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Quand la réalité monte sur scène

Noyés dans un monde qu’ils ne reconnaissent plus: les protagonistes de «Groundings».

(Keystone)

«Groundings», le dernier spectacle mis en scène par Christoph Marthaler, retrace les instants amers de l'économie suisse.

Du drame de Swissair à l'effondrement de la Bourse: la scène se fait, une fois encore, le miroir de la réalité.

La première du nouveau spectacle de Christoph Marthaler a eu un grand succès public, samedi, au Schauspielhaus de Zurich. Un succès qui s'explique sans doute par l'originalité de la démarche.

Les personnages de la pièce sont inspirés de gens bien réels: les managers et financiers à l'origine des faillites et autres drames économiques survenus ces dernières années. Comme le fameux 'grounding' de Swissair.

Rire jaune

Le metteur en scène livre une réflexion amère - même si elle est traduite en chansonnettes et dialogues humoristiques - sur les effets pervers de la globalisation.

La pièce évoque l'actualité internationale (les cracks boursiers), nationale (Swissair, les banques) et locale (avec un clin d'œil à l'effondrement évité de justesse du Schauspielhaus, où se déroule précisément le spectacle).

Les allusions à certaines personnalités sont très claires. On reconnaît ainsi le PDG de SAirGroup Philippe Bruggisser. Le roi de la finance Martin Ebner. Le fondateur et ex-directeur de Crossair Moritz Suter. Et bien d'autres encore.

Les déboires des financiers

Des héros déchus montrés du doigt et tournés en dérision. Philippe Bruggisser d'abord. Sa plus grande faute: avoir défendu un plan d'expansion ambitieux, basé sur l'achat de compagnies mineures et au bord de la faillite, sans avoir les capitaux nécessaires, en faisant exploser la dette.

Vient ensuite Martin Ebner, le banquier qui a construit sa fortune sur «Vision», du nom de son programme d'investissement. Le roi de la finance qui a manqué de réalisme et a fait plonger ainsi des dizaines de milliers de petits épargnants.

Enfin, Moritz Suter, impliqué dans la faillite de Swissair, qui est tourné en dérision pour ses éternelles lamentations à propos des médias.

Le martyr du capitalisme aveugle

Caustique, Christoph Marthaler fait aussi preuve de compassion. Le personnage de Philippe Bruggisser devient infantile lorsqu'il minimise le drame. «Ce n'était qu'un petit rêve».

Celui de Martin Ebner se fait pathétique lorsqu'il proclame triomphalement que «tout le monde est égal devant les actions».

Et Moritz Suter gagne un peu en humanité lorsqu'il se plaint: «Les médias nous détruisent. Ils couvrent n'importe quel incendie et veulent toujours connaître les causes cachées.»

Finalement, les personnages se transforment en mannequins, semblables à ceux que l'on trouve dans les cours pour samaritains. Bourreaux puis victimes, pour avoir accordé une confiance aveugle au capitalisme.

swissinfo, Silvano De Pietro
(traduction: Alexandra Richard)

En bref

- L'aventure zurichoise de Christoph Marthaler se caractérise par ses nombreuses polémiques, notamment liées aux problèmes financiers.

- En été 2002, le conseil d'administration du théâtre zurichois avait décidé de licencier Christoph Marthaler.

- Mais, grâce à la mobilisation de nombreux intellectuels et passionnés du théâtre, il est finalement resté à son poste.

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