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Renaissance pour les zones industrielles en friche

La Suisse compte au moins 380 zones industrielles en friche.

(Keystone)

De nombreuses zones industrielles désaffectées n'ont pas bénéficié de mesures de réhabilitation. Elles représentent une surface équivalente à celle de la ville de Genève.

La reconversion de ces restes de l’industrialisation pourrait permettre de sauvegarder les zones vertes et de générer d’importants profits.

Restructurations, délocalisations, globalisation: au cours des dernières années, pour bon nombre d’entreprises suisses, ces termes se sont traduits par une fermeture pure et simple.

Entre 1991 et 2001, plus de 250’000 emplois ont ainsi été supprimés dans le secteur secondaire, soit 20% de la main-d’œuvre. Mais si ces emplois sont partis en fumée ou à l’étranger, les établissements industriels sont en revanche restés sur place, disséminés un peu partout sur le territoire suisse.

Les fabriques de Brown-Boveri à Baden, les industries textiles de Saint-Gall, les aciéries de Monteforno à Bodio ou la chocolaterie Suchard à Neuchâtel sont autant de reliques d’une ère industrielle désormais révolue.

Une Suisse en retard

Pendant des années, ces établissements ont été pratiquement oubliés, comme si on n’avait pas voulu prendre acte qu’une page de l’histoire économique suisse était désormais tournée.

Puis, en 2002, l’attention des milieux économiques et politiques a été définitivement réveillée par un postulat de la parlementaire socialiste Susanne Leutenegger Oberholzer.

«Chaque année, des milliers d’hectares de zones vertes sont sacrifiés pour construire de nouvelles zones d’habitations, industrielles ou de commerce, déclare la députée bâloise. C’est un gaspillage irresponsable, du moment que l’on pourrait utiliser d’abord des zones industrielles en friche.»

Son postulat, accepté par le Parlement, demande au gouvernement de faire un inventaire des zones industrielles désaffectées, d’accélérer leur réhabilitation et de définir les mesures à prendre en vue d’une utilisation appropriée.

«Dans ce domaine, la Suisse est en retard par rapport aux autres pays européens, où il existe déjà depuis longtemps de grands programmes de revalorisation des ruines industrielles», ajoute Susanne Leutenegger Oberholzer.

Dans des pays comme l’Allemagne, la France ou le Royaume-Uni, la fermeture de sites industriels ou miniers a poussé les autorités, il y a déjà plusieurs années, à intervenir pour remettre en ordre des zones entières laissées à l’abandon.

En Suisse, le processus d’abandon des zones industrielles a certes été moins dramatique que dans d’autres pays. Il n’en reste pas moins que la progressive diminution des zones vertes à disposition est préoccupante.

Le Plateau, où vit plus de 70% de la population, tend à devenir une unique agglomération. Et dans l’ensemble du pays, un mètre carré de zone verte disparaît chaque seconde.

«Cette évolution est le résultat d’une vision à court terme: le sol n’est pas une ressource renouvelable. Il faut l’économiser le plus possible, non seulement pour protéger la nature, mais aussi pour la qualité de vie», souligne Philippe Roch, directeur de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage. (OFEFP).

Grandes réserves de terrain

Or, en recyclant les zones industrielles en friche, on pourrait épargner au moins 17 millions de mètres carrés de terrain en Suisse, ainsi que le relève une étude réalisée par OFEFP et l’Office fédéral du développement territorial (ARE) suite au postulat Leutenegger.

Une telle surface serait suffisante pour construire 13'000 entreprises de taille moyenne où pourraient travailler 140'000 personnes. Ou alors pour construire des logements pouvant héberger 190'000 personnes. Il s’agit d’une surface équivalente à la ville de Genève, périphérie inclue.

Toujours selon cette étude, qui vient d’être rendue publique, la Suisse compte au moins 380 zones industrielles en friche avec une superficie supérieure à un hectare de terrain.

«Il ne s’agit pas seulement d’industries privées, mais aussi de vieux établissements publics appartenant à l’armée, à La Poste ou encore aux Chemins de fer fédéraux», précise Pierre-Alain Rumley, directeur de l’ARE.

Un patrimoine inutilisé

«Sur la base de nos estimations, les zones industrielles improductives pourraient générer un rendement de 1,5 milliards de francs par an et des recettes fiscales de l’ordre de 150 à 250 millions», affirme Philippe Roch.

Il est donc aisé de comprendre pourquoi les milieux économiques et politiques semblent finalement intéressés à fixer les conditions-cadre destinées à donner une impulsion à une réhabilitation à grande échelle.

Certains projets réalisés ces dernières années dans quelques villes ont permis de récupérer et de réhabiliter des quartiers industriels entiers. Commerces, restaurants et bureaux ont par exemple fait revivre le quartier du Flon à Lausanne.

A Zurich, on a assisté à la renaissance de la zone Escher-Wyss qui abrite aujourd’hui notamment un théâtre, un cinéma, un hôtel, un fitness et un centre de production télévisée.

Problème des déchets

Un des principaux problèmes qui se posent aux investisseurs est celui du nettoyage des résidus industriels. Les frais pour l’assainissement d’un terrain pollué tournent en moyenne autour des 100 francs suisses le mètre carré.

De tels coûts ne sont pas négligeables. Mais cela en vaut la peine, surtout lorsque l’on prend en compte la zone privilégiée dans laquelle se situent bon nombre de zones industrielles.

Autrefois, ces zones industrielles étaient construites près des zones d’habitation. Or, avec l’énorme développement urbain de ces dernières décennies, elles se retrouvent aujourd’hui pratiquement au centre des agglomérations.

Alors que les fabriques ont perdu de leur valeur, le terrain est redevenu une richesse. A Zurich, par exemple, un mètre carré coûte facilement 2000 ou 3000 francs, également dans les vieux quartiers industriels.

swissinfo: Armando Mombelli
(traduction: Olivier Pauchard)

Faits

Les friches industrielles s’étendent sur 17 millions de m².
Ce chiffre correspond à l’agglomération genevoise.
80% de ces friches se trouvent dans les zones urbaines du Plateau.
Plus de 50% d’entre elles sont accessibles en moins de 30 minutes en voiture à 500'000 personnes.
On pourrait y loger 190'000 habitants.

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