir que les ambassadeurs britannique et américain avaient été convoqués à Berne vendredi.

Mme Calmy-Rey souhaitait ainsi leur rappeler les devoirs liés à la signature des Conventions de Genève, dont la Suisse est l'Etat dépositaire.

Le Ministère s'est déclaré satisfait que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne mènent des enquêtes afin que les comportements des soldats incriminés ne restent pas impunis.

En sa qualité d'Etat dépositaire, la Suisse se devait d'agir, a souligné la cheffe de la diplomatie helvétique dans son entretien au journal dominical alémanique.

Le gouvernement intérimaire irakien a, en outre, demandé à la Confédération qu'elle dirige une surveillance en matière des droits de l'homme dans cette affaire.

Responsabilité américaine

Pour ce qui concerne la situation en Irak, les problèmes, qui relèvent d'un jeu de pouvoir à l'échelon mondial, ne seront pas résolus par la force et un «cavalier seul» des Américains.

Depuis le début des opérations militaires, la Suisse a craint une déstabilisation de toute la région. «Je déplore beaucoup que, selon toute vraisemblance, notre analyse se montre exacte», a observé la ministre des affaires étrangères.

«En raison précisément de leur rôle de leader mondial», les Etats-Unis ont une responsabilité particulière dans l'application des règles du droit international humanitaire, a encore affirmé Mme Calmy-Rey.

Le pouvoir aux Irakiens

Le pouvoir en Irak doit être rendu le plus vite possible aux Irakiens. Le cadre de ce transfert du pouvoir, fixé au 30 juin selon la date prévue, doit être donné par l'ONU et la communauté internationale.

Plusieurs de ces conditions ne peuvent être remplies parce que l'Irak est un pays occupé, a-t-elle ajouté, précisant encore que la Suisse ne peut accorder plus qu'une aide humanitaire aussi longtemps que cette situation se prolongera.

Concernant le conflit israélo-palestinien, la responsable du DFAE s'est notamment déclarée préoccupée par un retrait unilatéral des Israéliens de la bande de Gaza.

L'Initiative de paix de Genève, soutenue par la Suisse, reste la seule alternative car elle propose des bases claires dans un esprit de dialogue et apporte des solutions qui peuvent être négociées.

Micheline Calmy-Rey s'est déclarée profondément convaincue qu'un processus comme l'Initiative de Genève offre la possibilité de trouver une solution acceptable pour toutes les parties de la région.

La conseillère fédérale s'est enfin montrée pessimiste quant au bilan de la guerre menée contre le terrorisme. «Ce qui se passe en Irak ou au Proche-Orient n'est pas pour adoucir les réactions terroristes. Au contraire», a-t-elle ajouté.

swissinfo et les agences

Faits

La conseillère fédérale et ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a convoqué vendredi les ambassadeurs des Etats-Unis et de Grande-Bretagne à Berne.
Elle leur a fait part des préoccupations de la Suisse concernant les sévices inacceptables infligés à des prisonniers en Irak.

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En bref

- Le 28 avril, des photos de soldats américains infligeant des sévices à des Irakiens dans la prison d'Abou Ghraib ont été diffusées par la chaîne américaine CBS.

- Le 1er mai, le tabloïd britannique Daily Mirror publie des photos de tortures par des soldats britanniques.

- Le 3 mai, un rapport secret de l'armée américaine dénonce l'aspect «systématique» des exactions contre les prisonniers.

- Le 6 mai, le président Bush présente des excuse pour les sévices infligés par les GI’s.

- Le 7 mai, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld présente, lui-aussi, des excuses tout en refusant de démissionner.

- Le CICR est à son tour sorti de son silence vendredi, pour confirmer des actes de torture et des violations du droit humanitaire dans les prisons américaines en Irak.

- Samedi, les services du Premier ministre britannique ont indiqué que Tony Blair avait été informé en février de possibles abus.

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