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Bettina Heldner, laborantine de métier, femme de chambre par nécessité. swissinfo.ch

De la Pampa aux Alpes valaisannes... Itinéraire de Bettina Heldner, jeune Suissesse d'Argentine de la troisième génération.

Ce contenu a été publié le 02 décembre 2002 - 14:26

Aujourd'hui, cette laborantine en chimie de 27 ans travaille comme femme de chambre dans un hôtel, à Naters.

Partir, émigrer. L'angoisse du vide. Et dans le cœur, le souvenir des parents, des amis, des instants partagés. Un bout de vie passé entre le village natal de Las Tunas et la capitale de la province: Santa Fe. Toute une vie.

Sur les pas du grand-père

«J'ai l'impression d'éprouver les mêmes sentiments, de vivre les mêmes situations que mon grand-papa, même si, pour moi, c'est un retour à la patrie», confie Bettina Heldner à swissinfo.

Il y a longtemps, son grand-père paternel faisait le chemin inverse. A l'âge de 2 ans, il quittait le village valaisan de Zeneggen avec sa tante pour émigrer à San Jeronimo Norte, en Argentine.

Aujourd'hui, Bettina est partagée entre deux sentiments et deux pays. «L'Argentine est ma famille. La Suisse, l'espoir d'un avenir meilleur.»

Fuir la crise économique

Ces mots prennent tout leur sens dans la bouche de cette jeune Suissesse de l'étranger, laborantine en chimie de métier et désormais femme de chambre, par nécessité.

Un travail qui reflète la détermination de ceux qui, comme Bettina, ont quitté l'Argentine, plongée dans la crise économique, pour trouver un emploi dans leur pays d'origine, en l'occurrence la Suisse.

Zeneggen, aller-retour

Zeneggen... Un village valaisan typique. Bettina Heldner peut maintenant admirer son lieu d'origine tous les jours de beau temps, si elle le veut. La terrasse de l'hôtel où elle travaille domine la vallée de Visp et la vallée du Rhône.

Peu de kilomètres la séparent du village que son grand-père n'a jamais revu. Et plusieurs familles, qui portent le même nom qu'elle, vivent encore là. Des parents éloignés.

Un geste de solidarité

Son retour à la patrie, Bettina le doit au travail acharné et passionné de deux femmes. Marie-Thérèse Heldner et Suzanne Imhof. Une consul générale et une hôtelière valaisanne.

Suzanne Imhof, fondatrice en 1961 de l'hôtel Touring de Naters, se souvient: «Quand j'ai vu Marie-Thérèse à la télévision, j'ai tout de suite pensé à la contacter».

L'émission en question, c'était «10 vor 10» de la Télévision suisse alémanique SF DRS, le 27 juin dernier. Elle traitait des difficultés de nos compatriotes en Argentine.

Parmi les personnes interrogées: la consul générale de Suisse Marie-Thérèse Heldner. L'amie d'enfance que Suzanne Imhof avait perdue de vue.

Quelques échanges par téléphone, deux ou trois détails par e-mail. Et surtout beaucoup de bonne volonté. Tout cela a permis à Bettina de (re)venir en Suisse avec la garantie de trouver un premier emploi pour 18 mois.

Un avenir moins incertain

Aujourd'hui, Bettina porte un tablier de femme de chambre. Elle rayonne. «Pour moi, c'est une merveilleuse opportunité. Je peux apprendre l'allemand et acquérir de l'expérience professionnelle dans le milieu hôtelier.»

Un départ, tout en bas de l'échelle, dont certains pourraient avoir honte. Pas Bettina. «J'ai toujours aimé faire le ménage dans la maison de mes parents. Ce travail ne me dérange pas.»

Et qui sait. Peut-être que bientôt elle va monter les échelons. Pour l'instant, elle a un emploi. C'est déjà ça.

swissinfo/Sergio Regazzoni

Faits

14 781 Suisses d'Argentine sont enregistrés dans les consulats.
On estime entre 100 000 et 2 millions le nombre de descendants des émigrés suisses en Argentine.
L'Argentine compte 37 millions d'habitants.

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En bref

Face à la crise économique argentine, la jeune génération suisse cherche un emploi dans son pays d'origine. Un pays inconnu pour la plupart.
C'est l'histoire de Bettina Heldner. Laborantine en chimie, elle travaille aujourd'hui comme femme de ménage dans un hôtel de Naters, en Valais.

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