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Retraite anticipée pour tous: les citoyens face à une bataille de chiffres

L'élevation de l'âge de la retraite des femmes a été à l'origine des deux initiatives.

(Keystone)

Les Suisses diront le 26 novembre s’ils veulent d’une retraite à la carte dès 62 ans, ainsi que le proposent deux initiatives. Pour les convaincre, gauche et droite avancent des analyses financières pour le moins contrastées.

La première initiative est issue de la Société suisse des employés de commerce, de la Fédération des sociétés suisses d’employés et de l’Union syndicale suisse. Intitulée «pour un assouplissement de l’AVS – contre le relèvement de l’âge de la retraite des femmes», elle demande que le droit à la retraite anticipée soit reconnu dès l’âge de 62 ans révolus tant pour les hommes que pour les femmes.

N’importe qui pourrait toucher sa rente AVS, sans que le montant des versements ne soit diminué, comme c’est le cas normalement pour les retraites anticipées. Cette rente pourrait être perçue en cas de cessation de l’activité lucrative ou lorsque le revenu perçu grâce à cette activité est inférieur à une fois et demie la rente AVS minimale.

La seconde initiative, «pour une retraite à la carte dès 62 ans, tant pour les femmes que pour les hommes», a été lancée par le Parti écologiste suisse. Elle vise les mêmes buts que la première initiative. Mais il y a une nuance: il serait possible de toucher une partie seulement de la rente AVS en cas de continuation d’une activité lucrative à temps partiel.

Les deux initiatives sont soutenues par les milieux de gauche. Ils estiment que certaines catégories de la population, usées par leur travail, doivent pouvoir cesser leur activité avant l’âge légal. De plus, les initiatives auraient l’avantage de permettre aux plus modestes de prendre une retraite anticipée.

Le Conseil fédéral et la droite en général ne sont pas opposés à la retraite anticipée. Mais ils entendent régler ce dossier dans le cadre de la 11ème révision de l’AVS. De plus, ils estiment que généraliser la retraite anticipée pour tous ne serait financièrement pas supportable.

Et l’argent, c’est bien là le centre du débat. Pour la droite, les deux initiatives causeront des surcoûts de 1,6 milliard de franc par an. De plus, d’ici à 2010, le défit de l’AVS «normale» atteindra 4 milliards.

Pour la gauche, les deux initiatives permettront d’économiser 900 millions dans les autres assurances sociales. En effet, ne pouvant pas prendre une retraite anticipée, de nombreux travailleurs usés par des années de labeur échouent dans d’autres assurances, comme l’assurance chômage. Par ailleurs, la gauche affirme que l’AVS enregistrera en 2010 un excédent de 3,8 milliards.

Gauche et droite présentent des analyses pour le moins contrastées. Mais les différences s’expliquent. La droite base ses craintes sur le vieillissement de la population, qui fait qu’il y aura de moins en moins de jeunes pour payer la retraite des aînés. La gauche mise en revanche sur la reprise économique qui se traduit par une augmentation sensible des cotisations aux assurances sociales.

Reste à voir quels arguments toucheront les citoyens. L’expérience montre que, jusqu’à présent, ils se sont montrés très inquiets face au financement de l’AVS. Ainsi, ils ont déjà approuvé la 10ème révision de l’AVS, qui prévoyait pourtant la hausse de l’âge de la retraite pour les femmes, et refusé une initiative opposée à cette hausse.

Olivier Pauchard


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