Recherche sponsor principal, désespérément

L'économie va mal et la culture trinque comme, ici, les Journées de Soleure. Festival Soleure

Deux des principaux festivals suisses consacrés au cinéma perdent leur principal sponsor dès 2004. UBS opte pour des événements «plus rentables».

Ce contenu a été publié le 22 août 2003 - 20:10

Les Journées cinématographiques de Soleure et Visions du Réel auront toutefois bien lieu l’an prochain.

Sus au sponsor principal! Tel est le mot d’ordre, à Nyon comme à Soleure. Et là comme ici, on envisage déjà des réductions de budget en vue de l’édition 2004. Car le rabattage s’avère infructueux jusqu’ici.

Pendant une dizaine d’années, la première banque du pays a soutenu activement ces deux festivals.

UBS leur garantissait 150’000 francs chacun, soit entre 10 et 12% de leur budget. De l’argent cash surtout, qui leur permettait de payer factures et salaires.

Mais à mi-2002, la banque les a avertis que sa contribution allait s’interrompre. Et cela en 2004, laissant ainsi aux deux festivals le temps de se retourner.

«Le siège régional d’UBS était opposé à ce choix, note Ivo Kummer, patron des Journées de Soleure. Mais la décision est venue d’en haut.»

Purement commercial

Du côté de la grande banque, l’explication de ce retrait est limpide. Jusqu’ici, UBS soutenait une large partie du cinéma en Suisse. Après analyse, restructuration de sa politique de sponsoring et autre baisse de budget, elle a estimé qu’optimum n’était pas maximum.

En clair, UBS constate qu’un soutien à 25 Open Air de petite taille et au très important Festival de Locarno suffisent à asseoir sa position dans le domaine du cinéma.

Cela d’autant que le retour sur investissement pour des événements de taille intermédiaire comme Visions du Réel et les Journées de Soleure lui semble insuffisant.

Car la banque ne cache pas son objectif. «Le sponsoring d’UBS est purement commercial, indique Bjorn Waespe, responsable de ce secteur pour la Suisse. Il sert à donner à notre marque la possibilité de s’exposer et de s’enrichir, ainsi qu’à permettre à nos conseillers et nos clients de se rencontrer.»

Ceci dit, le représentant d’UBS relève l’importance des deux festivals. A ses yeux, «c’est maintenant à d’autres sponsors de prendre le relais». Un vœu pieux jusqu’ici.

A la récession économique - et les budgets sponsoring qui maigrissent - s’ajoute en effet une tendance de fond que le patron de Visions du Réel résume bien.

«Le sponsoring des années 1990, à coloration de mécénat parfois, c’est fini, constate Jean Perret. Aujourd’hui, les sponsors ont une stratégie de communication dure, claire et ferme. Ils veulent des retours sur investissement mesurables».

Constitution d’un lobby

Cette approche est possible en tablant sur des manifestations prestigieuses, qui offrent une forte visibilité dans les médias ou qui concentrent un grand nombre d’amateurs.

80% du budget communication de Swisscom est consacré à l’équipe de Suisse de ski et au championnat de Suisse de football, constate par exemple Jean Perret.

Ce n’est donc pas un hasard si de «petits» événements comme Visions du Réel ou les Journées de Soleure peinent à régater.

Reste que si Jean Perret se dit «alerté», à Soleure comme à Nyon, l’espoir subsiste de trouver les contributeurs principaux des prochaines éditions.

Et la résistance s’organise. Sur l’initiative de Visions du Réel, cinq festivals annoncent un groupe d’échange et de réflexion. Ce lobby des festivals est annoncé pour le mois prochain.

swissinfo, Pierre-François Besson

En bref

- Le lobby des festivals de cinéma regroupera Visons du Réel, les Journées cinématographiques de Soleure, le Festival international du film de Fribourg, le Cinéma Tout Ecran à Genève et le Viper à Bâle.

- Pour leur édition 2004, les Journées de Soleure envisagent trois budgets alternatifs. Le pire scénario prévoit la fermeture d’une salle, une diminution des invitations pour les hôtes étrangers et une baisse des salaires.

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