Protection rapprochée pour le rendez-vous des puissants

Le Waldorf-Astoria a été placé sous haute surveillance. swissinfo.ch

Ouverture à New York du 32e Forum économique mondial. Dans l'ombre des attentats terroristes du 11 septembre. Et sous la menace des anti-globalisation.

Ce contenu a été publié le 31 janvier 2002 - 13:11

Park Avenue, Lexington Avenue, entre la 48ème et la 51ème rue. Tout est bloqué depuis mercredi. Des camions font barrage, au milieu des artères.

Des barrières ont été installées le long des trottoirs. Les rares voitures qui passent à travers le filtrage sont fouillées, livrées au museau détecteur des chiens.

Dès le début de la matinée, des centaines de policiers ont pris position. En uniforme ou en civil, ils ont envahi le quartier, occupant les carrefours, montant la garde devant les magasins et les restaurants.

Au total, selon des informations parues dans la presse locale, près de 4000 agents des forces de l'ordre ont été mobilisés.

Le Waldorf, centre du monde

Au cœur de ce dispositif: le Waldorf-Astoria, l'un des palaces de la ville, coincé entre la banque J.P. Morgan Chase et la cathédrale Saint-Patrick.

C'est là que se retrouvent, durant quatre jours, les quelque 3000 participants de la 32e réunion annuelle du Forum économique mondial. Un bon millier des grands patrons, près de 300 hauts responsables politiques du monde entier, ministres, chefs d'Etat ou de gouvernement.

De Davos à New York, capitale financière du monde, lieu de rendez-vous des riches et des puissants de la planète. La logique n'y trouve rien à redire.

Dès l'annonce de leur décision, en novembre, les responsables du Forum ont dit que ce déménagement - pour un an - était un geste de solidarité à l'égard de la ville frappée par les attaques terroristes du 11 septembre.

Dix milliards de dollars

Les New-Yorkais en ont, sans doute, besoin. Car, outre le traumatisme collectif, les conséquences concrètes et matérielles des attentats sont lourdes.

Une étude, publiée cette semaine, évalue à plus 10 milliards de dollars les pertes causées à l'économie de la ville, sur un peu plus d'une année. Près de 80 000 emplois devraient également passer à la trappe.

Avec le Forum, New York s'offre donc un formidable coup de pub (l'inverse étant d'ailleurs tout aussi vrai). L'occasion de dire au monde entier: «nous sommes en train de surmonter cette tragédie».

A condition, toutefois, que personne ne vienne gâcher la fête. Or le Forum, s'il permet de mieux remplir les hôtels et restaurants de luxe, attire également beaucoup de critiques.

Une manifestation autorisée

Ces dernières années, des groupes anticapitalistes et anti-globalisation ont tenté de perturber le bon fonctionnement de la manifestation. Le Forum est l'un des points de fixation des opposants à la mondialisation, au même titre que les réunions du G8, du FMI et de la Banque mondiale ou encore de l'OMC (Organisation mondiale du commerce).

Cette année, les ennemis de Davos seront aussi là. Mais, cette fois, dans les rues de New York. Une grande manifestation, dotée du feu vert des autorités, est prévue pour samedi.

Richard Becker, l'un de ses organisateurs qui travaille pour International Action Center, compte sur la présence samedi d'un millier de manifestants.

Il s'agit de relever un défi. «Les responsables du Forum ont tenté de montrer que le mouvement anti-globalisation était mort, après le 11 septembre.»

Ras-le-bol de la violence

Ce sera, en même temps, un test. Mais Richard Becker est confiant: «Notre mouvement ne peut pas mourir, dit-il, parce que la globalisation des entreprises se poursuit, en centralisant toujours plus les richesses et en créant des situations absolument intolérables dans le monde entier.»

Et les risques de violence? Sur ce point, Richard Becker se refuse à donner des garanties: «c'est avant tout la violence de la police qui nous préoccupe.»

Pendant ce temps, du côté du Forum, on se veut résolument optimiste: «les New-Yorkais ont un ras-le-bol de la violence et de la terreur, confie Frédéric Sicre, membre de la direction du Forum. Ils en ont déjà assez souffert.»

Pierre Gobet, envoyé spécial à New York

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