Propos d’un socialiste suisse à Alger: l’ambassadeur Von Graffenried sort de sa réserve

L'ambassade suisse à Alger Keystone

L’ambassadeur de Suisse en Algérie a réagi aux déclarations de Pascal Holenweg. Invité à Alger au 3e congrès du FFS d’Hocine Aït-Ahmed, le membre du Comité central du PSS a déclaré que les responsables algériens avaient mis en vente l’Algérie.

Ce contenu a été publié le 29 mai 2000 - 19:08

Pascal Holenweg a adopté un style pour le moins franc et incisif. A son auditoire composé de 1600 délégués du Front des Forces Socialistes (FFS), de délégations étrangères et de journalistes - réunis du 24 au 26 mai à Tipaza - ce membre du Comité central du Parti socialiste suisse (PSS) a affirmé avoir entendu des responsables algériens dire à des hommes d’affaires suisses que l’Algérie était à vendre et que tout serait privatisé en Algérie.

Des propos aussitôt répercutés par la presse algérienne, parfois de façon approximative, et qui ont provoqué un véritable tohu-bohu. Pour qui connaît les enjeux de l’économie algérienne, le couteau a été bel et bien enfoncé par Pascal Holenweg dans une plaie sensible.

«Il y a quelques jours a débarqué à Alger une délégation d’investisseurs potentiels suisses. Que leur a dit le représentant du gouvernement algérien? Il leur a promis des privatisations tous azimuts», a déclaré Pascal Holenweg jeudi dernier lors de son allocution à l’occasion de l’ouverture officielle du 3ème congrès du FFS d’Hocine Aït-Ahmed. Il est allé encore plus loin en disant: «On vous prend pour des esclaves, et on nous transforme en marchands d’esclaves. Proposer des morceaux d’Algérie aux investisseurs suisses, français, espagnols, américains, n’est rien d’autre qu’un deal mafieux».

Ces déclarations risquent de gêner un gouvernement algérien déjà fortement affairé à «pédaler doucement dans sa réforme économique libérale», tant elle est cruelle pour des pans entiers de la société algérienne. Elles interviennent également au moment où le président Bouteflika a mis son va-tout dans une entreprise de séduction des hommes d’affaires étrangers.

L’ambassadeur de Suisse André Von Graffenried a si bien compris le malaise qu’il s’est empressé de se démarquer du représentant du PSS. Lui-même organisateur de la visite d’une délégation économique suisse à Alger entre le 19 et le 23 mai, André Von Graffenried a publié, dimanche dans la presse algérienne, un vigoureux démenti qui se termine de la façon suivante: «je suis persuadé que cette première visite d’une délégation économique suisse à Alger va contribuer à relancer les relations économiques entre nos deux pays, dans un esprit de partenariat, dans un monde toujours plus interdépendant».

swissinfo avec Yacine Doya à Alger




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