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Réchauffement de la planète: la preuve par le marronnier de la Treille

A Genève, ce ne sont pas les hirondelles qui font le printemps, c'est le marronnier de la Treille. (Photo tirée du site de l'Etat de Genève)

L´Organisation Météorologique Mondiale (OMM) nous dit que la planète s'est réchauffée de 0,6 degré au cours des cent dernières années. Un constat scientifique confirmé empiriquement par l´observation du marronnier de la Treille à Genève.

Toute proportion gardée, bien entendu, l'observation de la première éclosion de feuilles du fameux marronnier de la Treille, dans la cité de Calvin, permet d'annoncer l'arrivée officielle du printemps. De même, la réactivité de cet arbre à son environnement en fait un formidable baromètre climatologique. Un éventuel réchauffement de la planète ne lui échappe pas.

D'un côté, l'OMM et son équipe de climatologues constatent effectivement une élévation de la température du sol depuis 100 ans, à travers des statistiques très sérieuses.

Une étude qui démontre, par ailleurs, que l'an 2000 est la quatrième année la plus chaude des 140 dernières années. Les chiffres de l'OMM démontrent également que les années 90 à 98 ont été les plus chaudes du siècle.

Moins scientifiquement, mais pas moins sérieusement, ce même constat a été établit grâce au marronnier de la Treille à Genève, une véritable institution cantonale datant de 187 ans.

Dans ces jardins de la Treille, situés à côté de l'hôtel de ville, des marronniers ont été plantés depuis le 17ème siècle. Marc-Louis Rigaud-Martin fut le premier à s'intéresser à cet arbre. ll en fit des observations durant de nombreuses années. Il relevait principalement la sortie de la première feuille au printemps.

En 1818, le premier sautier (secrétaire du Grand Conseil genevois) nommé après la restauration, poursuivit ces observations.

«Ces observations sont officielles depuis cette période, explique Maria-Anna Hutter, actuelle sautière du canton. Les relevés sont notés officiellement et gardés précieusement dans un pupitre».

En 187 ans, trois marronniers ont servi aux mesures. Le dernier date de 1929. La lourde tâche d'annoncer le printemps incombe toujours au sautier du canton. Depuis le mois de janvier, il se doit de surveiller l'arbre et d'observer l'éclosion de la première feuille.

«Les climatologues ne sont donc pas les seuls à observer le réchauffement de la planète», précise Maria-Anna Hutter, qui a le devoir d'annoncer la renaissance de Dame Nature à l'Institut suisse de météorologie (ISM).

«Nous constatons effectivement le réchauffement de la planète, notamment ces dix dernières années», ajoute la secrétaire du Parlement. La sortie la plus précoce date effectivement du 3 janvier 1991, et les années 90 ont offert des printemps très précoces.

Toutefois, il faut éviter des conclusions hâtives. Prouver que les relevés effectués sur les marronniers corroborent les études scientifiques des climatologues n'est peut être pas raisonnable. Mais elle conforte l'idée que les méthodes d'antan ne sont pas forcément fausses.

De toute façon, la méthode du marronnier est très respectée dans le canton, précise madame Hutter, avec ironie: «la seule fois qu'un sautier a oublié d'annoncer l'éclosion, il a perdu son poste dans l'année. Par manque de chance, il s'agissait de la première femme secrétaire du parlement, en 1997!

La technique du marronnier a quand même ses limites, selon la sautière. Si le climat se réchauffe encore plus, l'éclosion pourrait avoir lieu la semaine de Noël. Ce qui empêcherait madame Hutter de partir en vacances pour les fêtes de fin d'année.

Jean-Louis Thomas

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