Racisme: la Suisse sous la loupe du Conseil de l'Europe

Les sentiments de xénophobie et d’intolérance sont présents en Suisse. C’est l’observation faite par une commission du Conseil de l’Europe. Son rapport consacré à la Suisse est plutôt clément mais relève des zones d’ombre.

Ce contenu a été publié le 21 mars 2000 - 15:45

Les sentiments de xénophobie et d’intolérance sont présents en Suisse. C’est l’observation faite par une commission du Conseil de l’Europe. Son rapport consacré à la Suisse est plutôt clément mais relève des zones d’ombre.

La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance passe en revue régulièrement les 41 pays membres du Conseil de l’Europe. A bien des égards la Suisse figure parmi les bons élèves. Les experts saluent plusieurs mesures prises pour lutter contre les dérives xénophobes.

Il y a l’article 261 bis du Code pénal qui réprime la discrimination raciale. Il y a aussi l’action de la Commission fédérale contre le racisme. Le rapport note que quelques cantons et communes sont allés plus loin en mettant en place leurs propres organes antiracisme.

Toutefois l’ouverture de la Suisse à l’égard des étrangers n’est pas au-dessus de tout soupçon. La commission européenne contre le racisme relève la poussée d’antisémitisme suscitée par l’affaire des fonds en déshérence. Elle s’est manifestée notamment dans le courrier des lecteurs des journaux.

Les experts du Conseil de l’Europe observent que la Suisse reçoit un nombre relativement élevé de demandeurs d’asile. Mais ceux-ci ne devraient pas être traités comme des criminels, même si leur séjour est illégal.

La procédure de naturalisation est également critiquée. Les auteurs du rapport la trouvent longue et très restrictive. Le vote du parlement cantonal ou communal, voire de la population, ouvre la voie à des pratiques discriminatoires.

Certains politiciens, lit-on dans le rapport, exploitent les peurs injustifiées de la population contre les étrangers. Une accusation qui rappelle un autre rapport du Conseil de l’Europe, consacré à l’extrême droite. L’UDC y était accusée d’encourager directement ou indirectement la xénophobie.

Thierry Zweifel, Bruxelles

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