Rapport sur le blanchiment d'argent: la controverse continue

Les députés Français Arnaud Montebourg et Vincent Peillon présentaient, mercredi, un rapport sur le blanchiment d'argent en Suisse. swissinfo.ch

Le monde de l'économie relativise la portée du document français qui fustige le laxisme de la Suisse en matière de blanchiment d'argent. L'ancien responsable de la lutte contre le blanchiment, lui, critique le manque de moyens accordés à ce domaine.

Ce contenu a été publié le 25 février 2001 - 22:51

Selon l'ancien chef de la Centrale d'annonce pour le blanchiment d'argent de la Confédération, Daniel Thelesklaf, le manque de ressources mises en oeuvre par l'Etat pour lutter contre le blanchiment est une critique justifiée.

Dans une interview accordée au journal alémanique dominical «SonntagsBlick», Daniel Thelesklaf, regrette aussi la dispersion des forces. Les 117 autorités qui s'occupent du blanchiment sont beaucoup trop nombreuses, estime l'ancien policier.

Et puis, il y a la bataille des chiffres. «Les deux parties ont avancé des chiffres erronés», affirme Daniel Thelesklaf. «On a dit que 70 % des annonces avaient des conséquences sur le plan pénal. C'est faux. 70 % ont été transmis aux autorités judiciaires. Je ne connais aucun cas ayant eu des conséquences concrètes.»

Et l'ancien fonctionnaire de l'Office fédéral de la police de rajouter, «les 370 cas suspects annoncés l'an dernier devraient être beaucoup plus nombreux si nous ne voulons pas perdre toute crédibilité».

De son côté, le ministre suisse de l'économie a relativisé la portée du rapport français. Samedi, sur les ondes de la Radio suisse romande (RSR), Pascal
Couchepin a décrété que le rapport n'était le fait que d'un «député de seconde zone en France».

Enfin, les banquiers suisses ont répliqué aux critiques. Dans un entretien publié dans la «Basler Zeitung», samedi, le président par intérim de l'Association suisse des banquiers, Victor Füglister, a notamment affirmé que «la loi sur le blanchiment d'argent fonctionne bien».

Le fait que toujours plus d'argent, de provenance criminelle, soit découvert en Suisse prouve que le devoir de dénoncer lorsqu'il y a soupçon et la recherche du véritable propriétaire des comptes fonctionnent. Ainsi, des comptes de dictateurs ont pu être bloqués et l'argent restitué aux ayants droit, a déclaré M. Füglister.

Le rapport des parlementaires français est «superficiel», a rajouté M. Füglister. «Il montre que les auteurs connaissent mal la Suisse et son paysage juridique».

Selon le président par intérim de l'Association suisse des banquiers, avec la loi sur le blanchiment, en vigueur depuis trois ans, la Suisse est même allée beaucoup plus loin que l'Union européenne dans sa lutte contre l'argent sale.

Mercredi, une commission parlementaire française a publié un rapport accusant la Suisse de mener un «combat de façade» contre le blanchiment de capitaux. Selon ce document, l'application de la loi sur le blanchiment de 1997 serait «insuffisante».

swissinfo avec les agences.

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