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Remontées mécaniques: le mariage ou la mort!

De nombreuses sociétés de remontées mécaniques devraient disparaître. (Photo: Remontées mécaniques suisses)

Réalité depuis dix ans, le mouvement de regroupement des remontées mécaniques suisses va encore se développer ces prochaines années. Question de survie, estiment les spécialistes.

Un rapport commandé par le gouvernement valaisan vient une nouvelle fois appuyer cette thèse.

Fusionner, réunir: voici donc le mot d’ordre répercuté dans les montagnes helvétiques.

La survie financière des sociétés de remontées, les centaines de millions de francs qui devront être dépensés pour renouveler les installations ces prochaines années, la concurrence des voisins autrichiens et français, tout concoure à ce mouvement.

Et à ce jeu, le système de prise de décision centralisé des deux grands voisins alpins de la Suisse a octroyé à ceux-ci une longueur d’avance en matière d’investissements massifs.

Fortement décentralisée, la Suisse, elle, abrite encore un nombre presque infini de stations. Grandes et à vocation commerciale internationale, mais aussi petites. Souvent trop petites.

Soutien conditionné

Pourtant les choses changent. Dans leur soutien au tourisme – secteur clé en Suisse – Confédération et cantons recourent dorénavant aux aides financières conditionnées. Et cette condition a pour nom rapprochements et fusions.

«En plus de l’événementiel et la recherche de la qualité, c’est la seule solution viable pour l’avenir des remontées, assure Francis Scherly. Elle offre la pugnacité et l’outil de la contrainte dans la prise de décision».

Le professeur en gestion touristique appliquée à HEC Lausanne ne fait toutefois pas une obsession de la fusion.

«Il peut aussi s’agir de rapprochements, estime Francis Scherly. L’essentiel est d’obtenir un pilotage unique, qui évite les concurrences internes».

Un tiers de moins

Reste que de nombreuses sociétés de remontées mécaniques seront amenées à disparaître ou à convoler en justes noces.

Directeur de Téléverbier SA, Louis Moix estimait récemment que leur nombre allait diminuer du tiers d’ici à une quinzaine d’années.

En Valais – second canton pour les rentrées générées par le ski -, la moitié des 51 entreprises de remontées auront disparu dans dix ans. Elles auront fusionné ou purement et simplement cessé leur activité.

C’est du moins la prédiction du rapport mandaté par le gouvernement valaisan, présenté cette semaine.

130 millions d’investissement

Cette étude fait apparaître que seules 37% des entreprises de remontées mécaniques valaisannes (représentant 70% du chiffre d’affaires global) sont financièrement saines.

La plupart des autres sont trop petites. Elles n’atteignent pas le seuil de rentabilité suffisant leur permettant d’assumer les 130 millions de francs d’investissements annuels que le rapport préconise pour asseoir leur capacité concurrentielle.

En clair, elles n’auront pas les moyens, seules, de renouveler leurs infrastructures (huit sur dix vieilles de plus de quinze ans) et de financer l’enneigement artificiel. Se marier ou mourir…

L’aide des pouvoirs publics

Le rapport valaisan ne s’arrête pas là. Il suggère un appui des pouvoirs publics (prêts sans intérêts) à hauteur de 15% de l’investissement annuel des survivantes.

Le canton est aussi appelé à initier des mesures fiscales pour régler le problème des lits froids, ces lits de chalets ou d’appartements occupés par leurs propriétaires quelques jours par années seulement.

Un million de francs, c’est également ce que devrait octroyer le canton à fond perdu. Pour l’auteur du rapport, il faut en effet promouvoir les fusions et améliorer les compétences en management des dirigeants de sociétés.

Car une partie des entreprises de remontées mécaniques valaisannes sont mal gérées, constate Klaus Zurschmitten. Qui soutient évidemment la philosophie de l’aide conditionnée.

L’auteur fixe d’ailleurs les règles du jeu. Pour être soutenues, les sociétés devront afficher «des indicateurs financiers suffisants, une garantie de financement pour l’ensemble du projet, l’existence d’un business plan, un potentiel suffisant d’enneigement et d’altitude, et que toutes les possibilités de fusion et de coopération ont été exploitées».

Professionnalisme et compétence, autres vocables qui gagnent nos cimes…

swissinfo, Pierre-François Besson

En bref

- On compte en Suisse environ 600 compagnies de remontées mécaniques. Elles emploient quelque 11'000 personnes. Et seulement un tiers serait rentable. Le chiffre d’affaires de la branche atteignait 984 millions de francs en 2002.

- Les recettes que tire le Valais de ses remontées mécaniques se montaient la même année à 293 millions. Ce qui place le canton en deuxième position derrière les Grisons (315 millions). En Valais, la branche génère 1500 postes de travail à temps plein.

- La Confédération joue le rôle d’aiguillon dans le rapprochement des entreprises de remontées mécaniques. L’an dernier, le seco (Secrétariat d’Etat à l’économie) a suspendu les crédits LIM (loi sur l’aide aux régions de montagne) pour inciter les cantons à trouver des solutions rentables.

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