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Querelle de style dans le plus grand parti suisse

Le président de l'UDC Ueli Maurer lors du lancement d'une affiche controversée.

(Keystone)

La section bâloise de l’Union démocratique du centre (UDC / droite dure) traverse une grave crise. C’est le style des faucons du parti qui est en cause.

Reste à savoir si cette crise préfigure un éclatement de la plus importante formation politique helvétique.

L’UDC de Bâle-Ville est en crise. Les divergences entre les représentants de son aile modérée et de son aile plus dure ont débouché sur une profonde fracture à l’occasion de la réélection de la présidente du parti cantonal, Angelika Zanolari.

Les modérés du parti, qui critiquent surtout le style agressif et polémique de la présidente, ont été mis en minorité.

Le débat semble avoir été très animé. Selon une représentante de la section cantonale, les dissidents ont même été insultés par les partisans de la présidente.

Cette dispute va laisser des traces au sein de l’UDC bâloise. Environ la moitié de ses élus au parlement cantonal ont en effet annoncé vouloir renoncer à leur mandat et démissionner du parti.

«C’est un phénomène normal, relativise toutefois Gregor Rutz, secrétaire général de l’UDC nationale. Il se passe la même chose dans chaque grand parti, lorsque des positions divergentes apparaissent».

«Mais jusqu’à présent, les adhésions au parti sont plus nombreuses que les départs, poursuit-il. Nous pouvons donc dire que nous sommes sur la bonne voie».

Un style déjà connu



Mais certains adversaires politiques entrevoient déjà les premiers signes d’une tension croissante à l’intérieur d’une UDC qui, avec l’entrée de Christoph Blocher au gouvernement en début d’année, a perdu son leader charismatique.

«Si l’UDC conserve une ligne agressive, elle sera toujours plus confrontée à des tensions, note Jean-Philippe Jeannerat, porte-parole du Parti socialiste (PS). La crise de Bâle pourrait s’étendre à d’autres cantons. Des divisions sont déjà apparues à St-Gall et s’annoncent à Zurich».

L’UDC a réussi à mobiliser l’électorat jusqu’à devenir le plus grand parti du pays. «Mais elle manque de personnalités pour siéger dans les exécutifs, note le porte-parole du PS. C’est-à-dire de personnalités qui suivent la ligne du parti tout en réussissant à collaborer avec les autres formations politiques».

Les divergences entre les faucons et les colombes de l’UDC n’est cependant pas une chose nouvelle. Souvent, plus que les questions de fond, ces divergences concernent le style politique imposé par les durs du parti.

Au cours de la campagne en vue des élections fédérales d’octobre dernier, l’UDC avait par exemple déjà lancé contre ses adversaires des attaques assez rudes, chose inhabituelle dans la politique suisse. Plus récemment, elle n’a pas hésité à représenter sur ses affiches les Socialistes comme une bande de rats rouges.

Le parti de Christoph Blocher n’épargne pas non plus certaines minorités sociales, comme les requérants d’asile ou les invalides, en utilisant des images ou des termes à la limite du bon goût.

Une croissance trop rapide



Par le passé déjà, ce style polémique et agressif n’a pas toujours été apprécié par certaines sections cantonales, dont celles de Berne et des Grisons, considérées comme plus modérées.

Mais jusqu’à présent, les dirigeants de l’UDC – à commencer par Christoph Blocher – avaient réussi à désamorcer les critiques des colombes du parti.

Or désormais, Christoph Blocher se voit contraint d’utiliser un ton plus modéré et conciliant, qui sied mieux à son nouveau rôle de ministre. Du coup, l’UDC se voit privée d’une figure à la fois autoritaire et unificatrice.

La crise de Bâle pourrait donc bien se reproduire dans d’autres cantons, estime le politologue Oscar Mazzoleni, directeur de l’Observatoire de la vie politique du canton du Tessin et auteur d’une étude sur l’UDC et le populisme en Suisse.

«En général, un parti nouveau et qui croît rapidement – comme la section bâloise par exemple – attire des personnes avec des idées et des styles différents. Sans un leadership reconnu de tous, ce caractère hétérogène peut favoriser l’émergence de conflits, que ce soit au niveau du style ou de la ligne du parti».

Un risque d’affaiblissement



De telles frictions risquent évidemment d’affaiblir l’UDC. «Cela pourrait effectivement arriver, affirme Oscar Mazzoleni. Une partie des électeurs, surtout parmi les nouveaux, a voté pour l’UDC pour exprimer un vote protestataire et par attrait pour le charisme de Christoph Blocher».

«L’intégration partielle de Blocher dans le gouvernement et la difficulté d’agir dans un système de concordance pourraient désillusionner une partie des nouveaux électeurs de l’UDC», poursuit le politologue.

Cet avis est partagé par Andreas Ladner, politologue à l’Université de Berne. «L’UDC doit affronter quelques problèmes à cause de son nouveau rôle au sein du gouvernement. Si Blocher y fait un bon travail, son parti n’aura plus besoin de se mettre systématiquement dans l’opposition».

L’ombre de Christoph Blocher continuera donc à influencer l’UDC. Or, comme le souligne Oscar Mazzoleni: «Cette dépendance envers Blocher constitue sa force, mais aussi sa faiblesse».

swissinfo

Faits

1936: Fondation du Parti suisse des paysans, artisans et bourgeois (PAB).
1971: Naissance de l’UDC, née de la fusion du PAB et des démocrates des Grisons et de Glaris.
2003: Lors des élections fédérales, l’UDC devient le plus grand parti du pays.

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En bref

- L’UDC compte 80'000 membres (dont 35% de femmes) et est désormais représentée dans tous les cantons.

- L’UDC dispose de 63 sièges au Parlement (55 à la Chambre basse et 8 à la Chambre haute).

- Depuis janvier 2004, elle compte deux représentants au gouvernement: Samuel Schmid (Défense) et Christoph Blocher (Justice et Police).

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