Prix du café à la baisse, coût humain à la hausse

Oxfam veut dévoiler la face cachée de la crise du café. Oxfam

Depuis trois ans, le marché du café est dans le marasme. Oxfam s'en prend aux multinationales concernées, dont Nestlé.

Ce contenu a été publié le 18 septembre 2002 - 19:47

La grande ONG internationale avance un plan d'urgence pour venir au secours de 25 millions de producteurs acculés à la pauvreté.

«Difficile à avaler, ce café!». Et de plus en plus difficile si on en croit Oxfam qui part en campagne pour faire connaître la face cachée de la crise du café et forcer les géants de cette industrie à payer un prix décent aux producteurs.

Céline Charvériat, d'Oxfam International à Genève, rentre d'un voyage au Brésil. Elle y a rencontré des gens qui ont cultivé du café toute leur vie. Aujourd'hui, avec un revenu annuel de 350 francs suisses, leur quotidien tourne au cauchemar.

«Nous tirons la sonnette d'alarme, dit-elle à swissinfo. Nous voulons montrer aux entreprises que cette situation ne peut plus durer et nous attendons qu'elles acceptent leurs responsabilités sociales.»

Néstor Osorio, directeur de l'Organisation internationale du café basée à Londres, salue positivement la campagne menée par Oxfam.

Il y a peu, il posait déjà ce constat plutôt fataliste: «la culture du café a cessé d'être une activité lucrative et, par conséquent, elle attire de moins en moins de main-d'œuvre qui a choisi d'émigrer».

Multinationales dans le collimateur

Oxfam International épingle explicitement quatre multinationales - Nestlé, Kraft, Procter & Gamble et Sara Lee. Selon elle, ces dernières « ont fondé leur croissance sur l'industrie du café» et «ne font rien pour améliorer la situation des producteurs».

Argument aussitôt réfuté par Nestlé. Marcel Rubin, son porte-parole au siège de Vevey, en Suisse, explique que ce cela découle des disparités entre l'offre et la demande et que la multinationale ne peut agir d'abord que du côté des consommateurs.

«Nous avons fait notre travail, affirme-t-il. Pendant ces dix dernières années, nos ventes de café soluble ont augmenté de plus de 40% alors que la consommation mondiale totale ne progressait que d'un point et demi.»

Nestlé dit appliquer les directives de l'Organisation internationale du café et prône une concertation de tous les acteurs du marché: «des opérations isolées n'auront pas d'effet à long terme».

Plan d'urgence

N'empêche. Oxfam International entend profiter de son vaste réseau dans une centaine de pays pour faire entendre la voix des petits producteurs. «Ils ont droit à un prix du café qui leur permette de vivre dans la dignité», insiste Céline Charvériat.

Le plan d'urgence de l'ONG porte aussi sur la destruction des stocks de piètre qualité qui font chuter le prix du café, sur une meilleure gestion de l'offre et de la demande, sur le développement d'activités de subsistance alternatives.

A l'autre bout de la chaîne, les consommateurs sont eux aussi appelés à la rescousse. Pour acheter du café portant le label du «commerce équitable».

Quitte à boycotter les multinationales «si elles ne peuvent pas assurer que les petits producteurs ne restent pas dans la misère».

swissinfo/Bernard Weissbrodt, Genève

Faits

Oxfam International est une confédération de 12 organisations
Elle compte quelque 3000 partenaires répartis dans plus de 100 pays
Son objectif: trouver des solutions durables à la pauvreté et à l'injustice

End of insertion

En bref

Selon Oxfam international:
le prix du café a atteint son plus bas niveau depuis 30 ans; la valeur des exportations de café a chuté de 4 milliards de dollars en 5 ans; les producteurs reçoivent en moyenne 0,24 dollars par livre de café; les consommateurs des pays riches la paient environ 3,60 dollars; la production mondiale de café excède de 8% la consommation totale.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article