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Quand l'art attire les foules

De l’atelier au supermarché!

(swissinfo.ch)

Des centaines d’œuvres intéressantes et néanmoins peu onéreuses, un public dense qui achète sans hésiter, quel est ce miracle?

La 4e édition du «Kunst Supermarkt», le «Supermarché de l’art», se tient à Soleure jusqu’au 3 janvier.

Les expositions consacrées aux grands maîtres drainent les foules, ce n’est ni Van Gogh, ni Picasso, ni Monnet qui me contrediront. L’art dûment certifié «attention, chef d’œuvre» est indéniablement populaire.

Mais entrez dans n’importe quelle galerie, d’une petite ou d’une grande ville, une galerie qui présente un artiste talentueux mais méconnu… Seul le silence et éventuellement le galeriste vous répondront.

Au même titre que la forêt ou les bords d’un lac en décembre, les galeries sont propices aux déambulations solitaires. La faute à qui? Au type d’art retenu par les circuits traditionnels?

Aux prix pratiqués par les galeristes? Aux lieux en eux-mêmes, intimidants parce que réputés élitistes?

En toute simplicité

C’est l’éditeur Peter Lukas Meyer, en contact avec des artistes allemands, qui a eu l’idée d’importer d’Allemagne le «Kunst Supermarkt», un concept dont le nom est une marque déposée.

«J’ai pris contact avec des artistes à Soleure. Mais eux ne voulaient pas monter cela, pensant que ce serait une concurrence pour les galeries. Alors j’ai décidé de m’en occuper. C’est maintenant la 4e édition et le succès est formidable», constate l’éditeur, barbu et jovial.

Le principe? Une offre vaste et variée et, surtout, des prix modérés, fixés à l’avance: 99, 199, 399 et 599 francs. Eh oui, supermarché oblige, l’argument de l’unité inférieure au prix rond est de mise! Des montants réellement modiques au vu de la qualité de nombreux travaux présentés.

A la différence des galeries, les fameux points rouges d’achat n’existent pas à Soleure. Ici, on visite, on a un coup de cœur, on achète. On passe à la caisse, on paie comptant ou par carte de crédit, on se fait emballer sa toile et on rentre chez soi l’accrocher dans son salon. Simple.

Attentes récompensées

Cette année, le «Kunst Supermarkt» a reçu les sollicitations d’environ 400 artistes. Peter Lukas Meyer et un expert allemand en ont retenu 75.

Les organisateurs ponctionnent 50% du prix de vente. Cela peut paraître beaucoup. Et pourtant, «la plupart des bonnes galeries prennent aussi 50%, tout en laissant des frais à charge de l’artiste. C’est donc tout à fait correct», constate le dessinateur biennois Mixt Villars.

Effectivement, à Soleure, tout est compris: le lieu, la publicité, et l’organisateur ne garde pas d’œuvres pour lui, comme le font parfois les galeristes.

Surtout, il y a la garantie d’un public nombreux et prêt à acheter: en 2002, ce sont 1080 œuvres qui ont été vendues, soit une rentrée d’un demi-million de francs environ, permettant au «Kunst Supermarkt» d’atteindre les chiffres noirs.

«J’ai été surpris de constater qu’on pouvait lancer une nouvelle idée, dans un marché ancien comme celui de l’art, avec un tel succès. Cela montre aussi que, dans ce secteur, les galeristes comme les artistes n’ont peut-être pas senti les attentes du public», relève Peter Lukas Meyer.

Qui gruge qui?

Qui gruge qui? A priori, personne. L’organisateur est content du succès de sa manifestation. Les artistes sont heureux d’être mis en contact avec un public important, et de vendre.

Et le visiteur est satisfait de repartir avec un original qu’il n’aurait pas nécessairement pu se payer dans un autre contexte.

Les puristes diront peut-être que c’est l’Art, avec A majuscule, qui est grugé. Que des «artistaillons» sont donnés en pâture à un public avide de croûtes bon marché…

Les puristes diront peut-être que c’est l’Art, avec A majuscule, qui est grugé. Que des «artistaillons» sont donnés en pâture à un public avide de croûtes bon marché…

Mais ceux-là auraient sans doute tort. Car les artistes présents à Soleure ne sont pas nécessairement des exclus du système. «Ce ne sont presque que des artistes qui exposent aussi dans des galeries, des semi-professionnels», constate Peter Lukas Meyer.

Lequel précise que des galeristes n’hésitent pas à le contacter pour approcher ensuite certains créateurs exposés à Soleure. Et que certains visiteurs, «initiés» à l’art par cette manifestation, se rendront tôt ou tard dans les galeries…

Essaimer ailleurs

Si le «Kunst Supermarkt» est un label allemand, on en retrouve d’autres déclinaisons ailleurs, en France par exemple, avec «Bazart» et «e-bazart», sa version web.

La manifestation soleuroise n’envisage pas, pour l’heure, de jouer la carte d’Internet. Par contre, l’idée d’essaimer est présente chez Peter Lukas Meyer: «J’imagine de lancer un supermarché d’art contemporain à Lausanne, à Zurich, et au Tessin. On en discute chaque année, mais il est important de trouver les bonnes personnes pour nous aider à le faire».

swissinfo, Bernard Léchot

En bref

- Le «Kunst Supermarkt» est un événement allemand importé par un éditeur soleurois.

- Son principe est de proposer un choix d’œuvres de qualité à des prix très inférieurs à ceux pratiqués par les galeries.

- Pour cette édition, sur 400 dossiers, les organisateurs ont retenu 75 artistes. La plupart viennent de Suisse mais certains sont Allemands, Français ou Espagnols…

- Lors de l’édition 2002, 1080 œuvres ont été vendues, pour un montant global d’environ un demi-million de francs.

- Le 4e «Kunst Supermarkt» de Soleure se tient dans le très beau cadre du Palais Besenval jusqu’au 3 janvier.

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