Navigation

Amnesty International s’en prend une nouvelle fois aux initiatives de l’UDC

Les initiatives de l'UDC cherchent à miner les institutions et les mécanismes internationaux de protection des droits, dénonce Amnesty International dans son rapport annuel. Keystone

Les institutions qui protègent les droits fondamentaux sont en danger, s'alarme Amnesty International (AI) dans son rapport annuel publié mercredi. «La Suisse n'échappe pas à la tendance» avec notamment l'initiative de la droite conservatrice (UDC) prônant la primauté du droit suisse sur le droit international.

Ce contenu a été publié le 24 février 2016 - 10:30
swissinfo.ch et les agences

Dans le chapitre consacré à la SuisseLien externe, AI pointe du doigt un «climat hostile aux droits humains» et «aux institutions internationales». Pour Manon Schick, directrice de la section suisse d'AI, des initiatives telles que celle intitulée 'le droit suisse au lieu de juges étrangers' ou celle dite de 'mise en œuvre' (de l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers), soumise à votation dimanche, cherchent «à miner les institutions et les mécanismes internationaux de protection des droits» fondamentaux. «Elles remettent en question des acquis (...) érigés pendant plus de septante ans», estime l'ONG.

«Avec ce type de rhétorique, l'UDC cherche à présenter les droits humains comme quelque chose qui n'est pas d'utilité pour chacun, mais qui peut être utilisé 'contre nous'», a précisé la porte-parole d'AI suisse, Nadia Boehlen. Elle prend l'exemple du terme «juges étrangers» pour qualifier la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg, une juridiction vilipendée par l'UDC. De telles critiques avaient déjà été formulées dans le précédent rapport annuel d'AI. 

Gare à Big Brother

Autre source d'inquiétude pour Amnesty: la nouvelle loi suisse sur le renseignement, qui «rogne le droit à la sphère privée». Elle donne de «vastes pouvoirs au service de renseignements de la Confédération, l'autorisant à intercepter les données arrivant en Suisse ou sortant du pays par Internet, à accéder aux métadonnées, aux historiques de navigation et au contenu des messages électroniques, et à utiliser des logiciels espions mis au point par le gouvernement».

AI fustige également en Suisse «l’utilisation à mauvais escient d'entraves» policières lors d'opérations de renvoi de migrants en situation irrégulière ainsi que «l’absence d’uniformité dans les pratiques des polices des différents cantons».

Droit international bafoué

A l’échelle globale, «de nombreux gouvernements ont violé effrontément le droit international dans leur pays en 2015», résume le rapport. Plus de 98 Etats ont pratiqué la torture ou d'autres mauvais traitements et 30 au moins ont forcé illégalement des réfugiés à retourner dans un pays où ils étaient en danger. Dans 18 pays au moins, des crimes de guerre et d'autres violations des 'lois de la guerre' ont été commis par le gouvernement ou par des groupes armés, a dénombré AI.

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Joignez-vous à la discussion

Avec un compte SWI, vous avez la possibilité de faire des commentaires sur notre site web et l'application SWI plus.

Connectez-vous ou inscrivez-vous ici.