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Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) a reçu samedi à Istanbul le chef de la diplomatie de Bahreïn Sheik Khalid bin Ahmed Al Khalifa pour discuter de la crise dans le Golfe.

Keystone/AP/YASIN BULBUL

(sda-ats)

La Russie a été samedi le dernier pays en date à appeler au dialogue pour éviter une escalade de la crise entre le Qatar et ses voisins du Golfe. La grande tension dans la région commence à affecter la vie de milliers de personnes, selon Amnesty International.

"Nous sommes favorables à la résolution de tout désaccord par (...) le dialogue" car "nous ne pouvons pas nous satisfaire d'une situation où les relations entre nos partenaires se détériorent", a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Il a tenu ces propos en recevant à Moscou le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani. Ce dernier effectue une tournée à l'étranger pour défendre la position du petit émirat au centre d'une crise sans précédent dans le Golfe.

M. Lavrov a assuré que la Russie était "prête à tenter de faire tout ce qui est en son pouvoir" pour faire baisser la tension dans le Golfe.

Le Qatar se retrouve isolé depuis la décision prise lundi par l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, l'Egypte et le Yémen de rompre leurs relations diplomatiques avec Doha. Tous l'accusent de "soutenir le terrorisme" et de se rapprocher de leur rival iranien. Cette rupture se concrétise par l'interruption des liaisons aériennes, maritimes et terrestres avec le petit émirat gazier, qui importe une grande partie de ses produits consommés.

"Souffrance, déchirements et peur"

Amnesty International a averti samedi qu'en appliquant de telles mesures drastiques, Ryad et ses alliés "jouaient" avec la vie de milliers d'habitants du Golfe, séparant des familles et détruisant les moyens de subsistance et d'éducation d'une partie de la population.

"Pour potentiellement des milliers de personnes dans le Golfe, le résultat de ces mesures, c'est de la souffrance, des déchirements et de la peur", a réagi James Lynch, un responsable d'Amnesty International, dans un communiqué.

Le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, a pour sa part appelé vendredi Ryad et ses alliés à alléger le blocus, qui "a des conséquences humanitaires". "Nous constatons un manque de nourriture, des familles sont séparées de force et des enfants sont retirés de l'école. Nous estimons que ce sont des conséquences involontaires, surtout pendant le mois sacré du ramadan, mais on peut y remédier immédiatement", a-t-il déclaré.

S'exprimant quelques heures plus tard, le président, Donald Trump, a cependant adopté un ton plus ferme vis à vis du Qatar en l'exhortant à arrêter "immédiatement" de financer "le terrorisme". "La nation du Qatar, malheureusement, a historiquement financé le terrorisme à un très haut niveau", a-t-il accusé devant la presse à la Maison Blanche.

L'Arabie saoudite et Bahreïn ont salué samedi l'appel de M. Trump au Qatar à ne plus soutenir le terrorisme. Ils n'ont en revanche pas répondu à l'appel du département d'Etat américain qui leur demandait d'alléger la pression sur Doha.

Appels turc et allemand

Le Qatar, qui héberge une immense base militaire américaine, cruciale dans la lutte contre le groupe Etat islamique, a rejeté toutes les accusations formulées contre lui cette semaine.

En attendant, Doha peut compter sur le soutien affirmé de la Turquie. "J'ai une requête à formuler au gouvernement saoudien: vous êtes le plus grand pays du Golfe, le plus puissant (...) vous devriez y donner le signal de la fraternité, vous devriez rassembler tout le monde", a déclaré vendredi le président, Recep Tayyip Erdogan.

Samedi, lors d'un entretien avec le chef de la diplomatie du Bahreïn, M. Erdogan "a souligné qu'il fallait résoudre ce problème (...) avant la fin du mois de ramadan", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu. Le mois de ramadan, sacré pour les musulmans qui sont appelés à jeûner toute la journée, se terminera autour du 25 juin avec la célébration de l'Aïd el-Fitr.

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel s'est dite inquiète de la situation au Qatar. Elle a estimé que les pays du Golfe, ainsi que l'Iran et la Turquie devaient travailler ensemble pour résoudre le différend régional.

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ATS