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Réchauffement des relations turco-suisses

Peter Briner, chef de la délégation parlementaire suisse en Turquie.

(Keystone)

Les entretiens que des parlementaires suisses ont eus cette semaine à Ankara se sont déroulés sous les meilleurs auspices.

Selon le chef de la délégation, Peter Briner, plus rien ne s’oppose à une visite de la cheffe de la diplomatie helvétique en Turquie.

L’an dernier, la Turquie avait annulé à la dernière minute l’invitation faite à la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, cela suite à la reconnaissance du génocide des Arméniens (1915-1918) par les parlements de deux cantons suisses (Genève et Vaud).

Peu après, les parlementaires suisses de la Commission de politique extérieure (CPE) de la Chambre haute du Parlement suisse avaient également reporté leur visite à Ankara à la fin du mois d'août de cette année.

Peter Briner, chef de la délégation qui vient de terminer son voyage en Turquie, est satisfait. Les diverses rencontres menées par les parlementaires suisses avec des membres du gouvernement et de l’opposition turque montrent qu’il n’existe désormais plus aucun ressentiment vis-à-vis de la Suisse.

Et ce bien que la chambre basse du Parlement fédéral ait, lui également, reconnu le génocide en question en décembre dernier.

swissinfo: Peter Briner, comment s’est déroulée cette visite en Turquie?

Peter Briner: Ce voyage est un succès. Notre objectif prioritaire était de nous familiariser avec la Turquie, et de rencontrer nos collègues du parlement turc, membres de la commission des Affaires étrangères.

Car si nous voulons nous comprendre à l’avenir, nous devons d’abord apprendre à nous connaître. Nos amis turcs nous ont ouvert les portes et accueilli avec une très grande hospitalité.

swissinfo: Vous avez rencontré le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gül. Quels sujets avez-vous évoqués avec lui?

P.B.: Nous avons essentiellement parlé de la coopération entre les deux pays. Celle-ci est déjà conséquente dans les domaines économique, culturel et technologique. Mais nos partenaires turcs ont fait part de leur désir d’intensifier encore nos relations d’affaires.

De notre côté, nous souhaitions soulever plusieurs questions. Notamment celle du traitement discriminatoire réservé aux produits suisses à la douane turque.

Malgré les accords de libres échanges que nous possédons avec l’Union européenne (UE) et la Turquie, il semble que le système de certification des produits ait posé problème. J’ai désormais bon espoir que ce problème puisse être résolu.

swissinfo: Avez-vous soulevé la question des Droits de l’homme?

P.B.: Nous avons effectivement mentionné les Droits de l’homme. Et nous avons également rencontré une petite délégation de l’opposition dirigée par Leyla Zana (activiste kurde des Droits de l’homme).

Cette dernière veut une Turquie stable, vivant dans la paix, la démocratie et la justice. Elle salue donc les intentions de réformes gouvernementales en vue d’une adhésion à l’UE et se dit confiante, même si elle désire ardemment que les choses s’accélèrent.

Nous l’avons encouragée à poursuivre son combat de manière démocratique. Car il n’est possible d’accéder à la démocratie que par des moyens légaux. La violence ne mène à rien.

swissinfo: il y a un an, votre voyage en Turquie a été reporté. Depuis, les relations entre Berne et Ankara se sont apparemment réchauffées. Comment les décrire à l’heure actuelle?

P.B.: La relation entre les deux pays est très ouverte et amicale. Nous avons évoqué les raisons qui avaient entraîné l’ajournement de notre voyage. Nous avons pu expliquer comment les choses se passent en Suisse et, finalement, la discussion s’est terminée à la satisfaction des deux parties.

swissinfo: Pensez-vous que votre visite a ouvert la voie à un possible voyage de Micheline Calmy-Rey en Turquie?

P.B.: Oui, absolument. Le ministre turc des Affaires étrangères - Abdullah Gül – a souligné le fait qu’il n’y avait plus aucun obstacle à la venue de Micheline Calmy-Rey en Turquie et qu’une date appropriée allait être cherchée.

Interview swissinfo, Morven McLean
(Traduction: Mathias Froidevaux)

En bref

- Septembre 2003 – Ankara annule l’invitation de visite faite à la ministre suisse des Affaires étrangères. Le même mois, les parlementaires de la Commission de politique extérieure décident également de reporter une visite prévue en Turquie.

- Décembre 2003 – la Chambre basse du Parlement suisse reconnaît officiellement le génocide des Arméniens de 1915 à 1918.

- Août 2004 – la Commission de politique extérieure effectue son voyage en Turquie au nom d’une amélioration des relations bilatérales entre les deux pays.

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